Magazine Cinéma

[Critique] FASTER, PUSSYCAT ! KILL ! KILL !

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] FASTER, PUSSYCAT ! KILL ! KILL !

Partager la publication "[Critique] FASTER, PUSSYCAT ! KILL ! KILL !"

Titre original : Faster Pussycat ! Kill ! Kill !

Note:

★
★
★
★
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Russ Meyer
Distribution : Tura Satana, Haji, Lori Williams, Sue Bernard, Ray Barlow, Dennis Busch, Stuart Lancaster, Paul Trinka, Michael Finn…
Genre : Action
Date de sortie : 24 avril 1985

Le Pitch :
Trois danseuses amatrices de bolides et de vitesse prennent une jeune femme en otage après avoir tué son conjoint. Elles se cachent dans un ranch occupé par un vieil infirme et ses deux fils. Lorsqu’elles apprennent que le vieil homme possède une bonne somme d’argent, elles entreprennent de séduire ses deux enfants. Mais leurs hôtes ne sont pas tout à fait des anges…

La Critique de Faster, Pussycat ! Kill ! Kill ! :

Sorti la même année que Le Désir dans les Tripes (en anglais Mudhoney qui donnera son nom au groupe de grunge) et Les Enragés de la Moto (Motorpsycho ! dans la version originale), Faster Pussycat ! Kill ! Kill ! marque la fin d’une étape dans la carrière du réalisateur Russ Meyer, avant une série de comédies paillardes et sans limites comme Supervixens. Snobé comme bon nombre d’œuvres catégorisées dans le cinéma bis, ce film, devenu culte depuis, aura attendu vingt ans avant une sortie en France. Pourtant, pour bien des points, il ne méritait pas un tel traitement.

Faster-Pussycat-Kill-Kill2

Girl Power

Motorpsycho ! dépeignait les aventures de trois motards qui attaquaient à chaque fois qu’ils le pouvaient, et totalement gratuitement, des couples et surtout des femmes, tout en écoutant du rock à fond. Cette fois-ci, la violence change de camp. Au centre de Faster, Pussycat ! Kill ! Kill ! Trois femmes éprises de vitesse et de liberté, n’hésitant pas à ridiculiser au volant un macho crétin amoureux de sa voiture, à se battre, voire à tuer à mains nues. À l’époque, sans le savoir, Russ Meyer était un précurseur pour ce qui est de mettre en avant des héroïnes (certes, des héroïnes plutôt méchantes) badass qui inversaient le prétendu rapport de force véhiculé habituellement dans le cinéma.
Ce n’est pas le premier adjectif auquel on pense quand on parle du cinéaste, connu pour aimer filmer des femmes plantureuses à très forte poitrine, mais le mot « féministe » convient totalement. Dans son œuvre, Meyer a eu à cœur de faire un cinéma subversif, jouant régulièrement avec les limites d’une censure très stricte à cette époque (il a été l’un des plus virulents adversaires du Code Hays jusqu’à son abrogation) et dénonçant un discours sexiste et réactionnaire en vigueur. Les hommes sont (à une exception près) représentés tour à tour comme un macho qui roule des mécaniques, un bodybuildeur qui n’a rien dans la tête et peut s’avérer dangereux et un vieillard haineux et misogyne (l’occasion de dénoncer les discours patriarcaux en vigueur à une époque où les luttes pour les droits des femmes étaient encore à leurs débuts). Les héroïnes, elles, sont des femmes fortes, indépendantes, et déterminées pour faire avancer leur condition. Le casting féminin est impeccable, que ce soit la forte en gueule Lori Williams ou les charismatiques Haji (Barbarella Catton de son vrai nom, actrice récurrente pour Meyer, vue dans Motorpsycho et Supervixens) et Tura Satana (de son état civil Tura Yamaguchi, vue dans Irma la Douce de Billy Wilder).

Bien plus qu’une série B

La distribution est magnifiée par une réalisation particulièrement soignée pour une série B, avec le travail impeccable de Walter Schenk à la photographie. Les précédentes livraisons du réalisateur étaient particulièrement stylisées avec le choix du noir et blanc, des mouvements de caméra audacieux et une belle photographie, mais ici, il est à son zénith. Certaines séquences sont iconiques, notamment la première partie, en plein désert, où tout se met en place avant le déchaînement de violence et où les tenues noires des actrices tranchent avec la clarté de l’environnement. Cette stylisation a fait de Faster Pussycat ! Kill ! Kill ! bien plus qu’un classique de la série B, mais une œuvre de référence.
John Waters le qualifie de « plus beau film jamais réalisé », Tarantino lui a rendu hommage avec Boulevard de la Mort (des personnages comme la Mariée de Kill Bill ont également été influencés). Les cultures rock (le groupe The Cramps a nommé une de ses chansons d’après le film, d’autres formations ont été baptisés du nom du film ou de son actrice principale), et l’imagerie du renouveau pin-up (ainsi que le cabaret burlesque) ont été également influencés, tout comme la publicité (celle pour la Peugeot 205 junior de 1990, parodiée par la suite par Les Nuls, reprenait des éléments d’une scène du film).

En Bref…
Soigné sur la forme, autant pour la technique que l’interprétation de ses actrices, subversif et précurseur sur le fond, Faster Pussycat ! Kill ! Kill ! est bien plus qu’une énième série B de plus. On est là en face d’un film avant-gardiste, de ceux qui ont fait bouger les lignes, qui ont contribué à l’émergence de rôles féminins bien mieux valorisés dans le cinéma d’action, mais aussi d’un objet d’art qui a marqué de son empreinte tout un pan de la contre-culture.

@ Nicolas Cambon

Faster-Pussycat-Kill-Kill
  Crédits photos : Films Sans Frontières


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Onrembobine 53826 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines