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Le Roi Arthur (2004)

Par Mrvladdy @mrvladdycrane
Le Roi Arthur (2004)Le Roi Arthur (King Arthur). 2 heures 15. États-Unis - Grande Bretagne. Drame - Action. Sortie en France le 4 août 2004 (le 7 juillet 2004 aux États-Unis). Réalisé par Antoine Fuqua avec Clive Owen, Ioan Gruffudd, Keira Knightley, Stellan Skarsgård, Ray Winstone, Til Schweiger, Mads Mikkelsen, Joel Edgerton, Hugh Dancy, Ray Stevenson, Stephen Dillane, Ken Stott, Ivano Marescotti, Sean Gilder, Lorenzo De Angelis, Pat Kinevane, Charlie Creed-Miles...

Après des années de campagne militaires, Arthur et ses chevaliers n'aspirent qu'à quitter l'île de la Bretagne et retourner à Rome pour y mener une vie paisible. Mais avant cela, une dernière mission les attend : libérer la Bretagne de l'invasion des Saxons. Seulement pour résister, le peuple breton a besoin d'un chef.
Guidé par Merlin, aidé par Guenièvre et les Chevaliers de la Table Ronde, Arthur devra trouver en lui la force de changer son destin... mais aussi celui d'un pays.

Avis écrit le 2 avril 2017.

" - C'est ma foi qui me protège Lancelot. Pourquoi refuser cela ?
- Je n'aime rien de ce qui met un homme à genoux. "

Depuis sa sortie au cinéma, je n'avais pas revu " Le Roi Arthur " (du moins, de mémoire). Il faut dire que déjà à l'époque, je l'avais tenté deux fois en salles et deux fois, je m'étais endormi devant. C'est seulement lors de ma troisième tentative que j'ai réussi à le voir en intégralité et j'en gardais le souvenir d'un film divertissant mais vite oubliable. A l'approche d'une nouvelle relecture du mythe en salles, j'ai eu envie de me refaire cette vision d'Antoine Fuqua et c'est dans de bonnes conditions que je me suis mis à lui laisser une nouvelle chance.

Malheureusement, il n'y a pas eu de grands miracles. Le seul grand changement, c'est que j'ai eu l'occasion de voir la director's cut qui est bien foutu mais dans l'ensemble, ce scénario écrit par David Franzoni ne me convainc pas totalement. Je ne vais pas revenir sur les réalités historiques ou non, je ne m'estime pas assez calé sur le sujet mais le film demeure néanmoins beaucoup trop bavard.

On a sans cesse l'impression de voir un film d'action qui porte bien la signature de son producteur Jerry Bruckheimer mais qui a du mal à s'assumer. Ce dernier nous a déjà offert des spectacles plus grandioses dans ses effets. Là, le scénario multiplie les petites maladresses et nous perd en cours de route.

La théâtralisation dans le texte ne m'a pas beaucoup aidé non plus surtout qu'elle accentue une légère surenchère du côté de l'interprétation. Maintenant, je vais être honnête, j'étais bien réveillé et j'ai quand même trouvé cela un peu divertissant. Je ne me suis pas complétement ennuyé mais il y a quand même des moments où j'ai un peu décroché surtout qu'on a l'impression d'avoir déjà vu ce genre de bataille des centaines de fois au cinéma. Dommage également que ça manque un peu de fun pour rendre cela un peu plus plaisant et pourquoi pas donner un semblant d'âme à ce récit.

Le film avait néanmoins une bonne base pour nous raconter cette histoire mythique avec un casting plutôt classieux. Malheureusement, aucun de ses grands acteurs ne parvient à laisser son empreinte et ce long métrage ne devient juste qu'un petit détail anecdotique de leurs filmographies respectives. C'est cohérent, personne n'est foncièrement mauvais mais on est très loin d'être transcendé.

Clive Owen (Arthur) en tête ne parvient jamais à nous emmener dans sa quête. Son personnage véhicule une morale prévisible et bien qu'il soit charismatique, il ne réussit jamais à s'imposer comme un leader dans cette troupe alors que tout a été fait pour. A ses côtés, j'ai beau avoir une petite sympathie pour Ioan Gruffudd (Lancelot), il n'en reste quand même pas moins assez léger. Un beau sourire ne sauve pas la mise et il y avait pourtant matière à avoir quelque chose de plus profond dans le traitement de ce rôle mais aussi dans son interprétation.

Parmi la bande des chevaliers, j'ai apprécié en revanche Mads Mikkelsen (Tristan). On le voit assez peu malheureusement mais malgré les imperfections du scénario, c'est sans doute l'acteur qui a su le mieux utiliser son charisme naturel. Quand il est là, il en impose sans jamais forcer. Il suffit de voir la fameuse bataille finale où il éclipserait presque le Roi Arthur du film. Pour le reste, Ray Winstone (Bors) m'a bien fait marrer, Hugh Dancy (Galahad) m'a semblé un peu lisse et j'ai bien aimé le tandem Joel Edgerton (Gauvain) - Ray Stevenson (Dagonet).

A cette petite bande, on peut rajouter Keira Knightley (Guenièvre). Ce film se situe à une époque dans sa filmographie où l'actrice me faisait très facilement déplacé en salles (j'ai un peu plus de mal maintenant même si je l'apprécie toujours). Pourtant, ce n'est pas sa présence qui a rehaussé le niveau de ce long métrage à mes yeux. Bien au contraire, sa surenchère est sans doute celle qui est la moins maitrisé et dans l'écriture de son personnage, je trouve qu'elle alourdit pas mal le film. Ses passages sont trop long, souvent inutile, parfois risible, peu convaincant et ce n'est pas son maquillage type Avatar à la fin qui va me convaincre. J'aurais d'ailleurs presque pu dire la même chose de Stephen Dillane (Merlin) mais ce dernier à au moins eu la chance d'être un peu moins mis en avant.

Côté méchant, vu que toute la distribution en fait des caisses, ce n'est pas surprenant de voir les méchants du film en faire encore plus. Ivano Marescotti (L'évêque Germanus), Ken Stott (Marius Honorius) ou encore Charlie Creed-Miles (Ganis) sont les très bons archétypes des têtes à claques de service. Mais niveau méchant grognon sans scrupule qui fait de belles grimaces pour bien dire qu'ils sont sans pitié, la palme du cabotinage revient sans nul doute à Stellan Skarsgård (Cerdic) et Til Schweiger (Cynric). J'adore ses deux comédiens et leurs présences naturelles font que je suis cela avec amusement mais bon, devant tant de stéréotypes, on a quand même du mal à trouver cela crédible.

Antoine Fuqua est un réalisateur qui en termes d'action et de profondeur dramatique a déjà su me convaincre. Malheureusement pour lui, sa version de la légende arthurienne ne fera pas partie de ses films que j'ai envie de garder en référence. Le bonhomme sait tenir une caméra, c'est indéniable mais l'ensemble manque quand même cruellement d'âme.

Il y a bien quelques plans sympathiques mais jamais il ne parvient à se saisir de la légende. Si l'on ne nous dit pas le nom des personnages principaux, son film devient un simple film de batailles parmi tant d'autres qui reprend toutes les ficelles du genre. Il n'y a qu'à voir la bataille finale. Sans faire de comparaison car les deux films ne boxe pas dans la même catégorie, on a l'impression de voir un sous-" Braveheart " avec utilisation de peinture bleue à outrance, beaux discours sur la liberté, drapeaux qui flotte, fumée sur une large prairie (idéale pour combattre), acte héroïque d'un groupe donné perdant à l'avance et face à face ultime avec le vilain pas beau à abattre.

J'ai été peu ébloui aussi par les différents décors. Ils sont globalement bons mais pour ce genre d'épopée, ils sont un peu légers quand même. Il n'y a pas de grandes choses que l'on retient. D'ailleurs, en revoyant ce film plus de dix ans après sa sortie, je ne me souvenais que de la scène sur la glace et en le revoyant, c'est sans doute la seule scène que je retiendrais de nouveau et la seule scène que je trouve véritablement efficace.

Que dire aussi de la lumière qui est très fade, très sombre et de la photographie qui vieillit très mal. En à peine une dizaine d'année, le film a pris un sacré coup de vieux et son manque d'identité n'arrange pas les choses. De mémoire, la director's cut apporte quand même un peu plus de rythme mais cela reste en dent de scie avec des moments dynamiques et d'autres beaucoup plus (trop?) calme.

Je n'ai pas trop aimé non plus les maquillages. Je ne vais pas revenir sur ceux de Guenièvre et sa bande mais dans l'ensemble, ce n'est pas vraiment crédible à mes yeux. Le côté " sale " fait beaucoup trop propre et l'on ne ressent jamais réellement la sueur ou la dureté de cette époque. Quant à la bande originale composée par Hans Zimmer, elle fait son boulot mais à l'image du scénario, le compositeur reste très classique en nous proposant des envolées lyriques que l'on a déjà entendues à de nombreuses reprises.

Le Roi Arthur (2004)

Pour résumer, contre toute attente, alors que le long métrage est bourré d'imperfections, je trouve que " Le Roi Arthur " reste malgré tout une œuvre divertissante. C'est loin d'être parfait, vite oubliable mais il y a quand même quelques petites choses sympathiques. Dommage que cela ait été traité de façon anecdotique. La légende de base s'avère sous exploité, le casting de luxe est beaucoup trop dans la surenchère et la réalisation d'Antoine Fuqua ne propose rien de novateur. On est ici en présence d'un film qui se laisse suivre, que je pourrais même revoir du coin de l'œil à nouveau mais qui malheureusement, n'est clairement pas à la hauteur de ses ambitions.


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