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Jérôme Attal : L'appel de Portobello Road

Par Stephanie Tranchant @plaisir_de_lire

L'appel de Portobello Road de  Jérôme Attal   3,75/5 (05-03-2017)

L'appel de Portobello Road (162 pages) est disponible depuis le 2 mars 2017 aux Editions  Robert Laffont.

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L’histoire (éditeur) :

En pleine nuit, Ethan reçoit un appel téléphonique étrange. Au bout du fil, il reconnaît la voix de ses parents disparus depuis deux ans. Après avoir pris de ses nouvelles, sa mère raccroche sur ces mots : « Dis à ta soeur qu'on pense à elle tous les jours. » Le problème, c'est qu'Ethan est fils unique. C'est le début d'une folle aventure...
Un secret de famille tombé du ciel. Un compositeur de chansons. Des nuits parisiennes et le vacarme de la solitude. Une décision à prendre. Une fille au bout de la route. Deux pom-pom girls originaires de Tchéquie. Une fête monstre sur la route de Mons. Une tarte au riz partagée avec le fantôme d'une star du rock. De la porcelaine anglaise. Comme est la vie. Fragile et robuste à la fois. Et une ode à l'amour au tournant de chaque page.

Mon avis :

Ethan Collas, musicien compositeur, largué pitoyablement par la chanteuse médiatique Zélie Anderson, recalé professionnellement (ses titres n’ayant pas été sélectionnés par la maison de production) et abandonné par ces petites choses du quotidien (chasse d’eau , brosse à dents, cheveux…) s’endort…
Ce jeune homme, uniquement connu (mais vite oublié) par un vieux jingle de météo pour une chaîne du câble, enchaîne les déconvenues dans son petit appartement rue du Dragon à Paris légué par des parents partis trop tôt.

Cette nuit, il est réveillé par le téléphone. Au bout du fil, ses parents avec un message pour sa sœur : « ils pensent tous les jours à elle ».

Bon, ce simple coup de fil ne semble pas vraiment curieux présenté comme ça. Sauf, que ses parents sont morts et qu’Ethan n’a jamais eu de sœur….
La fouille méticuleuse des documents  familiaux (« Le passé conservé allait subir un interrogatoire de première ! » Page 26) ne donne pas grand-chose si ce n’est un cliché de lui à 11 ans à côté d’une gamine de 6 ou 7 ans…

Le peu d’aide de son pote Sébastien ne lui est pas d’un grand secours non plus. Comment Ethan n’aurait pas remarqué avant la présence d’une quelconque sœur !!! Par contre il se décide à suivre son conseil (aller questionner la vielle tante Sylviane de Saint Germain en Laye atteinte d’Alzheimer  ) au bord de sa vieille Triumph Spitfire décapotable jaune mode 1975, et ça va changer sa vie.
Et si c’était celle des autres que cet appel de Portobello Road avait à jamais changé…

Ethan est un homme charmant, attendrissant, pas lumineux mais simple et bon. Son côté un peu looser (sans être Pierre Richard) le rend assez vite touchant. Et pourtant ce n’était pas gagné car un type de son genre a tendance à agacer et même à vite rebuter. Ici, pas du tout, au contraire, il évoque ses souvenirs, sa famille et certains choix, avec beaucoup de sensibilité.

Cette histoire assez réaliste se révèle être un condensé de farfelu, de situations surréalistes, faite de réflexions décalées qui contrastent  avec la banalité de la réalité et les déceptions de la vie.
« L’existence était ainsi : on naissait, on s’habillait et se déshabillait un certain nombre de fois, les plus téméraires se laissaient aller à la tendresse ou au courage, et les plus malins arrivaient à sortir quelques traits d’esprit mémorables, puis on mourait et l’affaire était réglée (saupoudrée de quelques regrets).La seule chose additionnelle qui valait vraiment la peine était de regarder de jolies filles s’affairer librement au-dessus de leurs jolies jambes. Et dans le désert qu’on éprouvait le reste du temps, les déclarations d’amour étaient des oasis. » page 75

L’appel de Portobello Road est une aventure pleine de fantaisies qui ravive un quotidien morose. On retrouve l’Angleterre chérie à Jérôme Attal à travers la fine porcelaine anglaise le thé, les Beatles, Portobello… et pourtant c’est un récit bien franchouille. Une sacrée lecture un peu folle, touchante et pleine de poésie, de rencontres, de vies fragiles et de situations improbables.

En bref : un court mais délicieux moment.


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