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[Critique série] HAPPY VALLEY – Saison 2

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique série] HAPPY VALLEY – Saison 2

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Titre original : Happy Valley

Note:

★
★
★
★
½

Origine : Grande-Bretagne
Créatrice : Sally Wainwright
Réalisatrices : Sally Wainwright, Neasa Hardiman.
Distribution : Sarah Lancashire, Siobhan Finneran, Charlie Murphy, James Norton, George Costigan, Con O’Neill, Rick Warden, Matthew Lewis, Katherine Kelly…
Genre : Drame/Thriller
Diffusion en France : Canal +/Netflix
Nombre d’épisodes : 6

Le Pitch :
Une vague de meurtres sordides secoue la région. Alors que les enquêteurs sont mobilisés pour arrêter le coupable, Catherine Cawood reprend du service, 18 mois après avoir envoyé Tommy Lee Royce en prison et sauvé Ann Gallagher, qui a quant à elle rejoint les services de police. Dans un contexte plus que jamais sensible, la vie reprend son cours pour le sergent, qui ne va néanmoins pas tarder à devoir à nouveau se confronter plus ou moins directement à Tommy Lee Royce, alors que ce dernier cherche à renouer le contact avec son fils…

La Critique de la saison 2 de Happy Valley :

La deuxième saison de Happy Valley prend pied 18 mois après les événements survenus dans la première. Toujours aux commandes, Sally Wainwright continue de se focaliser sur la lutte de Catherine Cawood, son personnage principal, incarné par Sarah Lancashire, pour tenter de maintenir une vie abîmée à flots. Et si l’ombre de Tommy Lee Royce, l’antagoniste de la saison 1 plane toujours sur ces six nouveaux épisodes, c’est aussi une enquête particulièrement sordide, sur fond de trafic d’êtres humains, qui se retrouve au centre des préoccupations. Deux récits qui s’imbriquent et qui, d’une certaine façon, se nourrissent l’un l’autre, pour plus que jamais servir le propos global de la série, à savoir la résilience face aux difficultés de la vie…

Happy-Valley-Saison2

Happy family

Car Happy Valley est bel et bien une série sur la résilience. Sur la résistance. Catherine Cawwod, la policière au centre de l’intrigue est toujours en lutte. Depuis qu’une tragédie a violemment redéfini les contours de son quotidien et changé sa perception des choses (à savoir le suicide de sa fille, qui fut victime d’un viol), elle nage à contre-courant et s’en prend plein la gueule tout en ne cessant de se relever. Pour les siens, pour elle-même et pour montrer à tous les salopards qui gravitent autour d’elle de par son métier, que rien ne sera plus difficile que de la mettre à terre. Happy Valley n’est pas une série opportuniste dans le sens où elle ne choisit jamais la facilité. La tonalité, finalement assez proche d’autres productions de la BBC (de prime abord en tout cas), s’apparentant plus ou moins au thriller (on pense à Broadchurch), est dépendante des protagonistes. Le réalisme prime et si le scénario fait parfois preuve d’un peu plus de légèreté, ça ne dure pas bien longtemps. Dans ces conditions, on pourrait alors être tenté de considérer Happy Valley, à plus forte raison après avoir vu cette deuxième saison, comme une œuvre très sombre et un peu plombante, sauf qu’il n’en est rien. L’espoir est omniprésent, justement car l’héroïne résiste. Ce qu’elle affronte renvoie à la situation dans laquelle le monde évolue et incarne surtout plus précisément les combats face auxquels les femmes doivent parfois se retrouver. Les luttes pour la reconnaissance, le désir de domination de certains hommes, la violence, l’assouvissement et la brutalité sexuelle, la persécution et la manipulation… Voici de quoi parle Happy Valley. D’une femme qui a décidé de ne pas se laisser faire et de prendre les devants pour protéger les siens et pour se protéger elle-même.
Sans manichéisme et sans faire preuve d’un zèle qui aurait pu être de trop, Sally Wainwright continue d’écrire l’histoire de Catherine Cawood et du même coup de donner à son discours une force et une pertinence à la fois terriblement touchantes mais aussi parfaitement à propos. Elle parle des relations professionnelles, de la force des liens familiaux et de bien prendre garde à ne pas trop en faire. De laisser les regards exprimer ce que les mots échouent parfois à faire avec autant d’éloquence.

Dans la vallée de l’ombre et des larmes

Alors que l’histoire de Catherine Cawood et des siens continue, la saison 2 de Happy Valley embrasse pleinement, mais à sa façon, les codes du thriller, via une enquête visant à retrouver un tueur en série. Le récit jongle et fait s’entrecroiser les deux histoires qui bien sûr, finissent à n’en former une seule. Non seulement très bien écrit, ce deuxième acte fait toujours preuve d’une sensibilité à fleur de peau. Une sensibilité dont les acteurs se font les vecteurs. Sarah Lancashire retrouve l’uniforme du sergent Cawood et impressionne encore, grâce à ce mélange si bien dosé de force, de détermination et de fragilité. Quand elle craque, on craque avec elle, mais la faiblesse ne perce jamais bien longtemps son armure.Elle continue la lutte. Siobhan Finneran, qui interprète sa sœur, est elle aussi formidable, tout comme la jeune Charlie Murphy, dont la vulnérabilité s’est muée en colère et en détermination. Des personnages parfaitement campés, qui illustrent un propos à la fois complexe et évident. À l’image de la vie, rien ici n’est vraiment simple. Il y a un nombre infini de nuances. Sauf quand on parle de Tommy Lee Royce, le mal incarné, toujours joué avec talent par James Norton et dont l’influence synthétise encore plus ici que précédemment, ce que la série cherche à communiquer sur la place des femmes dans le monde d’aujourd’hui.

Happy-Valley-saison-2-Charlie-Murphy

Happy people

On le sait, Happy Valley s’arrêtera au terme de la saison 3, qui devrait d’ailleurs mettre un peu de temps à arriver pour permettre au récit de respirer et de s’étaler sur plusieurs années. Exemple probant qu’il est inutile d’en faire des tonnes pour finalement exprimer beaucoup, la saison 2 de Happy Valley, qui ne compte toujours que 6 épisodes, va au bout de son discours. On pourra toujours souligner que le sort s’acharne sur le personnage central, qui finit par se retrouver au centre de situations qui mettent sa vie en danger. Mais ce serait faire fausse route tant Happy Valley ne narre pas les aventures d’une super flic capable de tout arranger avant de rentrer chez elle border son petit-fils et boire un thé le sourire aux lèvres, contente d’avoir vidé les rues de la Perfide Albion de racailles bien puantes. Happy Valley ne fait pas dans ce genre de trucs. Inscrite dans une dynamique qui lui confère de l’apprêté, de la pertinence et qui donne du poids à son discours, elle sait aussi se montrer passionnante et donc divertissante. On s’attache, on s’émeut et on se laisse porter du début jusqu’à la fin. Preuve qu’au fond, avec du talent, pas besoin de faire preuve d’opportunisme. On peut à la fois livrer un thriller de haut vol et dire des choses qui méritent d’être dites.

En Bref…
La saison 2 de Happy Valley traduit encore une fois une faculté impressionnante à captiver via une histoire qui joue sur plusieurs tableaux, et qui se fait aussi le vecteur d’un discours franchement puissant et pertinent. Magnifiquement interprété -Sally Lancashire est toujours aussi incroyable-, le show renouvelle sa bonne tenue, sa sobriété et sa force évocatrice, annonçant une conclusion qui devrait on l’espère définitivement faire entrer la série au panthéon des meilleures du genre, même si au fond, elle est unique.

@ Gilles Rolland

Happy-Valley-saison-2
   Crédits photos : BBC


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