Magazine Culture

Jessie Burton vous révèle les secrets des Filles au lion

Par Samy20002000fr

Quel lien peut-il y avoir entre le Londres de 1967 et l’Andalousie des années 1930 ? Rien à première vue, si ce n’est un mystérieux tableau dont Jessie Burton nous révèle les secrets dans son second roman Les filles au lion publié chez Gallimard. Une trentaine de lecteurs de Babelio ont pu rencontrer l’auteure le 29 mars dans les jardins de la maison d’édition pour faire la lumière sur les dernières zones d’ombre qui entouraient cette toile énigmatique.

En 1967, cela fait déjà quelques années qu’Odelle, originaire des Caraïbes, vit à Londres. Elle travaille dans un magasin de chaussures mais elle s’y ennuie, et rêve de devenir écrivain. Et voilà que sa candidature à un poste de dactylo dans une galerie d’art est acceptée ; un emploi qui pourrait bien changer sa vie. Dès lors, elle se met au service de Marjorie Quick, un personnage haut en couleur qui la pousse à écrire.
Elle rencontre aussi Lawrie Scott, un jeune homme charmant qui possède un magnifique tableau représentant deux jeunes femmes et un lion. De ce tableau il ne sait rien, si ce n’est qu’il appartenait à sa mère. Marjorie Quick, à qui il soumet la mystérieuse toile, a l’air d’en savoir plus qu’elle ne veut bien le dire, ce qui pique la curiosité d’Odelle.
La jeune femme décide de déchiffrer l’énigme des Filles au lion. Sa quête va révéler une histoire d’amour et d’ambition enfouie au cœur de l’Andalousie des années trente, alors que la guerre d’Espagne s’apprête à faire rage.

Jessie Burton vous révèle les secrets des Filles au lion

Jessie Burton 1

" data-orig-size="3264,2448" sizes="(max-width: 440px) 100vw, 440px" data-image-title="Jessie Burton 1" data-orig-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb1.jpg?w=440&h;=330" data-image-meta="{"aperture":"2.4","credit":"","camera":"iPhone 5c","caption":"","created_timestamp":"1490812606","copyright":"","focal_length":"4.12","iso":"64","shutter_speed":"0.0083333333333333","title":"","orientation":"1"}" width="440" data-medium-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb1.jpg?w=440&h;=330?w=300" data-permalink="https://babelio.wordpress.com/2017/04/18/jessie-burton-filles-au-lion/jb1/" alt="Jessie Burton 1" height="330" srcset="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb1.jpg?w=440&h;=330 440w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb1.jpg?w=880&h;=660 880w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb1.jpg?w=150&h;=113 150w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb1.jpg?w=300&h;=225 300w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb1.jpg?w=768&h;=576 768w" class="size-full wp-image-13789 aligncenter" data-large-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb1.jpg?w=440&h;=330?w=440" />

Mêler histoire, philosophie et émotion

Pour son second roman après Miniaturiste, Jessie Burton tenait à aborder trois sujets différents : “Je voulais d’abord parler de l’héritage de l’époque colonialiste britannique, en particulier des Caraïbes, car c’est un sujet que l’on évoque rarement. Il est très peu enseigné et je voulais le mettre en avant. Ensuite, je souhaitais évoquer la Guerre Civile espagnole, un évènement que j’ai pu approfondir durant mes études hispaniques. C’est aussi un thème qui m‘attirait particulièrement car je me rends régulièrement en Andalousie et partage certaines affinités avec cette culture. Enfin, je tenais à parler de l’art et de sa pulsion destructrice. En somme, je voulais donner un intérêt historique, philosophique et émotionnel à mon récit.”

Jessie Burton vous révèle les secrets des Filles au lion

Jessie Burton 2

" data-orig-size="1440,1080" sizes="(max-width: 440px) 100vw, 440px" data-image-title="Jessie Burton 2" data-orig-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb2.jpg?w=440&h;=330" data-image-meta="{"aperture":"0","credit":"","camera":"","caption":"","created_timestamp":"0","copyright":"","focal_length":"0","iso":"0","shutter_speed":"0","title":"","orientation":"1"}" width="440" data-medium-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb2.jpg?w=440&h;=330?w=300" data-permalink="https://babelio.wordpress.com/2017/04/18/jessie-burton-filles-au-lion/jb2/" alt="Jessie Burton 2" height="330" srcset="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb2.jpg?w=440&h;=330 440w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb2.jpg?w=880&h;=660 880w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb2.jpg?w=150&h;=113 150w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb2.jpg?w=300&h;=225 300w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb2.jpg?w=768&h;=576 768w" class="size-full wp-image-13790 aligncenter" data-large-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb2.jpg?w=440&h;=330?w=440" />

Un roman féministe

Jessie Burton place les femmes au centre de son roman, incarnant de fait pour les lecteurs une certaine idée du féminisme : “Le mot “féminisme” est un terme complexe à mon sens. Je suis bien sûr en faveur de l’égalité homme-femme et je pense qu’il y a toujours des inégalités à ce niveau partout dans le monde. Mais j’ai grandi sans le savoir dans un univers qui favorise les idées féministes. Ce que je tenais à montrer, c’est que la femme possède force et ambition dès l’instant où ses histoires de cœur n’occupent pas une position centrale. Dans mon roman, la relation d’Odelle avec le personnage de Lawrie Scott est quelque peu accessoire. Elle n’est pas l’enjeu principal. La vie des personnages féminins est, au contraire, centrée autour de la création.”

Jessie Burton vous révèle les secrets des Filles au lion

Jessie Burton 7

" data-orig-size="5184,3888" sizes="(max-width: 440px) 100vw, 440px" data-image-title="Jessie Burton 7" data-orig-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb7.jpg?w=440&h;=330" data-image-meta="{"aperture":"3.5","credit":"","camera":"DSC-HX50","caption":"","created_timestamp":"1490817290","copyright":"","focal_length":"4.3","iso":"100","shutter_speed":"0.033333333333333","title":"","orientation":"1"}" width="440" data-medium-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb7.jpg?w=440&h;=330?w=300" data-permalink="https://babelio.wordpress.com/2017/04/18/jessie-burton-filles-au-lion/jb7/" alt="Jessie Burton 7" height="330" srcset="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb7.jpg?w=440&h;=330 440w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb7.jpg?w=880&h;=660 880w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb7.jpg?w=150&h;=113 150w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb7.jpg?w=300&h;=225 300w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb7.jpg?w=768&h;=576 768w" class="size-full wp-image-13795 aligncenter" data-large-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb7.jpg?w=440&h;=330?w=440" />

Regagner les clés du pouvoir

“Lorsqu’un homme écrit un livre, on dit qu’il écrit pour l’humanité. Lorsqu’une femme écrit un livre, on pense qu’elle le fait pour son expression personnelle !” C’est forte de ce constat que Jessie Burton a tenté de redonner le pouvoir aux femmes de son récit : “Les hommes ont les clés du pouvoir, les femmes quant à elles vont manipuler le système pour renverser subtilement la tendance. C’est une relation assez complexe car elles doivent chercher protection auprès d’eux tout en devant s’en affranchir. Finalement, la présence des hommes reste assez périphérique dans le roman. Ils ne prennent pas tant de place dans les pages du livre mais ils influencent l’histoire. Il y a un préjugé instauré d’emblée qui veut que l’autorité n’appartienne qu’aux hommes. La grande question, c’est : où plaçons-nous l’autorité ?”

Jessie Burton vous révèle les secrets des Filles au lion

Jessie Burton 4

" data-orig-size="3264,2448" sizes="(max-width: 440px) 100vw, 440px" data-image-title="Jessie Burton 4" data-orig-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb4.jpg?w=440&h;=330" data-image-meta="{"aperture":"2.4","credit":"","camera":"iPhone 5c","caption":"","created_timestamp":"1490812592","copyright":"","focal_length":"4.12","iso":"64","shutter_speed":"0.0083333333333333","title":"","orientation":"1"}" width="440" data-medium-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb4.jpg?w=440&h;=330?w=300" data-permalink="https://babelio.wordpress.com/2017/04/18/jessie-burton-filles-au-lion/jb4/" alt="Jessie Burton 4" height="330" srcset="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb4.jpg?w=440&h;=330 440w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb4.jpg?w=880&h;=660 880w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb4.jpg?w=150&h;=113 150w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb4.jpg?w=300&h;=225 300w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb4.jpg?w=768&h;=576 768w" class="size-full wp-image-13792 aligncenter" data-large-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb4.jpg?w=440&h;=330?w=440" />

L’amitié au-delà des classes sociales

On trouve, au sein du roman, deux amitiés très fortes entre deux femmes. A chaque fois, l’une des deux joue un rôle important afin que la seconde puisse s’épanouir – Marjorie Quick pour Odelle et Teresa pour Olive : “Je pense que c’est important de ne pas avancer seule. Moi-même, je ne serais rien sans le soutien que j’ai reçu de mes professeurs ou de mes amis. Le mythe veut que les femmes ne s’entraident pas mais je pense que c’est totalement faux. De plus, dans mes livres, mes personnages sont toujours issus de classes sociales différentes. Je pense sincèrement que l’amitié et l’entraide dépassent cette idée de classe tout autant que les genres.”

Jessie Burton vous révèle les secrets des Filles au lion

Jessie Burton 6

" data-orig-size="5184,3888" sizes="(max-width: 440px) 100vw, 440px" data-image-title="Jessie Burton 6" data-orig-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb6.jpg?w=440&h;=330" data-image-meta="{"aperture":"3.5","credit":"","camera":"DSC-HX50","caption":"","created_timestamp":"1490815387","copyright":"","focal_length":"4.3","iso":"80","shutter_speed":"0.025","title":"","orientation":"1"}" width="440" data-medium-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb6.jpg?w=440&h;=330?w=300" data-permalink="https://babelio.wordpress.com/2017/04/18/jessie-burton-filles-au-lion/jb6/" alt="Jessie Burton 6" height="330" srcset="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb6.jpg?w=440&h;=330 440w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb6.jpg?w=880&h;=660 880w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb6.jpg?w=150&h;=113 150w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb6.jpg?w=300&h;=225 300w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb6.jpg?w=768&h;=576 768w" class="size-full wp-image-13794 aligncenter" data-large-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb6.jpg?w=440&h;=330?w=440" />

Un rapport à l’art assez traditionnel

Bien que les personnages aient tous une vision très moderne de la vie, leur rapport à l’art reste paradoxalement très traditionnel : “Olive vient de la haute société, Odelle de Trinidad. Toutes les deux sont d’une grande modernité en ce qui concerne leur vie privée mais sont très timorées en art. Je trouvais cela plutôt intéressant. Les tableaux d’Olive sont inspirés d’une peintre portugaise qui faisait dans le figuratif quand la mode était à l’abstrait. Olive a son style, elle l’affirme dans sa peinture. Odelle, quant à elle, a reçu une éducation plus classique, sa façon de parler est plus conventionnelle, son écriture suit le même chemin. Olive est conservatrice picturalement mais ce que je voulais mettre le plus en évidence dans son travail, c’était l’usage des couleurs. Il est vrai, cependant, que les deux entretiennent un rapport à l’art formel et classique.”

Jessie Burton vous révèle les secrets des Filles au lion

Jessie Burton 9

" data-orig-size="1440,1080" sizes="(max-width: 440px) 100vw, 440px" data-image-title="Jessie Burton 9" data-orig-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb9.jpg?w=440&h;=330" data-image-meta="{"aperture":"0","credit":"","camera":"","caption":"","created_timestamp":"0","copyright":"","focal_length":"0","iso":"0","shutter_speed":"0","title":"","orientation":"1"}" width="440" data-medium-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb9.jpg?w=440&h;=330?w=300" data-permalink="https://babelio.wordpress.com/2017/04/18/jessie-burton-filles-au-lion/jb9/" alt="Jessie Burton 9" height="330" srcset="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb9.jpg?w=440&h;=330 440w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb9.jpg?w=880&h;=660 880w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb9.jpg?w=150&h;=113 150w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb9.jpg?w=300&h;=225 300w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb9.jpg?w=768&h;=576 768w" class="size-full wp-image-13797 aligncenter" data-large-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb9.jpg?w=440&h;=330?w=440" />

Une continuité avec la peinture espagnole

Tous les tableaux décrits dans l’ouvrage sortent de l’imagination de Jessie Burton. Cependant, elle s’est inspirée d’histoires issues de la culture espagnole : “Lorsque j’ai écrit mon livre, j’avais envie de décrire des tableaux. J’ai cherché l’inspiration sur Internet et je suis tombée sur l’histoire de Justa et Rufina (Santa Justa y Santa Rufina) : une histoire de sœurs qui se dressent contre la société et qui sont aussi deux femmes artistes. Je trouvais le sujet adapté. Plus tard, j’ai découvert que cette histoire avait inspiré d’autres peintres espagnols comme Diego Vélasquez ou Francisco de Goya. De là s’est construite, par le plus grand des hasards, une forme de continuité avec cette tradition ancrée dans la peinture espagnole.”

Jessie Burton vous révèle les secrets des Filles au lion

Jessie Burton 8

" data-orig-size="5184,3888" sizes="(max-width: 440px) 100vw, 440px" data-image-title="Jessie Burton 8" data-orig-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb8.jpg?w=440&h;=330" data-image-meta="{"aperture":"5.6","credit":"","camera":"DSC-HX50","caption":"","created_timestamp":"1490817783","copyright":"","focal_length":"21.43","iso":"800","shutter_speed":"0.025","title":"","orientation":"1"}" width="440" data-medium-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb8.jpg?w=440&h;=330?w=300" data-permalink="https://babelio.wordpress.com/2017/04/18/jessie-burton-filles-au-lion/jb8/" alt="Jessie Burton 8" height="330" srcset="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb8.jpg?w=440&h;=330 440w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb8.jpg?w=880&h;=660 880w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb8.jpg?w=150&h;=113 150w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb8.jpg?w=300&h;=225 300w, https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb8.jpg?w=768&h;=576 768w" class="size-full wp-image-13796 aligncenter" data-large-file="https://babelio.files.wordpress.com/2017/04/jb8.jpg?w=440&h;=330?w=440" />

D’actrice à écrivain

Même si son premier roman a connu un succès retentissant, Jessie Burton ne rêvait pas de devenir auteur, du moins, pas au début : “J’écris depuis l’âge de cinq ou six ans, mais je n’ai jamais voulu être écrivain. En réalité, je voulais devenir actrice ou vétérinaire… ou tenir un pub ! Mais j’ai toujours écrit : c’était une manière pour moi de gérer ma vie. J’ai toujours pensé qu’écrire était plus difficile que de jouer la comédie. Jouer est plus social, on peut mettre de côté son personnage tandis qu’écrire s’apparente plutôt à de la psychanalyse, cela relève plus d’un engagement avec soi-même. A mes vingt-sept ou vingt-huit ans, ma carrière d’actrice n’avait pas vraiment décollé. Naïvement, j’ai changé mon rêve de devenir actrice pour celui d’être écrivain, sans même imaginer pouvoir en vivre. C’est à cette époque que j’ai commencé à écrire Miniaturiste. Mon manuscrit avait été refusé à plusieurs reprises, mais ce n’était pas grave. J’ai eu de la chance mais j’ai aussi travaillé pour la provoquer.”

Découvrez Les filles au lion de Jessie Burton, publié chez Gallimard.


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Samy20002000fr 7610 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines