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Erin Meyer : communiquer d’une culture à l’autre

Publié le 05 mai 2017 par Diateino

discussionErin Meyer a identifié dans son ouvrage La carte des différences culturelles 8 axes structurants qui permettent de qualifier une culture et de la situer par rapport à une autre : la communication, l’évaluation, la persuasion, la façon de diriger, la prise de décision, la confiance, le désaccord et la gestion du temps. L’axe de la communication vise à repérer si la culture valorise un style de communication plus ou moins explicite. Les Etats-Unis, les Pays Bas, l’Australie ou encore le Canada valorisent une expression aussi claire que possible, limitant les interprétations et les risques d’erreurs. Les échanges avec des pays comme la Corée ou le Japon, qui favorisent l’implicite, les sous-entendus et les éléments de contexte peuvent être compliqués entre ces deux pôles. Les Français ont une préférence pour l’implicite, moins marquée toutefois que dans les pays asiatiques.

Erin Meyer décrit ainsi l’axe implicite/explicite, fort/faible degré de contextualisation :

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 « Dans de nombreuses cultures asiatiques, comme en Inde, en Chine, au Japon ou en Indonésie, le contenu du message est souvent implicite, ce qui nécessite que le récepteur lise entre les lignes. Une communication de qualité est à la fois subtile et à plusieurs niveaux : elle peut dépendre d’un sous-texte abondant et la responsabilité de la transmission du message est partagée entre l’émetteur et le récepteur. Le même phénomène se rencontre dans de nombreuses cultures africaines, y compris au Kenya et au Zimbabwe, ainsi, à un moindre degré, que dans les cultures latino-américaines (Mexique, Brésil ou Argentine), les cultures latines d’Europe (Espagne, Italie et Portugal) et la culture française. »

« Savoir écouter ce que dit l’air »

Lors d’un séminaire, Erin Meyer a demandé au DRH japonais d’une entreprise de l’Ohio la façon dont il percevait le style de communication de ses interlocuteurs américains : « Au Japon, quand on grandit, on nous apprend à communiquer et à écouter « entre les lignes », comme si c’était une chose qui va de soi. Faire passer des messages sans rien dire d’explicite est une pratique si profondément enracinée dans notre culture que nous le faisons sans y prêter attention. Chaque année, au Japon, on élit le nouveau mot le plus populaire et, il y a quelques années, ce mot a été « KY » acronyme de « kuuki yomenai » qui désigne « quelqu’un qui ne sait pas écouter l’air », en d’autres termes une personne qui manque cruellement de capacité à lire entre les lignes. Au Japon, celui qui ne sait pas « écouter ce que dit l’air » est quelqu’un qui a une mauvaise capacité d’écoute ».

A ce moment, l’un des Américains s’exclama : « Qu’est-ce que ça veut dire « écouter l’air » ? » Takaki répondit : « Si j’assiste à une réunion au Japon et que l’un des participants fait part implicitement de son désaccord ou de son malaise, nous sommes censés savoir interpréter l’atmosphère et capter ce sentiment de malaise. Celui qui n’entend pas le message se fait traiter de KY ! ». L’Américain gloussa : « Si je comprends bien, nous autres Américains, nous sommes tous des KY ! » Takaki ne fit pas de commentaire, ce que j’interprétai comme une façon d’indiquer qu’il était d’accord ».

Et vous, où se trouve votre style de communication habituel : Vous sentez-vous plus proche de ce Japonais ou de cet Américain ? Où semblent se situer vos interlocuteurs habituels venant d’une culture différente ? Comment pouvez-vous vous rapprocher de leur style ?


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