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Quand la chair ne vaut pas cher

Publié le 07 mai 2017 par Chaponoff
Dans le cadre de mon travail au centre de lutte anti tuberculeuse (Clat 45) le 19 mai 2015, j’assistais à un congrès sur la tuberculose à Paris, à l’amphithéâtre Charcot de la Pitié Salpétrière, en compagnie de mon chef de service Bertrand Lemaire, des infirmières Nathalie et Roselyne infirmière et de Daniela  notre secrétaire.


Quand la chair ne vaut pas cher


En me déplaçant entre les travées de l’amphithéâtre, j’ai violemment heurté avec la jambe droite une structure métallique acérée qui dépassait d’un siège dégradé et que je n’avais pas vu.Un irresponsable de l’AP-HP Salpétrière n’a pas fait son travail d’entretien ou de réparation et a laissé un objet extrêmement dangereux me blesser grièvement.

J’ai chuté sur le sol, faisant se retourner les 200 participants au colloque, et la douleur fut tellement fulgurante qu’elle me mit dans un état de stupeur que je n’avais jamais encore connu.Quand la chair ne vaut pas cher


Ma jambe a tellement enflé qu’elle menaçait de faire craquer mon pantalon. Ma cheville droite qui était si fine par rapport à ma cheville gauche handicapée et œdématiée (séquelle de 4 opérations : arthrodèse sous astragalienne, fracture bimalléolaire) est devenue plus grosse et l’est restée à ce jour (17 mai 2017).Quand la chair ne vaut pas cher

Quand la chair ne vaut pas cher

Dans les semaines qui ont suivi, la nécrose s’est installée sur la face antérieure de ma jambe, découvrant partiellement le tibia. Je pouvais voir mon os dans un miroir.

Quand la chair ne vaut pas cher
Éric Estève, chef du service de dermatologie, qui m’a très bien soigné et accompagné pendant cette douloureuse période m’a prévenu du risque non négligeable d’ostéite (infection de l’os).En rentrant chez moi, j’ai pleuré comme un enfant. Ayant eu autrefois l’occasion de discuter avec Guillaume Depardieu qui avait aussi souffert de ça je me suis vu comme lui amputé.  Comme ma cheville gauche est déjà fortement handicapée, je n’aurais sans doute pas pu remarcher même avec l’aide d’une prothèse.
Par chance, j’ai échappé à cette complication.Comme je suis sympa, volontiers blagueur et sarcastique, personne à part mes proches ne s’est aperçu de ma souffrance.J’aurais bien aussi aimé être conseillé pour attaquer l’hôpital de la Salpétrière qui est responsable.
Cette douleur et cette angoisse m’ont à tel point diminué que j’ai complètement oublié d’en parler à mon avocat et ami Jérôme W., alors que d’habitude c’est ce que j’aurais fait.Aujourd’hui, le 7 mai 2017 soit près de deux ans après cet accident, ma jambe est rouge, enflée avec un œdème de la cheville qui n’existait pas avant. Je marche moins bien, je fatigue vite…Lors de cet accident de travail, j’ai subi un préjudice physique, moral et financier qui ne sera jamais réparé. C’est cher payé pour servir le Centre hospitalier régional d'Orléans. Contractuel, en cas d'accident du travail, je ne suis plus payé par l'hôpital.J’espère que mon cas servira d’exemple et que l’AP-HP, à défaut de me dédommager, a réparé ce fichu siège d’amphi afin qu’il ne fasse pas d’autres victimes. J'espère aussi que les contractuels seront mieux considérés en cas d'accident du travail. Mais ça je n’en suis même pas certain.
Ainsi va la France…



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