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La poussière des corons

Publié le 09 mai 2017 par Montagnessavoie
Marie-Paul Armand, La poussière des corons, 1985.
Vous aimez les sagas familiales, les grandes histoires d'amour ? Vous êtes plutôt roman du terroir ou roman historique ? Vous adorez les grandes fresques sociales ? Un seul livre qui contient tout cela : La poussière des corons. L'histoire commence en 1900 avec la naissance du siècle et celle de Madeleine, la narratrice. Si c'est elle qui raconte l'histoire, celle de sa vie et de la région, elle n'en est en aucun cas l'héroïne, puisque la seule et unique protagoniste du récit, c'est la mine. La période choisie, de 1900 à 1962, permet d'aborder la dévoreuse d'hommes à différentes époques. On assiste ainsi en 1906 à la catastrophe de Courrières qui avait provoqué plus de mille morts, ainsi qu'à différents éboulements, mettant par là en avant la difficulté du travail des mineurs ainsi que le manque de sécurité dans le travail. D'autre part, la silicose frappe plusieurs personnages et on met l'accent sur cette maladie professionnelle qui ronge les poumons des hommes et les fait mourir à petit feu. Outre les accidents et les problèmes graves de santé, on est plongé avec une grande précision dans le quotidien des mineurs, employés au fond souvent à partir de l'âge de 14 ans, et de leur famille dans les corons où, au début du XXème siècle, le confort est rudimentaire. C'est là où le roman, parfaitement documenté par des témoignages, représente un document sociologique précieux. Ensuite, on aime ou l'on aime pas la grande histoire d'amour des deux personnages, on pleure ou on reste insensible à leurs tourments, mais impossible de rester indifférent aux manifestations, aux grèves des mineurs pour de meilleures conditions de travail, aux affres des deux guerres mondiales et à l'arrivée des progrès sociaux et matériels dans les mines. De l'immigration polonaise à la "bataille du charbon" de la fin des années 40, des acquis sociaux comme la journée effective de 8 heures ou les congés payés à la grande guerre, des références culturelles méta- textuelles comme le célèbre film de Louis Daquin "Le point du jour" (d'ailleurs je lance un message, si quelqu'un a cette pépite chez lui, qu'il me fasse signe !) à l'occupation allemande, tout y est, tout est là. C'est l'histoire d'une région qui est relatée ici. Mieux qu'un livre d'histoire rébarbatif, mieux qu'un essai sur la vie des mineurs dans la première moitié du XXème siècle, La poussière des corons est le genre de bouquin qui vous réconcilie avec les sciences humaines et vous instruit sans vous en donner l'impression.
La poussière des corons

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