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La Chine face à l'esclavage moderne de ses ouvriers

Publié le 23 juin 2007 par Willy
La Chine face à l'esclavage moderne de ses ouvriers sas_formatid=886; // Format : Megabanner 728x90 sas_target=''; // Targeting SmartAdServer(sas_formatid,sas_target); Par Pierre Haski (Rue89)    20H19    21/06/2007 Le scandale provoqué par la découverte de centaines de travailleurs réduits en véritable esclavage dans des briqueteries chinoises aura eu au moins un mérite: provoquer pour la première fois un débat à l'échelle nationale sur les conditions de travail dans cette Chine devenue l'"atelier du monde". Les images de ces jeunes et moins jeunes esclaves des temps modernes retrouvés dans les briqueteries du Shanxi et du Henan ont choqué les plus endurcis des Chinois, qui ne pouvaient pas imaginer qu'on pouvait traiter des hommes de cette manière dans la "nouvelle Chine". Voici ces images telles qu'elles ont été montrées à la télévision chinoise. Face à l'émotion suscitée par ces images, mais aussi par l'incroyable texte écrit par les pères de 400 jeunes réduits en esclavage (consultable en anglais en cliquant ici), le gouvernement a décidé mercredi de lancer une enquête au niveau national sur le travail des enfants et l'exploitation de la main d'œuvre. Mais on connaît par avance les obstacles auxquels se heurtera cette enquête, en imaginant qu'elle soit lancée de bonne foi et avec une volonté d'aboutir. Dans l'un des cas d'esclavage récemment révélés, c'est le propre fils d'un dirigeant local du Parti communiste qui avait ainsi déshumanisé ses ouvriers. Tout comme, dans la plupart des mines de charbon illégales où on retrouve les conditions de travail les plus lamentables et dangereuses, on sait que les autorités locales sont généralement complices, quand elles ne sont pas directement actionnaires ou propriétaires de ces mines. Le gouvernement devra donc affronter cette contradiction qui fait de ses plus fidèles serviteurs les principaux responsables du mal qu'il dénonce. Et l'éternel conflit chinois entre le centre et les régions, entre le sommet et la base, complique la tâche de tout assainissement social. Difficile d'imposer la normalisation des conditions de travail quand ceux qui sont censés la faire respecter sont les principaux bénéficiaires de ses violations. D'autant que la définition de l'"exploitation", terme employé par les autorités, n'est pas explicitée. S'agit-il uniquement de ces esclaves privés de liberté, ou aussi de ces migrants qui, dans la plus grande légalité, sont vissés à leur poste de travail jusqu'à 15h par jour, sans un jour de congé par semaine, pour un salaire de misère. C'est la norme plus que l'exception dans bon nombre d'usines de sous-traitants chinois, comme je l'ai personnellement constaté. Difficile d'échapper à la question politique: sans des syndicats indépendants, sans une presse libre et sans une société civile capable de se mobiliser pour défendre les citoyens sans crainte des autorités locales, ces pratiques ne disparaîtront pas aisément. Le Parti, attaché à son monopole du pouvoir, cherche à être juge et partie, position inconfortable s'il en est.

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