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Gabriel Josipovici – Dans le jardin d’un hôtel

Par Marellia

Les jardins du passé
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Gabriel Josipovici – Dans le jardin d’un hôtel [Traduit de l’anglais par Vanessa Guignery – Quidam 2017]

Gabriel Josipovici – Dans le jardin d’un hôtel
Articlé écrit pour Le Matricule des anges

Un homme, Ben, raconte à ses amis sa rencontre dans un hôtel des Dolomites avec une juive qui l’intrigue. Elle lui explique l’étrange raison de son séjour en Italie, pour visiter le jardin d’un hôtel de Sienne où sa grand-mère aurait vu pour la dernière fois un homme qui sera ensuite, avec toute sa famille, exterminé par les Nazis. Avec l’élégance habituelle de sa prose diaphane, ni pesante ni banale, toujours fluide, Gabriel Josipovici construit un récit délicat sur le thème de la mémoire familiale, du passé et de la construction de l’identité. L’histoire de cette femme qui va jusqu’en Italie pour s’asseoir dans un jardin dont lui avait si souvent parlé sa grand-mère (à propos d’un jeune homme qui, dans un de ces vies alternatives toujours possibles mais jamais réalisées, aurait pu être son grand-père) et « sentir le lieu », « sentir comment ça avait dû être toutes ces années auparavant », et « sentir d’une certaine manière le temps s’arrêter avant de recommencer à s’écouler », cette histoire est d’abord celle des contradictions qui nous enserrent, des difficultés à construire une certitude sur notre identité et, partant, sur notre capacité à décider qui nous sommes et les décisions que nous voulons prendre. Ben est un personnage indécis, malheureux en amour car incapable « de s’engager ». Ainsi ne sait-il pas s’il est amoureux de cette femme rencontré dans un hôtel, tandis que son couple part en miettes, ou s’il n’est qu’intrigué par elle et son étrange histoire. Le roman, presque entièrement dialogué se construit ainsi par circonvolutions, dans une série d’échanges baignés de quotidien, faisant surgir la métaphysique, la grande et la petite histoire au détour d’une promenade avec un chien agité ou d’un repas avec un enfant qui ne veut pas finir son assiette. Entre deux interruptions du quotidien (le chien, l’enfant), l’on essaie de comprendre la raison de ses actes et de ceux des autres. Par petites touches, Josipovici réussit de nouveau un livre profond et sensible.

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