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Horns de Joe Hill, le pouvoir de ce roman ne nous laisse pas indifférent.

Publié le 25 juin 2017 par Desmondagreen @DesmondGreen6

Nouvel article sur un roman (oui je sais, ça faisait longtemps 😉 ) avec cette fois-ci la critique de Horns de Joe Hill.

Après une nuit d'ivresse pour oublier l'assassinat de sa fiancée Merrin un an plus tôt, Ignatius " Ig " Perrish se réveille avec des cornes et personnes ne semble les remarquer. Il découvre rapidement que ces cornes ont le pouvoir de faire avouer aux gens ce qu'ils ont fait ou aimeraient faire de mal, leur plus profond et sombre secret. Ig entreprend alors de se servir de ce don - diabolique - pour trouver qui a tué sa fiancée Merrin et lui rendre justice.

Cornes - de son nom original Horns - est un roman fantastique écrit par l'américain Joe Hill (connu pour Le Costume du Mort et Fantômes) et publié en 2010. Je n'ai découvert qu'après avoir lu Horns que Joe Hill était le nom de plume de Joseph Hillstrom King né en 72 à Hermon dans le Maine... fils du grand Stephen King ! Eh oui, le fiston a hérité de son père la passion de la plume 🙂

Horns de Joe Hill, le pouvoir de ce roman ne nous laisse pas indifférent.

Je vous présente Joe Hill, il ressemble au papa on est d'accord non ? 😉
source

Niveau style j'ai vraiment trouvé Horns assez bon. Il a réussi à m'accrocher sans trop de difficultés. Le roman est divisé en cinquante chapitres qui sont répartis en cinq sections : Enfer, Cerise, Le Sermon de Feu, Le Réparateur et l'Evangile selon Mick et Keith.
Sachant que lorsque le roman commence, Merrin, la fiancée d'Ig, est déjà morte depuis un an, la narration est non linéaire sur une grande partie du roman pour nous offrir des flash-backs sur ce qu'il s'est passé et ainsi recoller les morceaux de l'histoire. Principe assez sympa que l'on retrouve dans beaucoup de romans et au cinéma. Ici cela marche assez bien. Toutefois, c'est à double tranchant !
Si cela aide au début pour commencer sur les chapeaux de roues avec Ig qui découvre ses cornes et teste ses pouvoirs - offrant de très bons moments, voir même de l'humour noir très jouissif - cela entraine un trou d'air au milieu du roman où il n'y a plus vraiment de nouveauté et de rebondissements. On se retrouve avec des chapitres peu intéressants sur le passé d'Ig, pas inintéressant non plus car c'est accès sur la relation de Ig et Merrin, mais ce n'est pas le meilleur passage, ce qui fait qu'il faut un peu s'accrocher au milieu du livre (500 pages quand même :p), puis cela redémarre doucement pour remonter bien haut et aboutir à une fin de qualité je vous rassure 😉
Pour moi cet aspect " trou d'air " à mi-parcours est le gros point faible de ce roman. Le mélange action présent et passé est mal dosé, ce qui fatigue :p A cela il faut bien ajouter quelques longueurs, et quelques descriptions un peu pompeuses, mais cela ne gêne pas non plus outre mesure la lecture et la qualité de l'histoire reste bien présente. On a envie de savoir le fin mot de l'histoire et ces petits points négatifs n'arrêtent pas notre avancée:)

Concernant l'histoire, Hill sait ce qu'il fait. Le début présente beaucoup d'humour noir car Ig découvre le pouvoir de ses cornes ce qui fait déballer son sac à tous les gens qu'ils croisent. Rapidement Hill parvient à mélanger un aspect roman noir avec des éléments fantastiques et quelques doses de romantisme. Jusqu'à la fin le seul élément vraiment fantastique ce sont les cornes, et c'est parfaitement intégrer dans le récit ce qui permet de rester à la fois dans un style réaliste mais aussi surnaturel. Mais avant toute chose, Horns est une histoire d'amour forte. Ig est particulièrement touchant dans sa recherche de l'assassin de la femme qu'il aime. On a une réelle empathie pour lui.
Le seul petit bémol est que l'on sait assez rapidement, environ à la moitié du livre, qui est caché derrière le meurtre de Merrin. Toutefois ce n'est pas un mal non plus. La suite du livre nous mène ainsi vers la sentence qu'appliquera Ig à l'assassin de sa fiancée.
Pour ce qui est des personnages, rien à redire. Aucun ne m'a gêné. Ig est touchant, troublant et finit même un peu diabolique 😉 Merrin est elle aussi très touchante, et tout deux nous offrent une relation forte et sincère qui est bien raconté et ne rentre pas dans le potache. Les personnages secondaires, Lee Tourneau (ami d'enfance d'Ig), Terrence Perrich (frére d'Ig), Dale Williams (pére de Merrin), Derrick Perrish (père d'Ig), Eric Hannity (ami d'enfance de Terry) ou encore le Père Moule, sont tous très intéressant et amène leur pierre à l'édifice. Ils ont tous une part à jouer et sont vraiment bien écrit.
Le méchant de l'histoire est lui aussi particulièrement bien écrit. Il se révèle au fur et à mesure du roman et se trouve être particulièrement dérangé :p Un bon méchant comme on les aimes 🙂
Hill a vraiment la patte pour dépeindre des personnages attachants.

Au cours de la lecture on sent que Hill rentre un peu dans l'analyse des mœurs des gens dans une société où l'on porte plus d'intérêt à l'image, néanmoins, Horns reste tout de même très accès sur l'histoire d'amour entre Ig et Merrin et la vengeance de ce dernier. Il traite aussi de l'image que l'on a du Diable. Au final n'aurions-nous pas une mauvaise idée de ce qu'est le Diable ? Ce n'est peut-être pas le méchant de l'histoire mais seulement un anti-héros. La fin laisse plus ou moins une partie d'interprétation personnelle, mais est-ce qu'au final le Diable n'aurait-il pas répondu aux prières d'Ig alors que Dieu ne l'aidait pas, lui donnant ses cornes et ainsi le moyen de trouver l'assassin de sa bien-aimée et rendre justice ? Ah Ah ! A vous de voir quand vous aurez lu le livre 😉
La fin, bien que métaphysique tout de même, reste très bien, bien ficelée, avec beaucoup de rebondissements et de retournements de situation.

Nommé au prix Bram Stoker du meilleur roman 2010 et au prix Elbakin.net du meilleur roman étranger 2012, Horns mérite ces éloges !
C'est un roman consistant (500 pages, je répète lol), qui n'est pas exempt de défauts - notamment une mauvaise gestion du mélange action passée et présente ce qui engendre un beau trou d'air au milieu du livre - mais qui au final passionne. Les personnages sont bien écrits, les idées sont originales et bien trouvées. On ne décroche pas quoi qu'il arrive car on veut savoir le fin mot de l'histoire, et ce qui est bien c'est que l'on n'est pas déçu à la fin, ça c'est génial !
Horns vaut un beau 15/20 ! Un très bon roman que je conseille. De plus pour ceux qui auraient peur du style horreur, ce n'est vraiment que très léger. Horns mérite d'être lu, et personnellement je vais continuer à suivre ce Joe Hill et découvrir ses autres œuvres car on sent que le sang d'un maître - ou devrais-je dire un King 😉 - coule dans ses veines !

Enjoy !
A bientôt,

Desmond Andrew Green

. Avant la sortie de Horns, Hill avait réalisé des prequels - ou premiers jet - de Horns sous la forme des histoires " The Fear Tree " et " The Surrealist's Glass ". Aucune idée si ces oeuvres peuvent être encore trouvée dans le commerce, mais elles sont sur ma liste de recherche 🙂
. Horns est adapté au cinéma en 2013 sous le titre Horns par Alexandre Aja, avec Daniel " Harry Potter " Radcliffe dans le rôle-titre. Personnellement je ne l'ai encore pas vu, mais il est sur ma liste. Est-ce que quelqu'un là vu ? Et si oui, vous en avez pensé quoi ?

PS3. Bien entendu, n'hésitez pas à liker, partager et commenter, je me ferais un plaisir de vous répondre 😉 (oui, je répond généralement en retard, mais je répond toujours 😀 )


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