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Identifier des actions suisses de qualité et les valoriser (6/6)

Publié le 27 juin 2017 par Chroom

L’ÉTAPE DE LA VALORISATION

Une fois que l'on a établi si l'on se trouve face à une entreprise de qualité, la dernière étape consiste à déterminer si le prix actuel de l'action est justifié par rapport à ses données fondamentales, ce qui se fait en comparant la VALORISATION de l'action par rapport à sa VALEUR INTRINSÈQUE.

Le but étant de ne pas surpayer grossièrement : « Price is what you pay, value what you get » résume Warren Buffett.

Je détermine un prix que j'estime correct et que suis prêt à payer: Je ne fais aucune prédiction, je ne dis pas que c'est le cours auquel l'action va s'échanger au cours des 12 prochains mois.

L'action Nestlé peut passer d'un PER de 25 à 15 en l'espace de quelques mois, non pas parce que cela correspond à sa valorisation correcte, mais uniquement parce que le marché est en mode correction et que l'humeur du public a radicalement changé.

De même, bien que l'action Geberit soit déjà trop chère avec un PER supérieur à 30, il n'est pas impossible que l'euphorie boursière actuelle continue et que son PER atteigne les 40.

En prenant garde de ne pas surpayer au moment de l’achat, on s’assure une certaine marge de sécurité (« margin of safety ») qui était si chère à Benjamin Graham.

Là aussi, afin de calculer la valorisation de l’action, je recommande de faire simple. Choisissez une seule variable et tenez-y vous ! Ce n’est pas si important si l'on utilise par exemple le PER (price to earnings ratio), le PBR (price to book ratio) ou le PSR (price to sales ratio).

J’utilise pour ma part le PER (price / earnings ratio), qui correspond au prix de l'action divisé par le bénéfice par action. Plus la qualité est élevée et la prévisibilité bonne, plus un PER élevé est justifié. Souvenez-vous de notre exemple avec EMS Chemie et Schaffner !

Pour ma part, je combine les 5 critères présentés précédemment entre eux avec mon petit algorithme maison (je ne peux quand même pas dévoiler tous mes secrets !), qui me dit p.ex. qu’EMS Chemie est actuellement surévaluée d’environ 10% (merci l’euphorie boursière actuelle), mais ce n’est rien par rapport à Schaffner qui est environ 30% trop chère.

Finalement, je nuancerai mon propos en disant qu’il ne faut pas non plus accorder trop d'importance au timing au risque de passer à côté d'une belle opportunité. Nestlé vaudra plus de 100 fr. dans quelques années et paiera d'ici là chaque année un dividende plus élevé que l'année précédente. De ce point de vue, l'acheter à 77 ou 81 ne fait finalement pas une telle différence.

LES ASPECTS PSYCHOLOGIQUES ET ÉMOTIONNELS

Une fois que vous êtes devenu l’heureux propriétaire d’une société de qualité, il faut être très patient, coller à ses positions gagnantes, ne pas vendre à la moindre correction (peur) ou après un petit gain qu'on veut s’empresser d’empocher (cupidité).

Charlie Munger le dit si poétiquement: « Investig is where you find a few great companies and then sit on your ass ».

Une stratégie buy and hold permet en outre de limiter les frais de courtage. Un autre problème lorsque l’on a vendu une action de grande qualité, c’est elle va peut-être continuer de monter et on ne pourra ou voudra plus jamais la racheter. Le train est parti sans vous !

Il ne faut pas oublier de réinvestir systématiquement ses bénéfices et ses dividendes, afin de créer un effet boule de neige. Mieux vaut laisser les intérêts composés travailler pour vous plutôt que de travailler pour les intérêts des autres!

Il faut essayer d’éviter de se laisser distraire par la surabondance d'informations dont nous bombardent les médias. S'intéresser à ce que font les entreprises qu'on possède plutôt qu'à ce que font les indices boursiers. Suivre l'évolution de ses dividendes plutôt que celle de ses titres. Apprendre à vivre avec l'incertitude, apprivoiser la volatilité. Accepter que le risque fait partie de la bourse comme de la vie. Avoir confiance en ses analyses et assumer les conséquences de ses décisions. Voir ses actions comme des participations dans des entreprises réelles plutôt que comme de simples pixels qui s’agitent sur un écran.

Investir dans des entreprises solides qui font des produits simples qu'elles vendront toujours dans 20 ans (compagnies traditionnelles, stables et matures) plutôt qu'essayer de dénicher la prochaine technologie qui révolutionnera le monde (en théorie, car en réalité vous ne dénicherez rien d'autre qu'une société qui dévastera votre compte en banque).

Bien diversifier son portefeuille d'actions, sauf si on s’appelle Warren Buffett.

A qualités égales, favoriser les actions à volatilité moindre (faible beta) et dont les « dividendes » sont exemptés d'impôts (p.ex. Cembra).

Rester fidèle aux gagnants et se séparer rapidement des perdants. La plupart des investisseurs font exactement le contraire, ce que Peter Lynch appelait si justement « couper les fleurs et arroser les mauvaises herbes ».


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