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23ème Festival d’Arts Plastiques du Carla Bayle | Galerie du Philosophe

Publié le 30 juin 2017 par Philippe Cadu @ContempodeLArt

Du 8 juillet au 3 septembre 2017, - Vernissage

https://la-rue-des-arts.blogspot.fr

A la Galerie du Philosophe, sur le Lac du Carla-Bayle, au Carré d'Art et à la cavité du Cruzet

Laurent Millet, Véronique Matteudi,
Anaïs Lelièvre, Pierre-Louis Boudra

La nature à l'ouvrage

Pour cette nouvelle édition du festival, Rue des Arts poursuit sa mission de promotion de l'art contemporain en milieu rural en proposant une thématique très présente dans le paysage ariégeois: celle de la Nature transformée par l'homme. La Nature telle qu'elle nous apparaît aujourd'hui n'a rien de " naturel ", elle est le résultat de l'action de l'homme, de son ouvrage. Mais s'intéresser à la Nature n'est-il pas une autre manière d'approcher les hommes en tant que " partes naturae ", non comme sujet hors le monde, mais comme des êtres s'inscrivant dans le monde par l'activité même qu'ils y déploient.

Ce rapport entre l'homme et la nature est interrogé à travers différents médiums, que cela soit par l'utilisation d'éléments naturels comme matériaux de l'œuvre, une nature imaginaire, ou encore la nature saisie par la photographie après sa transformation par une action humaine.
La Galerie du Philosophe ouvre ses portes à Laurent Millet, qui nous propose des séries photographiques déployant constructions architecturales dans des espaces naturels extérieurs. Le carré d'Art est investi par les installations-sculptures de lianes de Véronique Matteudi complétées par une installation de dessins. La Cavité du Cruzet présente les sphères de Pierre-Louis Boudra. Anaïs Lelièvre déploie sur le lac du Carla-Bayle ses signes flottants d'un langage sans cesse en devenir.
Bernard Roy - Président de Rue des Arts-, Sonia Cotte

Ce festival d'arts plastiques n'existerait pas sans le soutien de la Municipalité du Carla-Bayle, celui du Conseil Départemental d'Ariège, et celui de l'Agence Service Civique. Nous saluons le travail des artistes et des actifs du Carla-Bayle, qui œuvrent pour en faire un site d'art et de culture dynamique et foisonnant. Nous remercions particulièrement cette année les artistes invités par l'association Rue des Arts, Anaïs Lelièvre, Véronique Matteudi, Laurent Millet et Pierre-Louis Boudra, ainsi que le Musée de la Chasse et de la Nature et la Galerie Particulière pour les prêts d'œuvres exposées cet été

Anaïs LELIEVRE

- Lac du Carla-Bayle - L'artiste occupe le lac du Carla avec une installation in situ de 1300 images numériques en forme de lettres, imprimées sur bâche, contrecollées sur liège brun, ancrées par des poids en béton (moulés dans des pots) attachés par des ficelles, formant des mots de manière aléatoire.
Des lettres, bribes de mots inconnus, émergent et flottent sur le Lac Carla-Baye. Ils ne paraissent pas comme tels au premier abord, mais plutôt comme des organismes flottant, indéterminés et désorganisés, entre faune ou flore, rouge chair ou rose fleur, tétards ou pétales, éclat de lave ou émergence de corail, ouverts à une multiplicité d'évocations. Entre passé et devenir, destruction et reconstitution, ces signes éparpillés, ne permettent aucune lisibilité, mais suscitent un processus de langage, par lequel on cherche ses mots. Ce texte en train de se défaire ou de se former, reste incertain, inachevé, et dit dans ce suspens sourd quelque chose d'une expérience de l'indicible. L'écriture, plutôt que définitive, devient ici dynamique, selon les flux de l'eau et de l'imaginaire, ouvrant des possibles sans les énoncer. Aussi, sa présence est-elle elle-même indéfinie, entre sculpture, texte, dessin à l'échelle d'un site, et traversée d'évocations multiples, dont aucune ne saurait lui correspondre exactement.
Anaïs Lelièvre

Véronique MATTEUDI

- Carré d'Art -Véronique Matteudi parle le " langage des lianes ", lianes avec lesquelles elle sculpte ses Protoformes. L'opposition entre l'évocation organique des formes et la texture rêche du bois (lisse de loin, rugueuse de près) s'accompagne de l'opposition entre plein et creux.
Ainsi, elle souhaite instaurer une nouvelle lisibilité de la nature, lecture dictée par les formes qu'elle évoque, sans jamais les figer dans une représentation concrète. Que l'on y voie un nid, ou un œuf, un organe ou bien encore une cabane, la Protoforme interroge par sa demi-transparence, ses plis et ses creux, composée d'un enchevêtrement.
Elle aime citer Paul Klee: " L'homme est nature, morceau de nature dans la nature ".
Sa peinture présente des troncs d'arbres et des embranchements sur des bandes verticales de tissu, peintes au brou de noix (pigment naturel extrait de l'écorce de la noix. )
Sonia Cotte

Enroulé dans ses ligaments
On dort, on veille en même temps
On sommeille profond comme ça éveillé
A la surface aussi tous les récepteurs sensoriels font merveille.
Véronique Matteudi

Laurent MILLET

- Galerie du Philosophe : Laurent Millet se consacre à la photographie depuis le début des années 1990. Son travail, essentiellement photographique, produisant une mise en scène d'objets s'ancrant dans un univers aux décors changeants, fait interagir lieux (paysages naturels ou atelier), architectures et fragments du monde. Ici, la nature est représentée entre eau, forêt, terre et ciel. Il compose des assemblages " hybrides d'objets traditionnels, scientifiques, architecturaux, aussi bien que d'œuvres d'artistes dont il affectionne le travail. " Dans La séduction des apparences, article dédié au travail de Laurent Millet, Julie Cheminaud écrit donc " Les œuvres de Laurent Millet suggèrent ce charme inhérent aux apparences, mais la création transfigure la fragilité des constructions. "

Sa délicatesse invoque les mobiles de Calder, son art de la composition remémore les cabanes de Nils Udo, nous invitant à une respiration dans notre quotidien. Il porte le regard sur la construction de son propre monde. Via des œuvres architecturales et géométriques qui structurent le paysage pour en apporter une lecture nouvelle, il " nous fait croire à des mondes qui ne sont qu'à lui ".
Par ailleurs, ses constructions questionnent l'image, sa construction, son statut, mais aussi " son histoire, sa place, les phénomènes physiques qui s'y rattachent et ses modes d'apparition. "
Sonia Cotte

Pierre-Louis BOUDRA

- La Cavité du Cruzet - Promenons-nous ... est un ensemble de sculptures, un témoignage de l'épaisseur et de la densité de la matière, de la délicatesse des lignes du bois, de la chaleur des lignes structurant les troncs, des coups portés par la nature aux écorces, mais aussi du temps qui passe par le bois qui se fendille.
Quelque part, elles sont l'opposé total des Protoformes de Véronique Matteudi, un complément dense de forme définie et de matériau tangible.
Son travail, s'il réfère immédiatement à Jean-Luc Parant et ses fameuses " boules " peut être également rapproché des amoureux du bois tels que Giuseppe Penone, membre du groupe de l'Arte Povera dans les années 70, qui s'emploie à sculpter et à excaver des arbres.
"Dans les bois, pour faire du feu, la tronçonneuse en main, les copeaux rouges de l'orme ont décidé et voilà des boules de toutes les essences : chêne, platane ... de la plus petite d'environ 40 centimètres de diamètre aux plus grosses 200 kilogrammes, peut-être 40 spécimens.
Pendant 30 ans Pierre-Louis roule ses billes de bois au hasard des rencontres et de ses envies."
Pierre-Louis Boudra

Ouvert week-end et semaine (du lundi au dimanche), de 14h à 19h
Association Rue des Arts, Galerie du Philosophe 09130 Carla Bayle
http://contactruedesarts.wix.com/rue-des-arts
https://www.facebook.com/ruedesarts

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