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La saga du Tour de France

Publié le 01 juillet 2017 par Teamvivia56

Le Tour est né en 1903. Sa popularité a augmenté au fil des décennies grâce aux médias. S'il a contribué à faire vendre des exemplaires du journal L'Auto au début du XXème siècle, la radio puis la télévision l'ont promu au rang de feuilleton populaire tout aussi passionnant que les écrits de Dumas, Zévaco et autres spécialistes des rebondissements.

D'ailleurs chaque année, le tour offre son lot de surprises. Défaillances, incidents de course, pièges (bordures, chutes au mauvais moment, incidents techniques...), exploits, déjouent les pronostics et écrivent un scénario qui échappe aux spécialistes. Les auteurs de fiction affirment parfois que les personnages leur échappent et mènent l'histoire à leur gré en s'éloignant du schéma imaginé par leurs créateurs. Les rois de la route appliquent ce principe. Des personnages secondaires tentent de jouer les premiers rôles. D'anciens rois quittent la scène prématurément, des obstacles imprévus surgissent, la météo s'invite à l'écriture du script, des journalistes s'efforcent de dicter au public le choix du bon et du méchant (comme en matière de politique et d'affaires judiciaires). Tout le monde ne gagne pas. Nous ne sommes pas à L'école des fans au temps de Jacques Martin. L'épreuve honore tout de même plusieurs vainqueurs, le maillot jaune, le maillot vert, le maillot à pois, le maillot blanc ainsi que le premier de chaque étape. De nombreux coureurs s'inscrivent au Tableau d'honneur de la Grande boucle.

Une ambiance de fête, des véhicules originaux qui assuraient la promotion des marques d'apéritifs et autres produits de grande consommation. Puis les coureurs arrivaient. Je les ai vus passer en peloton, très vite, plus que je l'avais imaginé à l'époque. Beaucoup plus que moi quand un de mes copains, plus âgé, m'apprenait à rouler avec son vélo de grand et que je m'efforçais de me montrer digne de son amitié. Un peloton qui roule produit un bruit mécanique particulier. Rien à voir avec les vrombissements de voitures de course, mais un son particulier, mécanique, mélange des frottements des chaînes, engrenages, pneus. Une atmosphère qui rappelle que le Tour est un sport de haut niveau, une affaire de géants et de forçats.

De nos jours, les spectateurs continuent à se déchaîner autour des candidats à la victoire. Les commentaires très durs que je lis parfois sur les réseaux sociaux au sujet de certains candidats à la victoire m'incitent à penser qu'ils doivent correspondre au soutien forcené d'un autre coureur... Pour ma part, je suis moins intéressé par le classement général aujourd'hui. Je préfère cependant voir Froome l'emporter qu'un type dont des journalistes parlent tout le temps - même quand il ne court pas - mais qui a déjà été convaincu de dopage. Je ne suis que vaguement l'évolution du général depuis qu'Andy Schleck a arrêté la compétition. Avant, les victoires d'Indurain m'ont fait plaisir. Puis j'ai vivement souhaité voir Richard Virenque et Jan Ullrich en jaune sur les Champs. Je ne revendique pas l'objectivité. Il m'est arrivé d'éteindre la télévision avant la remise du maillot jaune à un coureur (un seul et il n'est pas américain).

Du suspense, de l'angoisse, des personnages dotés de caractères forts, parfois quelques tricheurs, autant dire tous les ingrédients d'une recette de roman. L'édition 2017 offrira certainement l'occasion à des auteurs de promouvoir leurs romans ou récits. Tant mieux ! Un écrivain met beaucoup de lui dans ses livres. La rencontre entre le lecteur et l'histoire racontée relève d'éléments subjectifs. La magie opère toujours auprès de certains lecteurs. Une satisfaction intense chez celui qui raconte et chez celui qui tourne les pages avec un mélange de bonheur et d'angoisse d'atteindre la fin. Je me rappelle un livre découvert quand j'avais onze ou douze ans. Trois collégiens d'une même classe rêvaient de gagner la Grande boucle. Les années passaient. Ils arrivaient tous à y participer. Naturellement, deux se révélaient gentils et restaient de grands amis tandis que le troisième jouait le rôle du méchant sans scrupule qui attaquait quand d'autres connaissaient un incident mécanique, provoquait des chutes lors des sprints, se conduisait en voyou. Le cadre de la fiction jeunesse publiée par un éditeur honorable se terminait logiquement par l'exclusion du méchant et la victoire d'un des gentils.

Bien qu'animés par le souci de booster les ventes plus que par leurs souvenirs, les communicants qui travaillent avec les constructeurs automobiles associent également des story-tellling à la Grande boucle. Ce fut souvent le cas de Peugeot. J'écrirais volontiers une fiction " publicitaire " intégrant course cycliste et automobile. Par exemple une histoire vintage avec un gentleman driver d'hier évoquant le passé d'un marque automobile présente au Tour de France. J'ai déjà envisagé l'idée (cf ). J'ai travaillé le personnage pressenti dans des nouvelles illustrées avant, peut-être, de le développer en BD si un dessinateur se joint au projet (cf

Récemment, c'est un autre tour, le Tour de France automobile, inspiré du tour cycliste, qui a excité ma plume, ou plutôt mon clavier ainsi que les objectifs de mes appareils photographiques : 1)

Permettez-moi, chers lecteurs, de conclure cette note par un appel au respect des cyclistes. Ces derniers mois, trop de cyclistes ont été renversés par des conducteurs peu attentifs ou indifférents à ceux qui roulent sans carrosserie protectrice. N'oublions jamais qu'une chute peut provoquer des conséquences graves. Le cycliste qu'un automobiliste renverse pourrait être votre champion préféré au cours d'un entraînement, le fils de vos meilleurs amis. Sans doute un inconnu, penserez-vous. Et alors ? Cette personne a sa vie, des parents et des proches qui l'aiment. Qui qu'elle soit, elle mérite de rentrer chez elle en bonne santé après sa promenade à vélo. Respectez la, faites attention à elle. Vous ne roulez peut-être plus jamais à vélo. Mais si vous êtes au volant d'une voiture, d'un camping-car ou d'un véhicule utilitaire aujourd'hui, c'est un peu parce que quand vous étiez un enfant qui faisait du vélo auprès de chez lui, des adultes qui se sentaient à l'abri dans leur auto ou leur camion ont fait attention à vous.


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