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Ce qu’il ne faudrait jamais avoir lu, ni édité par Marie

Par Anneju71 @LesMotordus

Hello mes tordus,

Aujourd’hui, je laisse la parole à Marie que je remercie car je kiffe cet article !


Ce qu’il ne faudrait jamais avoir lu, ni édité par Marie

Ce qu’il ne faudrait jamais avoir lu, ni édité – Un exemple

Rayon « polar si mal écrit que je préfère encore lire Guillaume Musso à vie – non je déconne ! mais c’est pour souligner à quel point c’est mauvais »

Dans le désordre, on y trouve : pyromane, religion, enquête, krav maga, drogue, sexe (interdit au moins de 8 ans et demi), jeune fille en détresse, flic pourri, ange gardien, canicule, pc qui rame, voyous, journaliste, vomi, enfant de la lune etc…

« Écrit sans doute par un écolier… qui se gargarise de mots dont il régurgite des souvenirs mal assimilés. » Ce lecteur qui a partagé son avis sur Amazon m’ôte littéralement les mots de la bouche car c’est exactement ce que je voulais dire.

Passons sur l’histoire qui ne m’a pas emballée outre mesure (une jeune fille sauvée-du-viol-in-extremis-par-un-héros-qui-s’enfuit-sans-recueillir-les-lauriers mène l’enquête pour le retrouver, en tandem avec un jeune journaliste au chômage), c’est purement affaire de goût et attachons-nous simplement à l’écriture.

Je dois dire que j’ai rarement lu un texte aussi mauvais. La syntaxe, le style, la ponctuation… Ce pourrait être un catalogue d’écueils à éviter si vous vous targuez de pondre votre roman (mais vraiment rendez service aux lecteurs et réfléchissez bien avant de rejoindre la cohorte d’auteurs amateurs de polars mal écrits).

Cela démarre chapitre 2 (enfin ça démarre avant mais c’est moins visible) : « Pourtant, il ne pouvait se soustraire à l’éliminer définitivement de sa vie ». (se résigner, c’est le verbe qui convient parfaitement à ma lecture : quand ça commence comme ça, je me résigne à lire la suite).

Chapitre 5 : « Un rictus caressa les traits du séminariste (…) » (qui devient diacre au cours de la conversation mais vu la pénurie de curés, peut-être est-ce en discutant avec une jeune fille en détresse qu’on est ordonné).

Chapitre 7 : « Des souvenirs qu’il essayait de reléguer au plus profond de son cerveau refluaient dans chacun de ses actes, une abeille entêtante qui ne cessait de bourdonner à ses oreilles malgré ses frappes répétées afin de l’écraser » (je pensais envoyer un mot à sauvonslesabeilles.com).

Sautons quelques chapitres parce que je suis sympa, je ne vais pas tout vous infliger…

Chapitre 21 : « Impuissant, il régurgite une bile noire et nauséabonde qui coule (…) La déjection ne le soulage pas et renforce au contraire son mal-être. » Il devrait vite aller à l’hôpital pour montrer cette intéressante anomalie de vomir de la bile du cul.

Troisième partie, chapitre 9 : « Louise fut prise d’un frisson et eut un haut-le-coeur de dégoût (…) ». Il était important de décrire cette nausée parce qu’on aurait pu confondre avec un mouvement de joie, c’est vrai qu’ils le font dans la Cité de la Peur.

Bis repetita ad nauseam

Et même dans les remerciements (oui je lis TOUT) : « Dieu sait la fébrilité que je ressens lorsque j’appose la phrase finale de chaque livre » (Ce doit être une sacrée délectation que d’apposer des phrases).

Comme l’a souligné le lecteur amazonien, il faut connaître la définition des mots avant de se précipiter sur synonymo.fr.

Les fautes, les coquilles (« Francis Holmes » – au lieu de Heaulme – aura provoqué une réaction en chaîne : incompréhension, stupéfaction, esclaffement, dédain), les majuscules dont apparemment l’auteur ne connaît pas l’emploi, pas plus que la ponctuation, utilisée au petit bonheur la chance, tout cela concourt à nous infliger un texte médiocre.

Il est aisé de pardonner un texte incertain dont l’histoire nous transporte ; a contrario, une écriture précise, enlevée ou sophistiquée peut soutenir une histoire plus faible ; la force d’un message nous fait oublier la mauvaise qualité littéraire. Mais las, rien de tout cela…

Dans une interview accordée au Régional – hebdo de Salon-de-Provence, l’auteur dit être « perfectionniste » (le genre de défaut qui fait bien dans un CV), que « le talent ne fait pas tout » (modeste avec ça) et avoir suivi un master 2 de lettres modernes (on soulignera « suivi »). On pourra lui conseiller de lire encore plus (c’est un « gros lecteur ») mais de la bonne littérature, un dictionnaire à portée de main surtout.

Le quotidien La Provence l’a titré « un thriller magistral ». L’actu devait être particulièrement faible ce jour-là, à moins que le rédacteur de l’article n’ait pas lu le roman ou n’ait jamais lu de thrillers, voire jamais lu tout court.

Quant aux rares commentaires de lecteurs glanés sur le net, « bien écrit » revient si souvent que je suppute que ces gens ont été payés ou qu’ils sont de la famille de l’auteur.

Trouverais-je quelque chose de positif à dire de ce roman ? Eh bien, la dose de fantastique est relativement homéopathique, la fin est assez soignée, ce qui est plutôt rare dans le genre. Le petit twist final est intéressant, même sans beaucoup de surprise pour les lecteurs chevronnés.

Il va falloir travailler monsieur l’auteur, travailler d’arrache-pied pour enrichir votre vocabulaire, pour apprendre les règles de grammaire, syntaxe et ponctuation, pour donner de l’épaisseur aux personnages, surtout les secondaires qui n’ont aucune consistance.

Si vous êtes pris du besoin irrépressible de connaître le titre de ce roman, allez donc là leslibraires.fr


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