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[Critique] ARMY OF ONE

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] ARMY OF ONE

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Titre original : Army Of One

Note:

★
★
★
★
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Larry Charles
Distribution : Nicolas Cage, Russell Brand, Wendi McLendon-Covey, Rainn Wilson, Denis O’Hare, Paul Scheer, Will Sasso…
Genre : Drame/Comédie/Adaptation
Date de sortie : 1er juillet 2017 (Netflix)

Le Pitch :
Gary Faulkner, un employé de chantier au chômage fantasque, reçoit un jour la visite de Jésus en personne, alors qu’il s’apprête à entamer sa séance de dialyse. Le fils de Dieu qui lui demande de se rendre au Pakistan pour capturer et ramener aux États-Unis Osama bin Laden. Très irrité par l’inefficacité du gouvernement Bush, Gary accepte avec plaisir cette mission à haut risque et décide de se rendre par ses propres moyens sur place, armé d’un simple sabre. Histoire vraie…

La Critique de Army Of One :

Difficile de dire que l’histoire d’Army Of One est complètement débile vu qu’elle est vraie. Gary Faulkner existe bel et bien et oui, il est parti au Pakistan après avoir affirmé en avoir reçu l’ordre de Jésus lui-même. Un personnage qui à l’époque, fit la une des journaux américains, sans aucune expérience de militaire, mais dont la mission mit néanmoins sur les nerfs les services de renseignements de l’Oncle Sam, qui cherchèrent à mettre un terme à cette aventure totalement surréaliste. Un article a particulièrement attiré l’attention. Article qui amorça le projet d’adaptation au cinéma…

Army-Of-One-Russell-Brand

Army Of Cage

Plusieurs acteurs furent envisagés par la production pour camper Gary Faulkner, cet espèce de génial illuminé parti au Pakistan pour traquer Bin Laden. Un seul s’est imposé de lui-même très rapidement : Nicolas Cage. Qui d’autre que le neveu de Francis Ford Coppola pouvait parfaitement saisir la folie de Faulkner ? Personne. Pourquoi ? Parce que Cage n’a pas peur de dépasser les bornes. Il n’a jamais craint de pousser tous les compteurs dans le rouge pour aller chercher l’authenticité là où elle se trouvait, même lorsque comme ici, cela équivaut à se livrer à un numéro complètement borderline. Borderline mais absolument génial. D’autres auraient cabotiné, se seraient livrés à une succession de manigances théâtrales ridicules. Cage lui, fait du Cage et c’est exactement ce qu’il fallait à Gary Faulkner et à son film. La fureur et la bienveillance du comédien vont merveilleusement bien à Faulkner. Quelque chose que l’on apprécie tout particulièrement quand on garde à l’esprit que le personnage est vraiment comme ça dans la vraie vie. Un type avec sa propre perception bien exacerbée du patriotisme, victime de brimades, mais jamais douteux vis à vis du bien-fondé de ses idées et de son engagement. Le parallèle avec le Nicolas Cage de 2017 est évident. Oui, Cage tourne beaucoup et oui pas mal de ses films récents lui ont servi à éponger ses dettes et ne sont donc pas le fruit d’un désir de nécessairement briller dans des chefs-d’œuvre, mais non, Army Of One n’en fait pas partie. Army Of One se situe dans le haut du panier des performances de Nic Cage, qu’on se le dise.

Rock the Casbah

Réalisé par Larry Charles, l’homme de Borat, Army Of One est une aventure complètement azimutée qui tient globalement toutes ses promesses. Se reposant quasi-exclusivement sur la performance de Cage, le réalisateur rompu aux numéros de ce genre (il a travaillé avec Sacha Baron Cohen, ça aide) lui laisse toute l’ampleur nécessaire et orchestre sa mission, en plusieurs étapes sans oublier de ne pas en faire un simple cinglé. Il souligne la volonté de Cage de conférer une certaine bienveillance aux actes de Faulkner et dessine en filigrane une réflexion sur l’Amérique de l’après 11 septembre, mais aussi sur ces laissés pour compte du rêve américain. Pas besoin de se pencher des heures sur Army Of One pour saisir ses nobles velléités dont l’impact contribue à en faire bien plus qu’une simple comédie, par ailleurs très drôle. En soi, tout spécialement grâce à sa faculté à bien exploiter son remarquable postulat, le film est assez unique en son genre. Il parle aussi du rapport à la spiritualité des États-Unis, d’ambition et d’amour, avec un tact aussi pertinent que la hargne dont fait preuve Nicolas Cage quand il s’agit de rendre justice à la quête spirituelle du protagoniste principal. Certes un peu maladroit, Army Of One ne démérite pourtant jamais et s’applique à faire les choses correctement, au point de proposer quelques beaux morceaux de bravoure pas piqués des vers. On ne s’ennuie jamais, c’est totalement fou, furieusement drôle, atypique et buriné.

En Bref…
Army Of One tient toutes les promesses de son génial pitch. Soutenu par un Nicolas Cage parfaitement à sa place dans les pompes d’un doux-dingue auquel il fait don de sa propre folie, le film est davantage qu’une simple comédie sur un illuminé qui s’est lancé à la poursuite de l’ennemi public numéro un de l’Amérique. Il raconte le traumatisme post-11 septembre, dissèque un certain patriotisme, qu’il tourne en dérision et propose un spectacle plein de caractère et d’audace.
Et sinon, on a dit que Nicolas Cage est ici absolument fantastique ?

@ Gilles Rolland

Army-Of-One-Nicolas-Cage
   Crédits photos : Splendid Film GmbH


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