Magazine Cinéma

[Critique série] L’Exorciste – Saison 1

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique série] L’Exorciste – Saison 1

Partager la publication "[Critique série] L’Exorciste – Saison 1"

Titre original : The Exorcist

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : États-Unis
Créateur : Jeremy Slater
Réalisateurs : Rupert Wyatt, Michael Nankin, Craig Zisk, Jason Ensler, Jennifer Phang, Tinge Krishnan, Louis Milito, Bill Johnson.
Distribution : Geena Davis, Ben Daniels, Alfonso Herrera, Brianne Howey, Hannah Kasulka, Alan Ruck, Kurt Egyiawan…
Genre : Horreur/Épouvante/Adaptation
Diffusion en France : Série Club
Nombre d’épisodes : 10

Le Pitch :
Depuis peu installée à Chicago, la famille Rance ne tarde pas à faire face à une série de phénomènes étranges. Angela, la mère, est persuadée qu’un démon en veut à sa fille aînée et fait part de ses craintes à un jeune prêtre. Ce dernier décide d’enquêter et prend vite conscience qu’une menace d’envergure plane en effet au dessus du foyer d’Angela. Il se rapproche alors du Père Marcus, un célèbre exorciste…

La Critique de la saison 1 de L’Exorciste :

Adapter un film culte en série peut paraître confortable. Pas besoin de se creuser la cervelle trop longtemps pour pondre une histoire qui tient la route et pour trouver des personnages… Les avantages sont nombreux, mais les risques aussi. Car forcément, une telle adaptation encourage les comparaisons. Comparaisons très rarement à l’avantage de la série, sauf quand on parle d’œuvres exigeantes comme Fargo bien sûr, qui sont par ailleurs plutôt rares. En cela, refaire L’Exorciste, le chef-d’œuvre de William Friedkin adapté du roman de William Peter Blatty, pouvait, sur le papier, relever de l’hérésie pure et simple. D’une part parce qu’aucune des suites n’avaient réussi à ne serait-ce qu’approcher la force évocatrice du premier volet et d’autre part car rien ici ne laissait présager une quelconque légitimité. Et pourtant…

the-Exorcist-Geena-Davis

La maison des damnés

Comment parler de la série, louer ses qualités et convaincre du bien-fondé de sa démarche sans déflorer un tant soi peu son intrigue ? Car L’Exorciste sait contourner les problématiques les plus importantes que son postulat amène pour s’imposer au final comme une authentique bonne surprise. Ce qui était loin d’être gagné.
Il y a d’abord cette ouverture. Ce premier épisode réalisé par Rupert Wyatt (La Planète des Singes : Les Origines) qui fait montre d’une radicalité assez bienvenue compte tenu du sujet et semble affirmer que la série ne sera pas édulcorée par rapport au film. Une mise en bouche assez « catchy » mais très conventionnelle, qui va même jusqu’à reprendre le thème de Mike Oldfield pour définitivement raccrocher les wagons avec le monument de Friedkin, qui n’a par ailleurs absolument rien à voir là-dedans. Le schéma est à peu près le même : une jeune fille est la victime d’une possession démoniaque, sa famille, aisée, cherche de l’aide auprès d’un jeune prêtre, qui lui-même se tourne vers un vieux de la vieille. Ne cherchez pas l’originalité, elle est aux abonnés absents. Ce qui ne signifie pas que le spectacle n’ait pas une certaine prestance. Filmée avec soin, cette introduction parvient à instaurer une peur prégnante, notamment quand elle ose l’horreur frontale et n’a jamais peur d’assumer totalement le caractère assez hardcore (toutes proportions gardées) de son postulat. On peut aussi saluer les acteurs, tous très bons, qui participent à la bonne impression que laisse ce premier épisode. Des comédiens investis qui vont d’ailleurs tirer vers le haut la série quand celle-ci accusera par la suite quelques coups de mou. Geena Davis, qu’on est d’ailleurs bien contents de retrouver, l’intense Ben Daniels (vu dans Flesh and Bone en professeur de danse dictatorial) et Brianne Howey et Hannah Kasulka, qui incarnent les deux jeunes filles, dont l’une (on ne dira pas laquelle) a la lourde tâche de passer après Linda Blair et de livrer sa propre version de la possédée…

Sur le fil du rasoir

Tout du long, pendant 10 épisodes, L’Exorciste évolue sur un fil tendu et impose une audace et une prestance certaines. Et tant pis si parfois, elle se rapproche vraiment trop de son modèle pour ne pas subir son écrasante influence ou si elle commet quelques petites fautes de goût pour tenter de trop prendre à revers son audience. Tant pis, car au fond, ça fonctionne et cette première salve d’épisodes de parvenir à remplir la mission que s’est fixé le showrunner Jeremy Slater.
Il faut aussi reconnaître en cette belle montée en puissance un vrai désir de ne pas faire de sur place, quitte à prendre quelques risques. L’Exorciste ne se cantonne pas, à contrario du film, à la chambre où se joue le destin de l’âme d’une pauvre adolescente, mais elle s’aventure à l’extérieur, organisant l’infiltration du mal dans les rouages de l’Église, à travers une poignée de séquences censées inscrire le récit dans un tableau plus vaste et annoncer de prochaines saisons. On se rapproche ainsi de films comme ceux de la trilogie de La Malédiction, avec cette volonté de parler politique en détournant les codes du film d’horreur pour tenter de s’inscrire dans un contexte actuel brûlant, mais aussi de traiter de la foi et de ce combat vieux comme le monde du bien contre le mal.
Alors oui en effet, L’Exorciste surprend plutôt deux fois qu’une. Il faut parfois s’accrocher mais cela vaut le détour, d’autant plus que le twist, qui intervient à mi-parcours, est particulièrement bien troussé et traduit un vrai désir de respecter l’origine de la saga, sans trop de cynisme. Avec déférence, la série réussit sa mission, un peu bancale mais toujours en mouvement, efficace et honnête.

L'exorciste-saison1

En Bref…
La première saison de L’Exorciste fait office de bonne surprise. Alors qu’il n’y avait pas de raisons particulières d’attendre quoi que ce soit, la série fait le maximum pour gagner sa légitimité et y parvient finalement sans trop tomber dans l’excès, mais en réservant quelques séquences très réussies, qui marquent favorablement. Bien sûr, on est encore loin de la puissance évocatrice du chef-d’œuvre de Friedkin mais il faut reconnaître à la série de vraies qualités ainsi qu’une réelle capacité à instaurer la peur, qu’elle mixe avec une émotion qui sait se faire de plus en plus prégnante au fil des épisodes, pour au final contribuer à la bonne prestance de l’ensemble.

@ Gilles Rolland

The-Exorcist-Saison-1-cast
  Crédits photos : FOX


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Onrembobine 57561 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines