Barry Christianson: The young woman in the foreground is the soon-to-be-crowned Junior Spring Queen at the world’s largest fashion show and beauty pageant for workers in the industry and their children. Cape Town, South Africa. @thesestreetsza
Photographe de rue, Barry Christianson a le regard braqué sur Cape Town où il vit. Depuis 2011, il s’attache à partager et documenter les tranches de vie de ses habitants. L’exercice photographie l’amène à se questionner ; sa vision s’affute, devient plus critique. Que dire, que montrer quand le contexte de l’Afrique du Sud a favorisé une iconographie qui reflète encore des préjugés coloniaux ? La représentation des townships étant la partie la plus visible.
Il était tout naturel de retrouver Barry Christianson, parmi les photographes qui alimentent le compte Instagram Everyday Africa. « Combattre les clichés, rester loin du sensationnalisme et plus proche du familier » est l’objectif de ce projet photographique rappelle Peter DiCampo, photographe et co-fondateur du compte. Cet Américain et son acolyte, Austin Merrill, se sont installés respectivement au Ghana et en Côte d’Ivoire pour des volontariats auprès de Peace corps. A force de décrypter la notion de développement international, ils se questionnent sur les représentations.
L’expérience Everyday Africa est lancée en 2012, en invitant des photographes actifs sur le continent à montrer à quoi ressemblent les espaces qu’ils expérimentent au quotidien. En cinq ans, ils ont réussi à fédérer une communauté de plus de 350.000 fans sur Instagram, avec plus de 3.800 photos éditées.
Une première publication vient de paraître « EverydayAfrica : 30 photographersre-picturing a continent ». On y retrouve notamment les images de Nana Kofi Acquah, Andrew Esiebo, Malin Fezehai, Glenna Gordon, Jane Hahn, Mahmoud Khattab, Lindsay Mackenzie, Austin Merrill, Ley Uwera.
D’où vient la popularité de l’Afrique en images ? Une problématique à questionner. Une certitude, les concepts #Everyday, #peoplestories sur les réseaux sociaux abondent et inspirent.
Texts by Maaza Mengiste, Stephen Mayes, Nana Kofi Acquah, Austin Merrill, Peter DiCampo
Designed by Teun van der Heijden
Hardcover, 16,5 x 19,2 cm
440 pages, 267 color ills / English
ISBN 978-3-86828-731-8
Euro 38 / GBP 32.00 / US$ 40.00
L’ouvrage est en commande : www.amazon.com/Everyday-Africa-Photographers-…/…/ref=sr_1_1…
Museum of the Revolution de Guy Tillim Instruments de Ismaïl Bahri Bilad es Sudan de Claude Iverné Egyptians de Nabil Boutros Stranger in Moscou de Arteh Odjidja in “Dandy Lion” Diary : Exile de Abdo Shanan Flying Girls de Peju Alatise Black Dolls de Mirtho Linguet Steve Schapiro Fantômes de la Mer de Bruce Clarke Innocent de Wahib Chehata RCA de William Daniels Mimi Cherono Ng’ok Endabeni de Mohau Modisakeng La dernière carte de Warren Saré Mater de Arilès de Tizi Bread of Life de Adel Abidin Regla de Nicola Lo Calzo Malaïka Dotou Sankofa de Laeïla Adjovi et Loïc Hoquet BBoy Yaya par Siaka Soppo TRAORE Mercedes Island par Fethi Sahraoui Souvenirs du FESTAC 77 par Marilyn Nance Haïti par Corentin Fohlen
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Museum of the Revolution de Guy Tillim
Le photographe sud-africain Guy Tillim a été désigné lauréat du prix Fondation Henri Cartier-Bresson 2017 pour son projet Museum of the Revolution. Le Prix HCB est une aide à la création. Son objectif ? Permettre à un photographe de réaliser ou poursuivre un projet, le plus souvent dans une sensibilité proche du documentaire. Né en 1962 à Johannesburg, Guy Tillim est une figure majeure de la photographie de presse en Afrique. Au début de sa carrière, il effectue des missions chez Reuters entre 1986 et 1988, ainsi qu’à l’Agence France Presse de 1993 à 1994. Son travail s’éloigne de la commande de presse, il est alors remarqué dans de nombreux évènements photographiques prestigieux en Europe, et notamment Africa Remix à Beaubourg en 2004, PhotoEspaña en 2005 et Dokumenta XII à Kassel en 2007. Suivront de nombreuses expositions en solo. Guy Tillim photographie les rues de Johannesburg (Jo’burg. Johannesburg: Filigranes Éditions & STE (2005) et Joburg: Points of View, Punctum Press & Stevenson (2014)), Maputo, Lunada, Harare, Libreville, Addis Ababa et Nairobi. Il projette désormais de photographier les rues de Dakar, Accra, Kampala et Lagos afin de compléter et documenter ces paysages urbains situés au sein des capitales africaines. Inévitablement, les paradoxes et les contradictions des années coloniales et postcoloniales sont visibles. Cela se perçoit dans l’œil du photographe, dans le choix des rues et des avenues, celles aménagées par la grandeur du pouvoir colonial, puis rebaptisées par l’indépendance. À Maputo, sur l’Avenida 24 Julho, il existe une institution appelée le Musée de la Révolution. L’avenue a été ainsi nommée juste après que la ville de Lourenço Marques devienne la capitale du Mozambique, le 24 juillet 1875. Tillim construit progressivement sa propre muséographie urbaine et continentale. -
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Instruments de Ismaïl Bahri
« L’instrument est cet organe externe qui permet de rendre « hyper-sensible ». Il convoque quelque chose de l’affect et des sens. J’ai l’impression que c’est à cet endroit que quelque chose aussi travaille : comment avoir recours aux choses familières qui nous entourent – que ça soit un morceau de papier, de l’encre, de l’eau ou un morceau de tissu – pour en faire les intercesseurs sensibles à ce qui les entoure ? » [1] Cette définition toute personnelle du plasticien Ismaïl Bahri guide son travail au long-court. Une sélection de ses principaux travaux, à laquelle s’ajoutent deux nouvelles œuvres (Sondes et Esquisse, pour E. Dekyndt), est à voir jusqu’au 24 septembre au Jeu de Paume, à Paris. Cet ensemble de huit œuvres vidéo restitue des opérations éphémères menées par l’artiste en intérieur ou en extérieur, le plus souvent réalisées à Tunis, sa ville natale. Des œuvres où l’élémentaire côtoie la durée, l’échelle, la transformation, la visibilité se joue de l’invisibilité, le mystère et sa résolution. Désormais reconnu dans le milieu de l’art contemporain, Ismaïl Bahri a déjà fait l’objet de plusieurs expositions personnelles (les Églises, Centre d’art contemporain de la ville de Chelles, l’Espace Khiasma aux Lilas, la Galerie Selma Feriani à Tunis), mais aussi d’expositions collectives (Soulèvements en 2016 déjà au Jeu de Paume, les Rencontres de Bamako en 2015 et 2016, la Biennale Sharjah en 2013 et 2017…). A voir : Instruments de Ismaïl Bahri jusqu’au 24 septembre au Jeu de Paume, Paris 8e. Légende :Ismaïl Bahri,Revers, 2017, série de vidéos HD 16/9, son stéréo, durées variables. Production du Jeu de Paume 1. Carnet d’artiste tenu par Ismaïl Bahri sur Le Magazine en ligne du Jeu de Paume. -
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Bilad es Sudan de Claude Iverné
La Fondation Henri Cartier-Bresson (Paris 14e) présente, jusqu’au 30 juillet, l’exposition Bilad es Sudan de Claude Iverné, lauréat du Prix HSBC 2015. En 1998, ce photographe part sur les traces d’une piste transsaharienne empruntée par les caravanes, qui traverse le territoire soudanais : Darb al Arba’ïn, La piste des Quarante. Jusqu’en 2011, il multiplie les séjours pour s’imprégner du pays, de ses habitants et de ses paysages. Il y a, dans cette approche, une tentative de documenter ce territoire complexe aujourd’hui divisé en deux États distincts en utilisant la photographie bien sûr, mais aussi le son et la vidéo. Dans le cadre du Prix HSBC 2015, Iverné a souhaité poursuivre son projet au Soudan du Sud. Il a tenté d’en esquisser les traits historiques, d’en tracer les contours contemporains, jusqu’à suivre le quotidien de réfugiés soudanais, dans le sud de la France. Cette étape marque l’apparition de clichés en couleurs, une manière de s’attacher à la situation actuelle au Soudan du Sud en déplaçant le traitement photographique.
L’exposition Bilad es Sudan rassemble plus de cent tirages, vidéos, documents et objets, la somme donne une belle « esquisse » de cet immense travail.
A voir : Claude Iverné, Bilad es Sudan jusqu’au 30 juillet à La Fondation Cartier-Bresson, Paris 14e. Et à la Fondation Aperture à New-York du 15 septembre au 9 novembre 2017.
Légende : L1000125. Chantier / Quartier Hai Jalaba / Juba / 2015 © Claude Iverné – Elnour -
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Egyptians de Nabil Boutros
Le Festival Image Afrique, pour sa 6e édition, du 9 juin au 2 juillet, dans les rues de Bâle et de Liestal (Suisse), met en avant le travail de Nabil Boutros. Sa série Egyptians débutée en 2010 se compose de 24 images où les symboles vestimentaires sont revisités dans chaque autoportrait. « Le point de départ était un agacement des symboles vestimentaires qui se veulent moralisateurs. C’est un travail sur l’identité avec ses ambiguïtés : une personne est-elle une entité permanente ? Changer de look correspond-il à un changement de facette ou s’agit-il de communication, un message adressé à son entourage ? J’ai servi de modèle à ces photos, qui sont tout sauf des autoportraits. Poser moi-même comme modèle est une manière d’affirmer que c’est moi qui tient ce discours. » explique l’artiste visuel, lors d’une interview donnée à Afrique in visu en janvier 2011.
Né au Caire, Nabil Boutros a longtemps porté son regard artistique sur son pays l’Égypte mais aussi le Moyen-Orient. Il documente les rituels et le quotidien des Coptes chrétiens d’Égypte, de l’Islam et de la musique populaire, travaille sur les bédouins de Jordanie et le rapport des hommes aux hammams à Sanaa, au Yémen. Des travaux qui s’exposent à l’international. Touché par les changements récents survenant en Égypte, son regard glisse vers une ironie critique de la société égyptienne. En France, Egyptians a été montrée en 2015 durant la première Biennale des photographes du monde arabe contemporain.
Le Festival Image Afrique se décline aussi en ateliers, lectures, projections et propose une expérience de réalité augmentée. Les passants pourront scanner les panneaux publicitaires du centre-ville de Bâle à l’aide de leurs smartphones et visualiser les photos du projet, présenté sur Instagram, Everyday Africa. Un regard photographique actuel et divers. A voir également l’exposition des cinq lauréats 2017 du Prix CAP pour la Photographie Africaine Contemporaine. Les gagnants seront désignés le 9 juin. 25 photographes sont dans la course dont Heba Khalifa, Francis Kokoroko, Tsoku Maela, Fethi Sahraoui, Abdo Shanan, Laila Hida, Rahima Gambo.
A voir : Egyptians de Nabil Boutros, du 10 au 24 juin 2017, Voltaplatz à Bâle (Suisse) dans le cadre du Festival Image Afrique.
Légende:Egyptian V. from Egyptians, 2010–2011 © Nabil Boutros -
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Stranger in Moscou de Arteh Odjidja in “Dandy Lion”
Costumes sophistiqués, motifs éblouissants, accessoires de grandes marques, les rebelles du style – en un mot les « dandys »- sont au centre des préoccupations de la curatrice et chercheuse américaine spécialisée dans les esthétiques diasporiques : Shantrelle P. Lewis. Elle s’intéresse plus précisément au dandysme noir originaire des contre-cultures de l’Angleterre esclavagiste. Ces contre-cultures se sont propagées dans le monde entier via différents courants, tels que le hip-hop. L’ouvrage Dandy Lion, formidable compilation, célèbre les personnalités dandy à travers les époques, les mouvements, les stylistes et tailleurs. Une riche iconographie qui met à l’honneur les photographes du monde entier : Hassan Hajjaj, la touche pop art « colorfoul », signe la couverture, Omar Victor Diop avec sa série fashion ALT+SHIFT+EGO, Baudoin Muanda et ses célèbres Sapeurs de Bacongo ou encore Arteh Odjidja. Ce dernier, photographe de mode et directeur artistique basé à Londres, est lui-même un dandy. Sa série Stranger in Moscou met en scène un homme, à son image, qui semble se perdre, aussi bien que se fondre dans les rues de la capitale Russe.
Les mondes afro-dandystes n’ont jamais été aussi bien documentés, une bible.
À lire : Dandy Lion: The Black Dandy and Street Style by Shantrelle P. Lewis / 173 pages / 140 black-and-white and four-color images Hardcover / 978-1-59711-389-2 / Aperture, May 2017. -
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Diary : Exile de Abdo Shanan
L’Algérie photographiée par sa jeunesse, voilà le fil rouge de l’exposition Ikbal / Arrivées pensée par le commissaire et lui-même photographe, Bruno Boudjellal. Présentée au MAMA, le Musée public national d’art moderne & contemporain d’Alger, jusqu’au 13 juillet, l’exposition a vocation à être présentée à Paris dans le cadre de la deuxième Biennale des Photographes du Monde Arabe Contemporain à la Cité Internationale des Arts du 12 septembre au 4 novembre.
L’exploration de son pays d’origine, l’Algérie, entre carnet de voyage et témoignages, c’est ainsi que Bruno Boudjellal a débuté son cheminement photographique. Ikbal / Arrivées serait presque un leitmotiv pour prolonger la réflexion auprès de la relève. Il a sélectionné vingt photographes, femmes et hommes, originaires de différentes régions d’Algérie et continuant d’y vivre. Ils ont majoritairement entre 20 et 30 ans : « Les sujets dont ils parlent sont multiples. Ils vont du regard sur le social (les chômeurs, les migrants), la ville, le monde rural, à ceux plus intimes ou poétiques de la prière, de la mémoire à un être cher disparu voir des esprits », précise le commissaire d’exposition.
Parmi les centaines de clichés exposés, on retrouve notamment des photos de Youcef Krache, Fethi Sahraoui, Atef Berredjem, Ahmed Badredine, Sonia Merabet ou encore Abdo Shanan. Ce dernier membre du Collectif 220 (sept jeunes photographes algériens qui se sont réunis pour justement confronter leurs regards sur leur pays) est cité par le New-York Times comme l’avant-garde des photographes africains. La série sélectionnée Diary:Exile a été montrée en 2016 au Addis Fotofest. « La société doit se régénérer à travers les rêves de ceux qui ont le courage de franchir les limites, les lignes rouges et les interdits », nous dit, en images, Abdo Shanan. Une photographie en noir et blanc prise sur le vif. Des instants de vie qui composent de nouveaux journaux intimes tel les Chroniques algériennes d’un retour (1993-2003) les premières séries de Bruno Boudjellal.
A voir : L’exposition Ikbal / Arrivées présentée jusqu’au 13 juillet, au MAMA à Alger. -
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Flying Girls de Peju Alatise
IVA ARTE VIVA. Pour la 57ème Biennale de Venise, le Nigéria intègre cet évènement de dimension internationale de l’art contemporain. Pour cette première, trois artistes contemporains composent ce Pavillon : Victor Ehikhamenor, Peju Alatise et Qudus Onikeku. Le thème qui les rassemble : « How About NOW? » Une interrogation formulée au présent qui aborde les notions de temps et d’identité. Ils ont répondu chacun d’une manière singulière à cette interpellation « NOW » ; une gamme des possibles qui englobe les idéologies du nouveau, du moderne, du contemporain sans oublier le postcolonial.
Peju Alatise, artiste pluridisciplinaire, également poétesse et écrivaine, s’intéresse particulièrement aux questions sociales, politique et de genre. Son œuvre Flying Girls, installation sculpturale, représente huit jeunes filles grandeur nature formant un cercle. Leurs grandes ailes d’ange, se confondent à la nuée d’oiseaux qui tourne au-dessus d’elles. Peju Alatise base ce travail sur un de ses textes qui raconte l’histoire d’une fillette de dix ans. Celle-ci travaille comme femme de ménage à Lagos tout en rêvant d’un royaume où elle serait libre, où elle n’appartiendrait qu’à elle-même et où elle pourrait voler. Peju Alatise s’attaque, ici, par l’écriture et la sculpture, à l’injustice du présent, à travers une vision d’un avenir imaginaire plus sûr.
A voir : La 57ème Biennale de Venise 2017 se tient du 13 mai au 26 novembre, www.labiennale.org. -
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Black Dolls de Mirtho Linguet
De plus en plus de photographes proposent un regard contemporain sur les représentations de l’esclavage et de la traite négrière. Au-delà de la commémoration des victimes de ce passé, il s’agit d’écrire et de documenter ce pan douloureux de l’histoire. La loi Taubira de mai 2001 portant sur la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité, a permis d’ouvrir en France des chantiers en ce sens. Depuis il y a notamment eu l’ouverture du Mémorial de l’abolition de l’esclavage à Nantes et du Mémorial ACTe en Guadeloupe. Souvenons-nous aussi, en 2009, de l’exposition Kréyol Factory au Parc de la Villette (Paris 19e). Ce parcours d’art contemporain interrogeait l’histoire des peuples caribéens faite de traversées, de dérives, de migrations. Une proposition qui réveillait les consciences du grand public et mettait un focus sur les forces créatrices d’artistes.
Dans cette continuité Impressions mémorielles donne à voir, au Musée de l’Homme à Paris, dix regards de photographes internationaux. Céline Anaya Gautier, José Bassit, Adolphe Catan (1899-1979), Robert Charlotte, David Damoison, Claudio Edinger, Mirtho Linguet, Fabrice Monteiro, Samuel Nja Kwa et Véronique Vial nous proposent une figuration de cette mémoire individuelle et collective. L’Histoire est projetée, exorcisée dans le but de démystifier et d’instruire, l’image comme la parole deviennent source d’apaisement.
Avec la série Black Dolls le photographe guyanais Mirtho Linguet s’inspire du poème Limbé tiré du recueil Pigments névralgies de Léon Gontran Damas pour parler de la représentation. « Dans ma série Poupées Noires dont le teint sombre est exagéré je parle de légitimé retrouvée (ce n’est pas un truc / gadget ni une curiosité comme c’est souvent le cas pour les artistes occidentaux), cela me permet d’appuyer mon propos qui n’est pas d’ordre racial mais c’est un fait, or ce teint sert encore apparemment de justificatif à la différence, je parle de la couleur qui ne doit pas servir de ferment à l’injustice, c’est une manifestation de mon “cri”. » confit le photographe en 2013 à Clelia Coussonnet dans le cadre de la première édition BIAC Martinique.
A voir : Impressions mémorielles au Musée de l’Homme à Paris du 10 mai (jour commémoratif en Métropole de l’abolition de l’esclavage) au 10 juillet 2017. L’exposition est accompagnée d’une riche programmation de lectures, projections et débats. -
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Steve Schapiro
Avec The Fire Next Time, publié en 1963, l’auteur afro-américain James Baldwin (1924-1987) explore avec franchise et pertinence les relations interraciales. Amour, foi et famille s’entrelacent pour témoigner de ce que signifie être noir dans l’Amérique des années 1960. Un combat par le verbe.
Steve Schapiro, quant à lui, va témoigner de cette période par l’image. Cette légende du photoreportage des années 1960 sillonne le Sud américain avec James Baldwin pour le magazine Life. Cette rencontre a plongé Schapiro au cœur du mouvement pour les droits civiques, et lui a permis de prendre des clichés décisifs, souvent emblématiques, de ses leaders — dont Martin Luther King, Rosa Parks, Fred Shuttlesworth et Jerome Smith — et d’événements marquants comme la Marche sur Washington et la Marche de Selma.
Aujourd’hui, la prose toujours pertinente de James Baldwin est rééditée aux éditions Taschen en impression typographique avec une centaine de clichés signés Steve Schapiro. L’ouvrage est complété par les anecdotes précieuses du photographe et par une nouvelle introduction de la grande figure des droits civiques, aujourd’hui membre du Congrès américain, John Lewis. Les mots claquent, les images parlent.
Un écho puissant au documentaire I Am Not Your Negro de Raoul Peck qui, lui, a choisi de mettre en image un composite des textes de Baldwin, et notamment Remember this House. I Am Not Your Negro sort dans les salles françaises ce 10 mai et The Fire Next Time. Photographs by Steve Schapiro est déjà disponible.
À se procurer : James Baldwin. The Fire Next Time. Photographs by Steve Schapiro / James Baldwin, Steve Schapiro, John Lewis, Gloria Karefa-Smart, Marcia Davis / Volume relié sous coffret, texte reproduit en impression typographique en relief, avec deux papiers différents et encarts, 24 x 34 cm, 272 pages, publication en anglais, 200€ / ISBN 978-3-8365-5103-8 / www.taschen.com
Légende : United States Representative John Lewis, then chairman of the Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC), in Clarksdale, May 1963. Congressman Lewis has written an original introduction to this edition of The Fire Next Time. © 2017 Steve Schapiro – Taschen -
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Fantômes de la Mer de Bruce Clarke
Fantômes de la Mer est un hommage du plasticien international Bruce Clarke aux réfugiés économiques et politiques victimes du trafic humain transméditerranéen. La figuration des personnes perdues en mer semble la seule manière de les rendre présentes à nous, dans un monde qui les a confinés à une existence en marge ou les a nié dans leur existence singulière.
Bruce Clarke poursuit le débat sur la question des « invisibles » de la vie moderne, un débat qui s’inscrit dans une réflexion longue sur les angles morts de l’Histoire contemporaine, premièrement celle de l’apartheid en Afrique du Sud puis du génocide des Tutsi au Rwanda.
Des débats qu’il sait porter au-delà les frontières, en effet, les douze Fantômes de la Mer ont pour vocation à entamer un voyage : en Afrique de l’Ouest (Dakar, Nouakchott ) et du Nord (Tanger) mais aussi en Europe du Sud (Malte, Sicile, Lampedusa, Lesbos)… Afin de porter cette présence au monde, là où elle est fuite et disparition. Que chacun-e puisse se dire : « Oui, maintenant, je sais que les fantômes existent. ».
Les portraits sont en escale du 29 avril au 1e mai dans le cadre de l’exposition BLUES au Relais de l’Espadon à Gorée au Sénégal, lieu hautement symbolique. Dans le cadre de la 11ème édition de Gorée regard sur cours Creative Intelligence propose donc deux regards artistiques portés sur la migration celui de Bruce Clarke en résonance avec le photographe Siaka Soppo Traoré qui expose une série inédite, dont la source d’inspiration reste les danses hip hop.
A voir : BLUES du 29 avril au 1e mai, au Relais de l’Espadon sur l’Ile de Gorée au Sénégal dans le cadre de Gorée regard sur cours. -
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Innocent de Wahib Chehata
Vous avez encore quelques jours, jusqu’au 28 avril, pour profiter du programme multidisciplinaire Afrique en capitale soit plus de 36 évènements culturels organisés dans 18 lieux de la ville de Rabat.
Direction le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain qui accueille plusieurs expositions photographiques. Hommage célèbre le travail de l’incontournable Malik Sidibé, surnommé “L’œil de Bamako” à côté des travaux intitulés Les musiciens de la transe et Les Marocains signés par deux jeunes artistes, aujourd’hui décédés, Othmane Dilami et Leila Alaoui.
Le Musée Mohammed VI dévoile également les travaux de Wahib Chehata, photographe français d’origine tunisienne, et Kouka Ntadi, peintre congolo-français. Leur exposition Présence Commune, est le fruit d’une résidence effectuée à Marrakech en juin 2016.
Editeur, réalisateur, directeur artistique, Wahib Chehata décline l’image sous toutes les formes. Passionné de dessin et de peinture il compose ses photographies comme un tableau. Avec l’œuvre Innocent Chehata reprend les clairs-obscurs de l’école caravagesque et les scènes de la Renaissance italienne. Ses personnages sont ici des mendiants des rues de Bamako qu’il met en scène et en lumière devant un drap noir.
L’artiste estime que l’art doit poser les bases d’interrogations intéressant le genre humain. Il cherche ainsi à inventer une nouvelle mythologie reconstruite à partir de références communes. Il en ressort des œuvres souvent antagonistes qui associent le vice à la vertu, l’aube créatrice au fracas de l’apocalypse.
A voir : jusqu’au 28 avril, L’Afrique en capitale au Musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain à Rabat. -
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RCA de William Daniels
Entre 2013 et 2016 le photographe français William Daniels s’est rendu une dizaine de fois en République Centrafricaine, pour y documenter un pays sombrant dans la guerre civile : " Avant son indépendance déjà, la Centrafrique, alors appelée Oubangui-Chari, était la colonie « poubelle » de la France. Celle où l’on envoyait les plus mauvais administrateurs. Celle où certaines entreprises avaient recours au travail forcé pour exploiter les ressources. Car le pays est riche : son sol fertile, ses minerais et ses forêts devraient permettre à la population l’accès à un niveau de vie décent. Il n’en est rien. Les mauvaises gouvernances d’une administration fantôme, la corruption, les crises à répétition, le pillage ont installé ce trou noir des cartes à la deuxième place des États les plus pauvres du monde. Des milices armées maintiennent un climat d’insécurité permanente. L’impunité est totale et la jeunesse centrafricaine, désœuvrée, constitue un réservoir inépuisable de chair à canon. C’est l’histoire d’un pays en sursis", explique le photographe.
Avec ce travail au long-court William Daniels obtient en 2014 le Visa d’or humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge au Festival international de photojournalisme de Perpignan. Parmi ses reconnaissances internationales figurent également un World Press et 3 Picture of the year ainsi que plusieurs nominations notamment pour la bourse Eugène Smith, le prix de l’Académie des Beaux-Arts dont il a été finaliste en 2011, ou encore en 2012 le Visa d’or News du Festival de Perpignan avec sa couverture de la chute de Tripoli. S’il travaille régulièrement en commande pour la presse, des ONG et des institutions internationales, avec la publication de RCA aux Éditions Clémentine de la Féronnière, le travail de William Daniels bascule vers une écriture du sensible des conflits et tiraillements que traverse la Centrafrique.
A se procurer : RCA – République Centrafricaine de William Daniels aux Editions Clémentine de la Féronnière / 11 avril 2017 / 19.3 x 25 cm / 104 pages / 56 images quadri /Bilingue anglais-français / 36 €.
A voir : Exposition RCA et dédicace par William Daniels de son ouvrage le 12 avril, dès 19h, Le 61, 3 Rue de l’Oise, Paris 19e. -
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Mimi Cherono Ng’ok
Afriques Capitales, vers le cap de Bonne-Espérance, le deuxième chapitre de l’exposition d’Afriques Capitales (présentée à la Villette à Paris dans le cadre du festival 100% Afriques) s’ouvre à la gare Saint-Sauveur de Lille ce 6 avril et jusqu’au 3 septembre.
Lille ville carrefour de l’Europe a inspiré au commissaire Simon Njami ce cheminement : « Les plus beaux voyages sont ceux qui peuplent notre enfance. Les sons, les odeurs, les couleurs, tout est dépaysement. C’est à ce voyage-là que je songe. Je m’imagine cingler, toutes voiles dehors, depuis Lille jusqu’au Cap de Bonne-Espérance. La destination, à vrai dire, importe peu. Seule me motive cette espérance contenue dans le nom de cette ville d’Afrique du Sud, aux confins du continent. »
Une trentaine d’artistes contemporains dessinent des tracés poétiques, politiques, artistiques. On y retrouve la photographe Mimi Cherono Ng’ok. Diplômée en arts plastiques en 2006 à l’Université de Cape Town sa première série documente la vie d’immigrants africains vivants en Afrique du Sud. En 2011, Cherono a reçu le premier prix à Photo Afrique de Tarifa pour sa photographie L’Autoportrait.
Avec son retour à Nairobi, sa ville natale, sa pratique devient plus sensible à son environnement. Une manière de se retrouver dans une conversation avec son quotidien, ses errances, ses quêtes. Depuis son travail a été montré aussi bien à la Biennale de Dakar (2016 et 2014), au 1:54 de Londres (2015), aux Rencontres de Bamako (2015).
A voir : Afriques Capitales, vers le cap de bonne-espérance du 6 avril au 3 septembre de à la gare Saint-Sauveur à Lille www.garesaintsauveur.com. -
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Endabeni de Mohau Modisakeng
Les arts africains sont les invités d’Art Paris Art Fair du 30 mars au 2 avril au Grand Palais. Un focus confié à la commissaire d’exposition Marie-Ann Yemsi que l’on retrouvera au commissariat artistique de la 11e édition des Rencontres de Bamako en décembre 2017.
Une dizaine de galeries venues du continent africain sont représentées cette année : Loft Art Gallery de Casablanca, A.Gorgi Contemporary Art de Sidi Bou Saïd, la Galerie El Marsa de Tunis basée également à Dubaï, Afronova et Whatiftheworld Gallery de Johannesburg, Art Twenty One de Lagos, Afriart Gallery de Kampala, Galerie MAM de Douala, Atiss Gallery de Dakar, ELA -Espaço Arte Luanda, la Fondation Donwahi et la Galerie Cécile Fakhoury d’Abidjan. Sans compter les nombreuses galeries parisiennes et londoniennes qui complètent ce rassemblement, montrant toute la diversité de l’art contemporain africain. De quoi mettre l’accent sur une génération talentueuse d’artistes dont en bonnes places Billie Zangewa, Garethy Nyandoro, Moffat Takadiwa, Mario Macilau, Bili Bidjocka, Mohau Modisakeng…. Ce dernier représenté par la galerie Whatiftheworld utilise l’autoportrait qu’il décline en photographies mais aussi en installations vidéo et performances. En utilisant la mise en scène du corps, Mohau Modisakeng puise dans sa mémoire personnelle pour sonder les effets de la violence aussi bien physique que symbolique sur le corps noir. Des images puissantes qui révèlent l’impact de l’histoire sur l’inconscient collectif, dans le contexte postcolonial et post-apartheid de l’Afrique du Sud, son pays.
Avec la série Endabeni, Mohau Modisakeng se penche sur l’héritage du colonialisme et son effet sur les sociétés post-indépendantistes en Afrique. Ses images ne représentent jamais une violence directe, mais portent les poignants marqueurs d’une mémoire collective, celles des ségrégués, des exploités, des colonisés.
A voir : Art Paris Art Fair du 30 mars au 2 avril au Grand Palais, Paris 8e, www.artparis.com / Les œuvres de Mohau Modisakeng sont exposées par la galerie Whatiftheworld à voir également la vidéo To Move Mountains projetée dans la programmation vidéo "Les territoires du corps". -
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La dernière carte de Warren Saré
Le festival Emoi Photographique revient à Angoulême avec une cinquième édition consacrée à « l’Histoire et les petites histoires ». Une thématique qui se décline en une vingtaine d’expositions. Seront notamment présents les photographes Warren Saré (Burkina Faso), Louis Oke-Agbo (Bénin), Arnaud Makalou et Baudouin Mouanda (République du Congo).
Avec La dernière carte Warren Saré partage un long travail de reconstitution, un regard émouvant sur les anciens combattants burkinabés et béninois ayant combattus sous le drapeau français durant la deuxième guerre mondiale. Photographe autodidacte depuis plus de trente ans, il se sert de son art pour éveiller les consciences. Il s’est spécialisé dans le reportage.
A voir : La dernière carte de Warren Saré du 25 au 30 mars au Musée d’Angoulême dans le cadre du festival Emoi Photographique qui se déroule dans toute la ville. www.emoiphotographique.fr -
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Mater de Arilès de Tizi
Arilès de Tizi présente en ce mois de mars, l’exposition Mater à la basilique de Saint-Denis.
L’artiste : Autodidacte, Arilès de Tizi travaille dans la publicité avant de se consacrer pleinement à la création. Il signe ses premières expositions en 2013. Peinture, dessin et photographie sont ses armes, au côté du graffiti. Son travail est emprunt des nuances de l’exil. Une trajectoire qu’il a du emprunter très jeune en rejoignant la France dans les années quatre-vingt-dix, lorsque la guerre civile éclate dans son pays, l’Algérie.
L’exposition : Pour rendre hommage aux mères de l’exil, Arilès de Tizi se réapproprie le thème de la Mater Dolorosa. Cette dramaturgie universelle de la figure maternelle devient le contrepoint pour célébrer les femmes qui, issues de milieux populaires, affrontent les affres de l’immigration. L’artiste s’éloigne de la représentation de la pleureuse et propose une interprétation réaliste et féministe. Face à l’exil, les mères résistantes se tiennent debout, elles sont Reines de France. « J’ai voulu représenter ces femmes comme je les ai connues ; ces mères qui étaient debout – Stabat Mater – ne pleuraient pas. Elles sont sans cris ni lamentations. »
Madones ou reines ? L’installation mêle les traces du profane et du sacré, de l’ici et de l’ailleurs, jusqu’à l’identité plurielle de ces femmes. Il se noue dans la Basilique, lieu de symbole, une histoire partagée, une communauté de destin.
A voir : Du 17 mars au 30 juin. Au sein de la basilique et dans la halle du marché de la ville de Saint-Denis (93). http://mater-project.com -
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Bread of Life de Adel Abidin
Les Clash enregistrent Rock the Casbah en 1982, suite à l’interdiction par l’Ayatollah Khomeini d’écouter du rock en Iran. C’est depuis un hymne joyeux à la fraternité, notamment avec la reprise de Rachid Taha. L’Institut des Cultures d’Islam s’en inspire pour une saison artistique et musicale. L’exposition Rock the Kasbah questionne les effets de la musique et du son sur le corps, les consciences et les âmes à travers les œuvres de Adel Abidin, Philippe Chancel, Hiwa K, Katia Kameli, Jompet Kuswidananto, Christian Marclay, Angelica Mesiti, Magdi Mostafa, Sarah Ouhaddou, Siaka Soppo Traoré, James Webb. Avec Bread of Life, le plasticien et vidéaste Adel Abidin s’attache à un symbole de l’alimentation, largement partagé à travers le monde : le pain. Fort d’humour et d’ironie, il devient instrument de musique. L’œuvre serait née dans un restaurant du Caire, le pain servi aurait été si dur que Adel Abidin le trouva plus approprié à jouer de la musique « Il faisait un son agréable ». Quatre percussionnistes sont réquisitionnés, d’avantages spécialisés pour accompagner les danses du ventre dans les cabarets, ils se transforment en batteurs de pains, source de musique, source de vie.
Né en 1973 à Bagdad (Irak), Adel Abidin vit et travaille à Helsinki (Finlande). L’humour, la satire, la parodie sont au centre de son langage artistique. Le spectateur n’est jamais ménagé. Expositions en solo ou collectives, ses œuvres voyages en Thaïlande, au Canada, à Dubaï en Finlande… ou deviennent des acquisitions muséales. En 2011, Adel Abidin représente l’Irak avec cinq autres plasticiens à la Biennale de Venise. Une première pour le pays après trente-cinq ans d’absence.
À voir : Rock the Kasbah jusqu’au 30 juillet à l’Institut des Cultures d’Islam (ICI Goutte d’Or et ICI Léon) Paris 18e. www.institut-cultures-islam.org/rock-the-kasbah/ -
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Regla de Nicola Lo Calzo
Nicola Lo Calzo travaille sur les concepts d'identité, de minorité et de contre-pouvoir. Son regard photographique s’attarde sur les stratégies de survie et de résistance de groupes racialisés ou ethnicisés, de groupes marginalisés que ce soit par la classe, le genre, ou l'orientation sexuelle. Au long court, Nicola Lo Calzo documente aussi les multiples descendances et les manifestations diverses des mémoires de l’esclavage colonial : « Je documente ces mémoires parce qu’elles font œuvre de vie, parce qu’elles irriguent notre présent de savoirs et d’une connaissance de l’autre qui nous est essentielle. » Une quête qui l’a amené d’Afrique de l’Ouest, à Port au Prince, en passant par la Guadeloupe et ses mornes, par la Nouvelle Orléans et ses quartiers délaissés, par les rives du fleuve Maroni, et par les faubourgs de Santiago de Cuba. Après trois premières publications Obia (Kehrer), Inside Niger (Kehrer) et Morgante/ (Alinari), Nicola Lo Calzo prépare un quatrième ouvrage Regla. Un livre photographique sur la part secrète de Cuba, un regard inédit sur la culture et l'identité afro-cubaine : « A travers quatre différents voyages entre 2015 et 2016, j'ai pu raconter et photographier l’existence d’espaces de liberté et de résistance qui sont définis par des pratiques et des relations au monde issues des communautés afro-cubaines descendantes des esclaves et qui s’incarnent autant dans les sociétés secrètes et les confréries séculaires que dans le jeune mouvement urbain des raperos ».
Pour que cette publication mémorielle et sensible soit éditée, le photographe lance un appel à un financement participatif : www.kisskissbankbank.com/regla-cuba
Légende : Mercedes Lugones Marin, responsable actuelle du Cabildo de Los Congos Reales de San Antonio, fondé à Trinidad en 1856.Le Cabildo de Los Congos Reales, avec celui de Santa Barbara, celui de Santa Teresa et le Cabildo San Lazaro constituent les dernières institutions à Trinidad, héritières des cabildos de nacion du XIX siécle, les confréries de noirs institutionnalisés sous le régime coloniale. Trinidad 2015. © Nicola Lo Calzo / L’agence à paris -
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Malaïka Dotou Sankofa de Laeïla Adjovi et Loïc Hoquet
Art Africa Fair débute ce 24 février 2017 à Cape Town en Afrique du Sud. Une première pour cette foire d’art contemporain où les commissaires sont les influenceurs et découvreurs de talents au même titre que les galeristes. Salimata Diop, Uche Okpa-Iroha, Pierre-Christophe Gam, Thembinkosi Goniwe et Ruzy Rusike vont nous offrir un regard vibrant sur les voix émergentes ou établies des artistes africains et de la diaspora !
La commissaire Salimata Diop à travers la sélection « Bright young things » a choisi de mettre en avant les talents des jeunes artistes dont la photographe franco-béninoise Laeïla Adjovi. Adepte d’une photographie documentaire et sociale, Laeïla Adjovi navigue entre les cultures (elle a grandi dans plusieurs pays) et entre les mondes (elle a documenté notamment les squats, les habitats précaires). Elle se tourne désormais vers la photographie artistique. Avec le photographe et réalisateur Loïc Hoquet ils ont transformé les ruines d’un tribunal en un laboratoire d’expérimentation pour y faire naitre une créature imaginaire : Malaïka Dotou Sankofa. Protéiforme, cette créature se divise en « malaaka » (wolof) ou « malaïka » (swahili) signifiant « ange », en « dotou » (fon) qui peut se traduire par « rester fort, déterminé » et en Sankofa (du symbole ghanéen Adinkra), cet oiseau messager évoque l’importance d’apprendre du passé en empruntant les voies de la connaissance.
La série Malaïka Dotou Sankofa ne manquera pas de voyager dans de nombreux événements, les photographies de Laeïla Adjovi sont à découvrir jusqu’au 5 mars durant Art Africa Fair.
Plus d’infos : https://artafricafair.com/
Légende : Malaïka Dotou Sankofa / Dakar, Senegal, 2016 /Colour print on Fine Art paper – Limited edition / 80×80 cm © Laeïla Adjovi/Loïc Hoquet -
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BBoy Yaya par Siaka Soppo TRAORE
L’exposition : Afin de rendre compte de la vitalité de la scène artistique dakaroise la galerie Out of Africa basée à Barcelone a choisi d’exposer les œuvres du photographe Siaka Soppo Traoré et le peintre Sébastien Bouchard. L’exposition Actual Africa est présentée jusqu’au 2 avril 2017.
Le photographe : En six ans d’expériences photographiques Siaka S. Traoré a basculé dans la cour des grands en multipliant les expositions chez les galeristes de Douala, de Dakar ou encore d’Abidjan. Autodidacte, il est perçu comme un des talents de la nouvelle vague des jeunes artistes africains. Ses œuvres ont été remarquées lors des deux dernières Biennales d’art africain contemporain de Dakar, côté in pour la 11e édition, et côté off pour la suivante avec pas moins de trois expositions qui lui étaient consacrées ! Une révélation à la scène internationale qui passe également par Paris via le festival Photoquai en 2015 et désormais par Barcelone.
C’est une certaine urgence de vivre, une envie de dire qui ressort du travail de Siaka S. Traoré. Ses séries dédiées à la danse hip-hop se jouent du mouvement. Les danseurs, pris sur le vif, deviennent des statues qui habillent les espaces urbains. Lui-même danseur, il sait instinctivement quand appuyer sur le déclencheur. Au Sénégal, les performances de rue ne sont pas toujours bien comprises, et encore moins reconnues. Les danseurs mènent un combat artistique quotidien.
Légende : Siaka Soppo TRAORE – « BBoy Yaya » – 2016 – 100cm H x 150cm L – 5 tirages max. – Diasec -
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Mercedes Island par Fethi Sahraoui
Début février, le PRIX SAIMA 2017 a été décerné au photographe autodidacte Fethi Sahraoui. Il réalise au Smartphone une photographie documentaire à caractère social dans la lignée du territoire d’inspiration visuel du « Collectif 220 » dont il fait partie. Son travail montre la vie quotidienne des camps sahraouis, situés à la frontière sud-ouest de l’Algérie. De cet archipel urbain en plein désert, où la présence de nombreux anciens modèles de Mercedes des années 1980 et 1990, il en retire une insularité spatiale et temporelle : Mercedes Island. Cette série en cours bénéficie désormais d’une bourse de création du Prix des Amis de l'IMA. Depuis 2016, le PRIX SAIMA promeut la création contemporaine dans les pays arabes. Il est réservé aux artistes arabes émergents dont le travail n’a pas encore fait l’objet d’expositions monographiques.
A voir prochainement : Mercedes Island , la série de photographies de Fethi Sahraoui sera révélée au public dans le cadre de la prochaine exposition de l’Institut du monde arabe : Trésors de l’Islam en Afrique. De Tombouctou à Zanzibar, à partir du 14 avril 2017. L’œuvre intègrera par la suite les collections de l’IMA. -
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Souvenirs du FESTAC 77 par Marilyn Nance
Janvier 1977, Marilyn Nance, est la photographe officielle de la délégation nord-américaine qui se rend au second Festival Mondial des Arts Nègres, rebaptisé en anglais World Black and African Festival of Arts and Culture (FESTAC). Après le festival de Dakar de 1966 (FESMAN), le FESTAC rassemble à Lagos 15 000 participants venus de plus de 70 pays. La capitale nigériane met alors à profit la récente manne pétrolière pour organiser en grande pompe cette édition. De cette expérience bouleversante, la jeune photographe âgée de vingt-trois ans constitue des archives uniques de plus de 1500 clichés. De retour à Brooklyn, elle photographiera des moments importants de l'histoire culturelle des Etats-Unis et de la diaspora africaine. On peut retrouver son travail au Smithsonian American Art Museum, au Schomburg Center for Research in Black Culture et à la Library of Congress, mais ses archives du FESTAC demeurent inédites, en attente d’exposition et de reconnaissance.
A lire : Souvenirs du FESTAC 77. Entretien de Fanny Robles avec Marilyn Nance
Légende : Représentant éthiopien ouvrant la marche des délégations lors de la cérémonie d’ouverture du FESTAC. Le prochain festival panafricain devait normalement avoir lieu en Éthiopie, présentée comme le “Pays Vedette” à Lagos © Marilyn Nance -
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Haïti par Corentin Fohlen
Travaillant en commande pour la presse (The New York Times, Libération, Polka Magazine, Le Monde, L’Obs, Causette, …) et après avoir couvert plus d’un an les conséquences du séisme de 2010 en Haïti, le reporter français Corentin Folhen décide de prendre du recul et oriente son travail vers des histoires plus longues, plus documentaires. « J’ai donc plongé dans les entrailles de cette île ». Depuis 2012 il y décrypte les conséquences de la mainmise internationale et des humanitaires, se joue de la classe dirigeante issue de l’élite mulâtre, plonge dans la culture vodou. « Tu as dévalé des kilomètres, avalé des vents contraires, car tu es en terre cuite de paradoxes. Dans cette grande marche, tu as dansé parmi la foule, capté rires et sourires, crypté clans, castes et classes sociales » ; « Tu es allé au cœur du marasme, tu as soulevé, ingénu, le voile des non-dits, touché le point G des ONG. Chapeau Fohlen, tu as réussi derrière ta caméra à cribler des militaires et des casques bleus, eux qui prennent refuge, se la coulent douce sur l’île qu’ils délimitent, périmètre par périmètre, en zone rouge, en quartier interlope de lune morte. » Seuls les mots du poète James Noël, en préface de l’ouvrage, peuvent résumer ce travail titanesque.
À se procurer : Haïti de Corentin Fohlen aux éditions Light Motiv, janvier 2017, 172 pages, 35€.
À voir :la série «Lumane Casimir» de Corentin Fohlen présentée durant CIRCULATION(S), le festival de la jeune photographie contemporaine, du 21 janvier au 5 mars 2017, au 104, Paris 19e. Légende : Port-au-Prince, 2 novembre 2015. Cérémonie des Guédés à l’occasion de la Fête des Morts. Un homme est possédé par son Loa (esprit vaudou), Ti Pis Lakwa © Corentin Fohlen