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Ecrivain du Monde

Publié le 09 septembre 2017 par Detoursdesmondes

Salomon-poteau-jack-londonMarseille. J'évoquais il y a peu la nouvelle exposition à la Vieille Charité : Jack London dans les mers du sud.
Une occasion pour les amateurs d'arts classiques océaniens de découvrir de beaux objets, collectés pour certains par Jack London, méconnus car conservés depuis des décennies dans le museum California State Parks ; mais aussi prêtés par de nombreux musées : le MAAOA de Marseille bien sûr, la Fondation Barbier-Mueller, le musée des 5 continents de Münich, les museums d'histoire naturelle de Lille, de Rochefort, de La Rochelle, le musée d'Aquitaine de Bordeaux, le musée de la Castre de Cannes, le musée du Quai Branly-Jacques Chirac...et d'autres encore collections publiques et privées...
C'est dire l'ampleur des pièces exposées pour cette manifestation...
Et pourtant, ce n'est ni la quantité ni la qualité des oeuvres qui éblouit lorsqu'on visite l'exposition, c'est l'ampleur du "Tout" :
les photographies, les livres, les documents manuscrits s'y mêlent pour rendre compte de l'épaisseur des mille vies que vécut Jack London et du regard porté et sur lui et sur les Autres.
Les objets sont tout de même là, témoins.
Dans The Cruise of the Snark on peut lire au sujet de ce poteau des Salomon :
"Cette vieille idole continuera à ricaner quelque part chez moi jusqu'à ma mort. De nous deux, c'est elle qui gagnera la partie, car elle rira la dernière."
Jack-london-charmiane Phrase prémonitoire puisque quelque temps après l'escale aux Salomon à l'été et automne 1908, Jack est de plus en plus malade et le San Francisco Examiner titrera le 5 janvier 1909 l'obligation pour Jack de renoncer à poursuivre son voyage.
Curieux retournement de destin pour celui qui, au fait de sa célébrité en 1905, décida de tourner le dos à cette Amérique qui le portait alors aux nues, et entamer un voyage de sept ans à bord du voilier qu'il construisit, le Snark, afin de se remettre en question, de se réinventer, de devenir ce que devait être à ses yeux un "écrivain du monde."
Une vie d'engagement bien sûr, le mot n'est pas trop fort.
La réussite que sera celle de cette exposition, je n'en doute pas, tient probablement à notre profond désir de ce type de témoignage. Témoignage de la force qui anime un homme pour faire ce qu'il dit, jusqu'au bout.
Les objets exposés ne se contentent plus alors de résonner dans le vide de leur esthétique propre mais dans notre volonté suscitée pour en savoir plus sur le parcours d'un homme auquel on voudrait s'identifier, oser partir ainsi, oser risquer... et par suite s'embarquer, faire le chemin, rencontrer ces cultures lointaines, les hommes de ces sociétés qui ont réalisé ces objets... en savoir plus.
Les photographies sont ici bien précieuses !
Ce que démontre une telle exposition, c'est qu'une "visite au musée" ce n'est pas seulement une expérience intellectuelle. C'est bien sûr la nécessité de déclencher l’émotion chez le visiteur.
Mais, lorsqu'on peut suivre comme ici le parcours d'une vie (et quelle vie "de météore" !), c'est donner du souffle, du courage, faire croire aux paroles prononcées par Martin Eden (et donc Jack) jusqu'à les faire nôtres : "J'y arriverai, même si je dois marcher sur les genoux."

Jack-london
Photos de l'auteure dans l'exposition Jack London dans les mers du sud, La Vieille Charité, Marseille, septembre 2017.

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