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Cinq centièmes de seconde

Publié le 11 septembre 2017 par Lael69
Cinq centièmes secondeLois Lowry
Casterman
Traduit de l'anglais par Laurence Kiefé
Août 2017
208 pages
12,90 euros
Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Famille, Soeur, Maladie
Quatrième de couverture : "C'était une ressemblance éphémère, mais quand Will avait braqué son objectif sur moi, durant cinq centièmes de seconde, il l'avait capturée, rendant ainsi l'éternel ce que j'avais en moi de Molly". Si Molly est une belle fille rieuse, sa petite soeur, Meg, à treize ans, se sent terne et sans intérêt. Durant ses vacances à la campagne avec leurs parents, Meg découvre la photographie avec Will. Bientôt, ce simple divertissement devient sa passion. Mais Molly, elle, semble épuisée, comme éteinte, au moment même où sa soeur prend goût à la vie. L'existence de Meg va changer, comme joue la lumière de l'été dans un sous-bois... 
Lois Lowry est une figure américaine de la littérature de jeunesse la plus essentielle à lire. Si vous n'avez pas lu Le passeur, je vous le recommande vivement et je suis loin d'avoir lu toute son oeuvre. Alors lorsque Casterman publie son tout premier roman, basé sur une histoire autobiographique, cela ne m'a pas échappé. Cinq centièmes de seconde met en avant la relation entre deux soeurs. L'une, Molly est lumineuse, jolie, avec des occupations lambda d'une jeune fille de son âge. Elle se préoccupe de son petit ami et aimerait plus tard se marier, avoir des enfants. Tout l'opposé de Meg, 13 ans, sa petite soeur qui se sent vide, sans intérêt, comme insipide. Dans l'ombre de sa soeur, elle se cherche. Durant un été, où elles sont en vacances à la campagne, Meg découvre la photographie. C'est une révélation : la recherche de la lumière, la capture de l'instant présent, si éphémère, si poétique... Meg se révèle alors que Molly est prise de saignements de nez alarmants. Le diagnostic va tomber sous peu : une leucémie. C'est tout un monde de souvenirs, de bonheurs qui bascule pour Meg et sa famille. Confrontée à la maladie et à la perte de sa soeur, Meg vit de la plus tragique qui soit, la fin de son enfance...
Je ne savais pas réellement de quoi il était question avant de commencer ce roman... Aussi j'ai beaucoup aimé l'écriture intimiste, lente parfois silencieuse, émotionnelle de Lois Lowry où l'on sent que le drame va frapper durement cette famille de Nouvelle-Angleterre. C'est une plume tout en nuances, en simplicité et en justesse, qui joue sur l'opposition apparente des deux soeurs ayant des aspirations différentes, des goûts opposés, qui ne se comprennent pas toujours, qui se disputent et s'aiment sans avoir jamais à le dire. 
On ressent toute l'intensité de Meg qui s'ouvre au monde, qui découvre une nouvelle passion pour la photographie, contraste flagrant avec la vie qui quitte lentement Molly. Meg s'en veut, se sent coupable, ne sait pas toujours comment réagir et cela apporte une tristesse sinon une mélancolie palpable tout le long du roman et qui amène progressivement à la chute, au deuil... Mais c'est dans les toutes dernières lignes que Cinq centièmes de seconde évoque toute sa profondeur et son ampleur à la fois psychologiquement et artistiquement... lorsque Meg découvre une photo d'elle et de sa soeur : "Quelque part, pour Molly, ce sera l'été, l'été éternellement..." et de nous faire comprendre l'impact que peuvent avoir les photos, ces séquences de vie qui resteront à jamais éternelles, comme les souvenirs. Tout simplement bouleversant et MAGNIFIQUE! 

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