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Barbara, film de Mathieu Amalric

Publié le 11 septembre 2017 par Onarretetout

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On allait voir Barbara. On l’avait beaucoup entendue, jamais vue sur scène, la « femme piano », la « chanteuse de boulevard ». On a su des choses à propos de sa vie, des choses auxquelles elle fait allusion dans ses chansons, mais aussi en chantant les chansons des autres, comme elle le faisait à ses débuts, le père Noël de Brassens, par exemple. Parce que, bien sûr, elle parlait d’elle, elle chantait d’elle, mais c’est parce que ses chansons nous parlaient, nous parlent qu’on a pu en faire une partie de notre vie. Les chansons de Barbara nous accompagnent dans la mélancolie, dans l’humour, dans le désespoir, dans l’amour, dans le désir « au creux de mes reins », à Nantes (une chanson que dans ce film elle travaille dans un bar avec quelques hommes pour seul public), à Göttingen (qu’elle chante aussi en allemand). C’est une enfant du XXe siècle. Elle est morte, oui, mais sa voix est toujours là, ses mots, ses combats (elle fait entrer un piano à queue dans une prison). Et c’est la force du film qui met en scène une actrice dont le prénom est au début de l’alphabet, Brigitte (Jeanne Balibar), et un réalisateur dont le prénom et le nom sont à la fin de l'alphabet, Yves Zand (Mathieu Amalric), les faisant dialoguer, les montrant subjugués. —« Est-ce que c’est un film sur Barbara ou sur vous-même ? » — « C’est la même chose ».

Barbara, c’est nous, chacun y trouve un peu de lui ou d’elle-même. En sortant de la salle, j’entends encore cette chanson, interprétée par Barbara dans une image d’archives ou par la comédienne. Et d’autres chansons me reviennent, comme cette « femme - piano » dont Mathieu Amalric semble suivre le propos. 

Touche pas mon piano, 
Touche pas mes remparts, 
Touche pas mes lunettes, 
Touche pas mon regard, 
Touche pas ma roulotte, 
Touche pas mes départs, 
Ni mes chemins de hasard. 
J'vis ma vie en piano noir, 
Toute en strass dans mon miroir. 
Je suis une chanteuse de boulevard. 
Touche pas mes silences, 
Touche pas mes errances. 
Je navigue en solitaire. 
Je vis mes délires interplanétaires, 
Tout là-haut dans la lumière. 

J'suis d'accord pour que tout change, 
Mais j'aime pas trop qu'on me dérange. 
J'manque de rien. 
J'ai tout. J'veux rien. 

Ils ont dit peccable. 
Ont touché à rien 
De mon univers. 
Ils ont dit peccable, 
Sont partis plus loin. 
Rien à dire. 
Faut savoir 
C'que vouloir. 
Faut écouter 
Ses battements de coeur. 
Du temps, 
Qu'il est encore temps, 
Faut pas venir pleurer après 
Sur le bord d'un canapé.  

Il a touché mon piano, 
Il a changé mon regard, 
Il a diamanté ma vie. 
Je parlais avec les anges. 
J'aurais voulu que tout change. 
C'est beau, l'amour qui dérange 
Mais, au ciel de ma mémoire, 
Me revenait tous les soirs 
L'ombre de mon piano noir. 

Il a dit peccable, 
Je vais toucher à rien 
De ton univers. 
Vis ta vie en piano noir, 
Mon coeur de lumière, 
Le grand amour. 
Si tu veux que tout change, 
C'est sûr, ça dérange. 
Faut pas venir pleurer après, 
Ton mouchoir au bout du quai. 

Depuis j'continue. 
C'est tant pis. 
Tant mieux. 
J'ai pas vu passer ma vie. 
L’ usure, 
La morsure du temps 
Et c'est la fin de mes printemps 
Mais j'aime la vie 
De théâtres en théâtres. 
J'allume mes nuits, 
Belles mes nuits 
Quand j'avance dans la lumière, 

Derrière mon piano, 
Derrière mes remparts, 
Derrière mes lunettes, 
Derrière mon regard, 
Seule dans ma roulotte. 
Faut savoir 
C'que vouloir. 
Sur mes chemins de hasard, 
Je chante ma vie en piano noir, 
Toute en strass dans mon miroir 
Je suis une chanteuse de boulevard.


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