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Declan McKenna – What Do You Think About The Car?

Publié le 12 septembre 2017 par Rocknrank
Declan McKenna – What Do You Think About The Car?

Le petit prodige anglais repéré dès l'âge de 15 ans à Glastonburry en 2015 accouche de son premier album après quelques EP parus entre 2015 et 2016. Le britannique s'est fait connaître très tôt en se fendant à l'âge de 14 ans d'une chanson dénonçant la corruption au sein de la FIFA pour l'organisation du Mondial du Brésil. La chanson en question, " Brazil ", révèle un songwriting intelligent et incisif. Une maturité artistique bluffante pour un jeune adolescent dont les thèmes des chansons s'emparent de sujets tels que le mouvement LGBT, la dérive extrême droite des médias comme Fox News, les attentats du Bataclan Paris 2015, l'hypocrisie des religions, la génération Z à laquelle il appartient,... Si bien que les critiques le qualifient de porte-voix de sa génération en Angleterre. Sans doute excessif mais dès lors que ça fait vendre du papier et des pages vues...

Ce premier album (sans doute un poil long dans la durée) recèle une poignée de titres d'excellente facture : Isombard, Brazil, The Kids Don't Wanna Come Home, Make Me Your Queen, Listen to your Friends et Paracetamol. Des chansons bricolées dans une pure tradition " Do It Yourself ". Des chansons qui ont du cachet, avec leurs ambiances spécifiques (le gamin aime taquiner ses claviers pour habiller ses chansons de quelques atours électro) et leurs textes pernicieux. Des chansons qui creusent ce sillon Indie pop/rock britannique emmené par des artistes de la trempe d'un Jamie T. La gouaille des Arctic Monkeys coule dans les veines de Declan McKenna. Cela tombe bien, James Ford, leur producteur attitré, assure les commandes derrière la console sur ce disque. Aidé de Rostam Batmanglij, ex- Vampire Weekend dont on sent également l'influence chez Declan McKenna. Qui dit Vampire Weekend dit production léchée et propre, sans doute un des défauts du disque. Quelques salissures à la The Libertines n'auraient pas fait tâche sur cet album.

Les amateurs de pop sucrée apprécieront l'entrée en matière avec Humongous. Efficace mais convenu malgré un final accéléré qui surprend avec sa tessiture pop electro 80's dont les circonvolutions synthétiques évoquent les anicroches rectangulaires de Jacno. Brazil est le premier point fort du disque. Une rythmique très britrock entre The Kooks et The Libertines qui accroche tout de suite l'oreille. Une compo qui délaisse l'électrique en cours de chanson pour s'exciter sur un phrasé acoustique et teigneux façon The Streets jammant avec Jamie T. Un cocktail frais et enjoué. The Kids Don't Wanna Come Home a tout de l'hymne de stade avec son refrain en or massif et ses couplets à la noirceur et morgue bien " british ".

Mind ? Une ballade des Arctic Monkeys truffée d'arrangements pop synthétique faisant écho aux années 80 et porté par un riff alambiqué qui colle aux basques. Efficace toujours. Make Your Queen et son refrain éthéré est du The Kooks sous hallucinogènes. Apesanteur. Ondulations thermiques. Les lasers du dancefloor aveuglent... L'avenir est ailleurs...

Un synthé pianote une ritournelle qui évoque forcément le meilleur de la New Wave ( OMD et son fabuleux " Electricity ") : kitsch mais terriblement entraînant. Avec son pedigree Vampire Weekend, Isombard est la perle de cet album (ce refrain !) dont les écoutes successives révèlent un vrai travail d'ambiances. Avec les moyens du bord Declan McKenna livre un premier album impeccablement produit, très riche dans ses nuances et ses couleurs. Bien plus sophistiqué qu'une simple première écoute ne laisse présager. Un disque en trompe l'œil.

I Am Everyone Else est dispensable. Tout comme Why Do You Feel So Down. Trop faciles... Overdose d'une recette exploitée à outrance...

On s'attardera plutôt sur la jolie Bethlehem qui est une bande son pour western futuriste. Un futur angoissant qui caractérise la procession funèbre sur Paracetamol. Le clavier " Bontempi " tricote des boucles sinusoïdales dans un froid glacial. Listen To Your Friends est le dernier souffle du disque. Le break est une vraie réussite : un violoncelle qui serpente... Un flow hip hop qui s'enclenche. Une dernière saillie pleine de morgue. La membrane des enceintes expire une dernière fois. C'était Declan Mc Kenna, nouvelle coqueluche des Anglais comme Jamie T il y a quelques années. Une très belle révélation à confirmer.


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