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Tsubaki – Aki Shimazaki

Par Tix @ThierryTix
Tsubaki – Aki Shimazaki

Auteur: Aki Shimazaki
Edition: Léméac / Actes Sud - 2009 - 115 pages

Tsubaki est un roman saisissant sur l'héritage, sur ce qu'on laisse à la génération suivante. Tsubaki est l'histoire de Namiko, jeune femme découvrant par une lettre posthume la jeunesse de sa mère. Tsubaki, c'est le nom des camélias en japonais, ceux-là même qui sont plantés dans le jardin, là où sont répandues les cendres de sa mère.

" C'était une survivante de la bombe atomique tombée sur la ville de Nagasaki [...]. Cette deuxième bombe fit quatre-vingt mille victimes en un instant et amena la capitulation du Japon. Son propre père, mon grand-père y fut aussi tué. "

Le spectre de la bombe atomique plâne souvent sur les oeuvres des artistes japonais. Le devoir de mémoire est essentiel, mais Aki Shimazaki touche juste en mêlant des informations sur la catastrophe à une histoire familiale. Cette mère qui est restée silencieuse toute sa vie se livre enfin, avant de mourir, comme libérée d'un poids.

Les révélations de Yukiko, la mère, ne sont pas que d'aspect documentaire sur la catastrophe de Nagasaki. Elles dévoilent également une enfance au temps de la guerre, faite de travail à l'usine, de premiers émois, de découvertes sur le passé de ses parents - et surtout de son père. Là se joue le drame humain

" Ce n'est pas la bombe atomique qui a tué mon père. C'est moi qui l'ai tué. C'est une coïncidence que la bombe atomique soit tombée le jour de sa mort. Il semble qu'il serait mort ce jour-là d'une manière ou d'une autre. "

Dès lors, on voyage beaucoup dans le temps. Composé aux deux tiers de la lettre posthume de Yukiko, l'histoire s'interroge sur ce dont a hérité Yukiko de son père - malgré lui - et ce qu'elle-même a laissé - malgré elle - à sa fille, Namiko.

Tsubaki – Aki Shimazaki

Le sujet est passionannt, mais ce qu'en fait Aki Shimazaki est parfois frustrant. Jamais Namiko ne va interrompre sa lecture pour s'interroger et prendre un recul sur sa vie. Tout au plus, ce sera le temps de deux pages pour aller remplir un bol de riz. Quel dommage de s'être contenté d'un récit enchâssé, ne trouvant que très peu d'écho, si ce n'est l'épilogue en fin ouverte - pour la suite de la saga.

Aki Shimazaki, québécoise d'origine japonaise, hérite d'une écriture simple et percutante. Ultime reproche, il n'y a alors pas moyen de distinguer textuellement Yukiko de Namiko - narratrice du récit-cadre dont on sait finalement très peu de choses !

Le sujet est passionnant, le contexte est déchirant. Aki Shimazaki s'intéresse à de nombreux aspects de la guerre, se demande si toute vérité est bonne à dévoiler, mais ne renonce pas à planter une amourette au milieu. Toutefois, difficile de lire Tsubaki comme un roman qui se suffit à lui-même. Il faudra à l'évidence lire la suite de la série " Le poids des secrets" , composée de Hamaguri, Tsubame, Wasurenagusa et Hotaru pour être pleinement satisfait.


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