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Ce Que Murmure la Mer par Claire Carabas

Par Ettoitulisquoi @ettoitulisquoi

Ce Que Murmure la Mer par Claire Carabas

Tout d’abord, je remercie infiniment le Service Presse de Magic Mirror Editions de la confiance qu’ils ont placée en moi en m’adressant ce conte. Je suis ravie ravie ravie. Quand j’ai appris que j’avais été choisie, j’en ai parlé pendant 4 jours !!!

Pour cette chronique, je voulais faire les choses bien, alors quand j’ai commencé ma lecture, j’ai ouvert en même temps l’application Word sur mon téléphone pour prendre des notes. Sur les premières pages, ça allait et puis, je me suis laissée prendre et au diable les notes !

3 mots pour décrire cet ouvrage : extraordinaire, époustouflant, bluffant ! Je dis ça sans surenchère.

L’histoire : Vous connaissez tous l’histoire de La petite sirène dite aussi La petite ondine de Hans Christian Andersen ? Au pire, vous connaissez La Petite Sirène de Disney… donc vous avez la substance. Claire Carabas a repris le conte de La Petite Sirène et l’a en quelques sortes « remastérisé ».

La plus jeune des filles du roi des Mers est une enfant rêveuse, réservée et attirée par les voyages tels que son oncle les lui raconte quand il revient de contrées lointaines, chargé de cadeaux pour ses sœurs et elle. Mais elle, la cadette, ne demande rien d’ostentatoire, juste quelques coraux et autres anémones pour le jardin de sa mère qu’elle entretient et sur lequel elle seule veille jalousement.

Le temps passe, elle dépérit, elle rêve d’aller à la surface voir le monde des humains. Un jour, elle se laisse entraîner par son envie et arrive à la surface : elle profite du vent et de la caresse du soleil sur sa peau, puis, elle voit un bateau avec un homme seul à son bord. Leurs regards se croisent alors et elle disparaît sans demander son reste. La brûlure du soleil sur sa peau a laissé des traces que son père, le roi, ne va pas manquer de remarquer. Fou de colère, il décide donc de l’enfermer afin de s’assurer qu’elle ne retournera pas à la surface. Le matin de ses 18 ans, sa grand-mère décide de la libérer. Notre sirène part donc rejoindre la surface avec une seule idée en tête : retrouver l’homme du bateau.

L’extrait :

« Je suis la dernière fille du roi des océans.

Depuis la nuit des temps, les légendes de ma glorieuse famille fascinent tous ceux qui les écoutent. Personne, même sur la terre, ne peut ignorer notre nom. Notre puissance s’étend jusqu’au profondeurs qui vous resteront à jamais inconnues et sur des immensités que vous ne savez pas imaginer. Je garde les clefs de ces mondes. J’en connais les secrets. Je veille sur tous les trésors qui y ont sombré. Je nage au-dessus des mers de pierreries, de perles et d’or. »

Détails techniques : Editions Magic Mirror. 244 pages. Coût : 18 €.

Pour l’acheter c’est par ici.

Mon avis :   7/7. Ah oui le maximum, amplement mérité.

Rien n’est laissé de côté dans ce conte. On sent le travail énorme de l’auteur, le souci du détail, de la précision. L’écriture est poétique au point de vous donner envie de le lire à haute voix pour savourer certaines phrases. Pour vous donner un aperçu et si je ne devais en citer qu’une, ce serait celle-ci  : « Les craquements infimes et le battement de l’horloge qui égrenait ses coups comme un cœur tranquille que rien n’accélère ou ne fige.« 

Nous avons un prologue au début, et….. vous savez ce que je pense des prologues… mais là, il rentre directement dans le top 10 des meilleurs prologues que j’ai pu lire, et ce n’est pas peu dire.

Le récit commence comme une devinette, une présentation imagée et détaillée de la fille du roi des océans, et en le lisant je me suis rendue compte que je ne le lisais pas, je le fredonnais dans ma tête comme une mélodie, tellement la poésie des mots vous saisit. C’est brillant et bien exécuté.

Nous avons un « bestiaire marin » large et détaillé, j’ai particulièrement aimé les « poissons de trait », c’est joliment imaginé.

Les termes marins sont utilisés sur une grande partie du récit : c’est précis, c’est savant, on y comprend rien, mais c’est pas grave on vit l’aventure comme si on était sur ce bateau. Je crois que même si j’avais regardé navigation TV pendant un mois et 24 heures sur 24, je n’aurais jamais été aussi précise, ni décrit avec tant de talent l’aventure en mer. J’exagère quand je dis qu’on n’y comprend rien, les rares termes dont j’ignorais le sens, il me suffisait d’appuyer dessus pour que mon Kindle m’en offre la définition. Quand je voyais dans la définition « terme marin », j’étais soulagée de me dire que mon surnom de « dictionnaire sur patte »s avait encore du sens, puisque je n’ai butté que sur les termes marins. Parce que quand il est écrit « Je conserve trois ris de grand voile et le foc de route. », je suis un peu perdue, j’avoue. Cela dit, en aucun cas, cela n’empêche de savourer le récit. Les termes marins sont tout simplement une énorme plus-value.

J’ai trouvé intéressant d’être tour à tour dans les pensées de la sirène, puis dans les pensées de notre marin, de les sentir à la fois si proches et pourtant si loin. D’être dans leurs têtes et au plus profond de leurs cœurs,  vous met en immersion totale et croyez-moi vous n’en sortirez pas indemnes. J’étais plongée au cœur de ces êtres, je ne voulais pas en sortir, j’étais eux, je vivais et ressentais tout ce qu’il pouvait éprouver : expérience intense au point d’arriver à la fin sans s’en rendre compte, et sans même y croire. La fin je ne vous en parle même pas. Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais, ni ce que j’espérais, mais c’est sublime.

Claire Carabas s’est mise dans la peau de la sirène qu’elle a créée, elle a regardé ce qui l’entourait comme si elle le voyait pour la première fois du simple pan de mur à la baignoire, tous les objets de notre quotidien auxquels on ne prête pas attention avaient une toute autre dimension et c’était remarquable de sincérité.

Mon admiration s’est portée spécialement sur les sentiments intériorisés par Yvon, notre marin, et Galathée, notre sirène (puisque c’est ainsi qu’il l’a prénommée). Yvon est une sorte d’handicapé des sentiments, complètement inapte à mettre un mot sur une émotion, prisonnier de la position dans laquelle il s’est placé vis à vis de Galathée. Il est extrêmement touchant et sensible. Quant à Galathée, elle est pleine de surprise, elle déploie des efforts insoupçonnés, elle se démène. Malgré son jeune âge, elle n’est pas faible, elle ne sait juste pas comment s’y prendre pour qu’Yvon se rapproche d’elle. Elle rêve non pas qu’il l’embrasse ou lui prenne la main, non son bonheur suprême serait qu’il démêle sa chevelure (c’est la chose la plus sensuelle qui soit pour une sirène), puisque le pouvoir ou du moins l’attrait des sirènes est dans leur chevelure et dans leur voix.

L’auteure a exploré la promesse de l’espoir d’aimer dans toutes ses largeurs, être autant attiré par l’autre, par la promesse des mots, par la promesse des gestes et des regards, espérer et être brisé, toujours sur la corde sensible et la symbolique avec la falaise dans le récit était parfaitement judicieuse : ma-gni-fique !

Pour tout vous dire, je fais de mon mieux, mais ma chronique quoi que je fasse restera bien pâle et les mots ne suffiront pas pour vous décrire mon ravissement. J’étais époustouflée tout au long de ma lecture, autant émue par le conte que par ce talent d’écriture : du génie !

Claire Carabas a un talent indéniable, et une finesse d’écriture rare. Les dernières phrases du conte vous mettent K.O.

Mon seul regret : ne pas connaître le vrai prénom de la petite sirène…

Procurez-vous ce conte le plus rapidement possible, je le trouve parfait pour cette saison d’automne qui commence. Laissez la mer vous murmurer ses secrets.

Bon voyage !

Votre DL

Lucie



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