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[Critique] KINGSMAN : LE CERCLE D’OR

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] KINGSMAN : LE CERCLE D’OR

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Titre original : Kingsman : The Golden Circle

Note:

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Origine : Grande-Bretagne/États-Unis
Réalisateur : Matthew Vaughn
Distribution : Taron Egerton, Mark Strong, Colin Firth, Julianne Moore, Halle Berry, Pedro Pascal, Jeff Bridges, Channing Tatum, Edward Holcroft, Sophie Cookson, Hanna Alström, Michael Gambon, Elton John…
Genre : Action/Thriller/Comédie/Adaptation/Suite
Date de sortie : 11 octobre 2017

Le Pitch :
Un cartel de drogue, aussi influent que puissant, parvient à détruire le quartier général des Kingsmen à Londres. Un peu démunis, le super agent Eggsy et l’intendant du Kingsman, le bien nommé Merlin, découvrent alors l’existence, aux États-Unis, dans l’état du Kentucky, du Statesman, une organisation similaire à la leur. Face au danger et pour sauver le monde de la terrible menace qui ne cesse de s’affirmer, les deux services vont devoir unir leurs forces…

La Critique de Kingsman : Le Cercle d’Or :

Gros carton au box-office, Kingsman : Services Secrets fut aussi un succès critique. Les fans du comics de Mark Millar et Dave Gibbons ayant notamment salué le respect dont avait preuve Matthew Vaughn pour adapter les aventures de ces super-agents secrets britanniques (malgré les différences entre le film et la B.D.) ainsi que le caractère éminemment fun de l’entreprise, son second degré affirmé, sa violence frontale et sa propension à réinventer une somme de codes (dont certains usés jusqu’à la corde) pour livrer au final une forme somme toute jubilatoire de divertissement populaire. En cela, la suite était attendue avec beaucoup d’impatience. Une suite que Matthew Vaughn accepta de mettre en scène, contrairement à Kick-Ass 2, qu’il avait choisi de refuser…

Kingsman-2-Julianne-Moore

Retour sur Saville Row

Comme son prédécesseur, Kingsman : Le Cercle d’Or commence sur les chapeaux de roues, avec une séquence incroyablement spectaculaire, où s’exprime d’emblée la maestria d’un réalisateur visiblement en pleine forme. Une course-poursuite qui fera probablement date, en plein centre-ville de Londres, de nuit, qui mine de rien annonce la couleur. La bonne nouvelle étant que si Matthew Vaughn place ainsi très rapidement la barre très haut, tout ce qui suit cette introduction est au moins aussi exceptionnel voire davantage.
Kingsman 2 nous replonge dans le bain avec une aisance qui traduit la grande dextérité de Matthew Vaughn et de sa co-scénariste Jane Goldman. Les liens avec le premier volet sont affirmés, les personnages ont évolué mais pas de manière trop brutale non plus, les repères sont là… Cependant, la nouvelle intrigue se dévoile sans ambages. À l’instar du premier épisode, cette suite ne s’embarrasse pas de péripéties compliquées et entre dans le vif du sujet pour mieux s’approprier des gimmicks propres aux films d’agents secrets (James Bond en tête), tout en truffant son récit de références savoureuses et de petits taquets mis à droite à gauche pour faire bonne mesure. Ainsi, sans crier gare, le film se permet d’en mettre quelques-uns à la politique des États-Unis, souligne les incohérences inhérentes aux législations concernant la consommation et la vente de stupéfiants, tout en continuant à poser de nouveaux jalons niveau action et comédie. À l’arrivée, sans mal, avec un naturel, une force et une flamboyance qui sautent aux yeux, Kingsman 2 se pose comme une nouvelle référence. Comme un stupéfiant roller coaster spectaculaire au possible mais pas dénué pour autant de fond. Une prouesse peut-être prévisible pour celles et ceux qui avaient été bluffés par le premier volet, mais néanmoins toujours impressionnante.
Car même si il fut l’objet d’attentes difficiles à combler, Kingsman 2 parvient à non seulement ne pas décevoir, mais aussi à progresser, gardant un œil dans le rétro pour conserver son homogénéité par rapport à son prédécesseur, mais fonçant droit devant, bille en tête, fort d’un script hyper bien écrit, d’un casting encore plus incroyable et d’un cinéaste absolument génial.

Dream Team

Sur le papier, Kingsman : Le Cercle d’Or avait tout pour donner des palpitations aux plus chevronnés. Notamment grâce son casting, qui réunit certains des comédiens les plus talentueux du moment et quelques légendes qu’on s’impatientait de retrouver dans cet univers aussi bariolé que référentiel. Ici, Taron Egerton, qu’il n’est pas déraisonnable de considérer comme le héros, côtoie Jeff Bridges, Julianne Moore, Halle Berry, Pedro Pascal ou encore Channing Tatum, tout en retrouvant Mark Strong et Colin Firth. On a souvent dit que Baby Driver était probablement l’un des films les plus cool et les plus classes vus ces dernières années, mais force est de reconnaître que Kingsman 2, à l’instar du premier film, peut aussi prétendre au même titre. Combien de longs-métrages peuvent en effet se payer le luxe de non seulement tenir toutes leurs promesses, mais aussi de les pulvériser pour prendre à revers, toujours avec bon goût, de faire preuve d’audace, de courage, et d’une certaine radicalité ? Pas beaucoup…
Matthew Vaughn nous rappelle, dès l’introduction donc, qu’il est l’un des meilleurs quand il s’agit d’installer une rythmique implacable, de la nourrir et de l’amplifier. C’est aussi l’un des meilleurs réalisateurs d’action, grâce à des idées dingues, parfaitement mises en place. Son sens du montage et du cadrage font des merveilles. Son nouveau film regorge de morceaux de bravoure, dignes de la scène de l’église dans le premier Kingsman, même si au fond, ce deuxième épisode est un peu moins violent. Cela dit, il reste tout de même largement plus hardcore que 90% des trucs qui débarquent en salle et sait à la fois faire preuve d’une classe folle mais aussi sombrer dans le trash sans pour autant verser dans l’excès. Tout est une affaire de mesure et d’équilibre. Équilibre entre l’action et la comédie, entre la comédie et le drame, entre le drame et le grand-n’importe quoi jubilatoire (au sens positif du terme donc)… Tout fonctionne dans Kingsman 2. Tout !
Comme ce magnifique duo formé par Taron Egerton et Mark Strong ou encore la relation encore plus fouillée entre Egerton et Colin Firth, de retour pour le meilleur (ce n’est pas un spoiler car c’est dans le trailer). Taron Egerton qui n’en finit plus de prendre du galon, lui qui a parfaitement saisi les intentions d’un projet qu’il incarne avec une fougue exemplaire. Du côté des nouveaux arrivants, c’est du bonheur à tous les étages, avec un Pedro Pascal excellent, Jeff Bridges, Halle Berry ou encore Channing Tatum. Et que dire de Julianne Moore, qui incarne la nouvelle grande méchante, relevant le défi de taille de faire oublier le personnage haut en couleurs de Samuel L. Jackson et son tandem avec Sofia Boutella ? Avec la prestance qui lui est propre, elle s’avère aussi glaçante que délicieusement décalée, elle qui évolue au sein d’une scénographie hallucinante, qui fait référence à l’âge d’or du cinéma d’espionnage. Mais ce n’est pas une surprise… Si il y a bien une actrice qui est exceptionnelle tout le temps, même si le film est naze, c’est Julianne Moore…
Un pool d’acteurs renforcé (mention à Elton John), qui confère encore plus de prestige à Kingsman 2, qui embrasse donc l’adage qui veut qu’une séquelle soit plus forte à tous les niveaux. Plus forte mais pas incontrôlable. Ce que Matthew Vaughn est arrivé à accomplir, on se sait trop comment d’ailleurs vu le nombre d’éléments complètement délirants qui jalonnent le récit.

De la suite dans les idées…

À contre-courant de beaucoup de blockbusters opportunistes qui surfent tous sur la même tendance en reproduisant ad nauseam les mêmes mécanismes, Kingsman 2 continue de prouver qu’une alternative est possible. Qu’on peut faire s’affronter des agents secrets super badass et des hommes dotés de bras d’acier, sans tomber dans l’outrance facile. Il démontre qu’il est toujours possible de raconter des histoires fédératrices, en faisant se rencontrer les vieilles recettes qui ont fait leurs preuves et les nouvelles qui permettent de continuer à écrire la grande histoire du cinéma. Rares sont des films comme celui-là qui font progresser les choses. Sans avoir l’air de le faire, sans appuyer leur propos et sans faire preuve d’une outrecuidance que d’autres se permettent alors qu’ils n’ont pas les arguments nécessaires. Le défi était de taille mais Matthew Vaughn l’a relevé avec une grâce et une puissance qui forcent l’admiration et le respect. Oui, Kingsman 2 est bon à ce point !

En Bref…
On sait dès la scène d’ouverture que Kingsman : Le Cercle d’Or sera absolument monumental. Aussi maîtrisé dans la comédie que dans l’action, gavé de surprises et de trouvailles parfaitement géniales, il se permet en outre quelques moments véritablement émouvants, soigne ses personnages, respecte son sujet et son public et se pose comme la plus brillante et la plus efficace mise à jour de James Bond vue à ce jour. On dit que la perfection n’est pas de ce monde… Kingsman 2, dans sa catégorie, s’en rapproche pourtant vraiment. Chef-d’œuvre ? Yes sir !

@ Gilles Rolland

Kingsman-2-Mark-Strong-Taron-Egerton
 Crédits photos : 20th Century Fox France


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