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[Critique série] PREACHER – Saison 2

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique série] PREACHER – Saison 2

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Titre original : Preacher

Note:

★
★
★
★
½

Créateurs : Seth Rogen, Evan Goldberg, Sam Catlin
Réalisateurs : Seth Rogen, Evan Goldberg, Scott Winant, Michael Slovis, Michael Morris, David Evans, Wayne Yip, Maja Vrvilo, Michael Drowse, Steph Green, Noberto Barba.
Distribution : Dominic Cooper, Joseph Gilgun, Ruth Negga, Ian Colletti, Pip Torrens, Graham McTavish, Noah Taylor, Julie Ann Emery, Tom Brooke, Ronald Guttman, Malcolm Barrett, Amy Hill, Gianna LePera, Justin Prentice,….
Genre : Fantastique/Horreur/Comédie/Adaptation
Diffusion en France : OCS
Nombre d’épisodes : 13

Le Pitch :
Dieu a disparu. Jesse Custer, son ex compagne Tulip et le vampire Cassidy se lancent à sa recherche. Une piste les conduit à la Nouvelle-Orléans. Cependant, cette quête, qui n’a déjà rien d’une sinécure car Tulip se retrouve à devoir affronter son passé, s’avère périlleuse car le trio est pris en chasse par Le Saint des Tueurs, un cowboy psychopathe indestructible. De plus, une obscure organisation religieuse s’intéresse à Jesse. Pendant ce temps, Eugene Root, envoyé malencontreusement en Enfer par Jesse, essaie de s’en échapper…

La Critique de la saison 2 de Preacher :

L’union de l’’excellent duo composé de Seth Rogen et d’Evan Goldberg (Déjà à l’origine de comédies comme C’est la Fin) et de l’enfant terrible du comics, Garth Ennis a donné naissance à une série dont la première saison a suscité une grande attente dès le premier trailer. Au final, si elle reçut des critiques en majorité positives, ses détracteurs lui ont reproché son rythme et son manque de lisibilité. La deuxième saison devait corriger ces erreurs pour confirmer le capital sympathie du show. Les attentes ont-elles été récompensées ?

Preacher-season-2

The God That Failed

Dieu est parti, et non seulement dans le sens métaphorique du terme et aussi littéral. Après avoir bien pris le temps, durant toute la saison 1, d’introduire des personnages dont la connexion ne saute pas aux yeux au premier abord et de mettre en place un univers complexe car évoluant dans plusieurs époques, au risque de perdre en route une partie du public, les showrunners ont donné un énorme coup d’accélérateur en balançant un final d’anthologie en forme de massacre (dont nous tairons la nature pour ne pas verser dans le spoiler). C’est donc après ce massacre dans les règles de l’art, qui aurait fait saliver George R.R. Martin, que les showrunners ont bâti une deuxième saison avec l’ambition de trouver (au premier sens du terme) Dieu.
Seth Rogen et Evan Goldberg ont ainsi concocté une saison qui s’ouvre sur une course-poursuite frénétique filmée à l’ancienne avec des effets de photos et, pour le côté décalé, un tube pop des années 80. Une introduction tambour battant au cours de laquelle on assiste à un déchaînement de violence et de gore avec l’entrée en scène du Saint des Tueurs. Ce personnage de cowboy psychopathe (incarné par le très charismatique Graham McTavish) au physique proche du catcheur Undertaker, a régulièrement été aperçu dans la saison 1 sans qu’on comprenne forcément qui il était. Mandaté par le duo d’anges chasseurs de primes, il a la particularité, en plus d’être cruel et taciturne, d’être indestructible et de posséder une force surhumaine. Et c’est cette menace qui va ponctuer une partie d’une deuxième saison riche en gunfights. Une saison qui démarre tel un road trip et qui va très vite se poser à la Nouvelle-Orléans car Dieu serait fan de jazz. Un choix judicieux tant la ville en elle-même possède une culture riche et offre une ambiance pesante propre au virage pris par Preacher, bien loin de l’humour noir des débuts. Et là, encore une fois, la photo fait mouche avec de très beaux effets durant notamment les séquences nocturnes, sublimées dans le très beau générique. Cette nouvelle destination permet aux héros d’affronter leur passé et la part la plus obscure d’eux-mêmes. Si Dominic Cooper reste fidèle à son registre de prêtre blasé et dépassé par des événements d’une ampleur insoupçonnée, le jeu de Ruth Negga gagne en profondeur et montre une sensibilité à fleur de peau qu’on lui a connu dans le film Loving qui lui a valu une nomination aux Oscars. Mais la plus belle performance vient de Joseph Gilgun. Le transfuge de Misfits, qui assurait jusqu’à présent l’humour du show, se révèle bien plus qu’un side-kick attendrissant grâce à une large palette d’émotions. Il se montre impeccable dans le registre dramatique. Son personnage, Cassidy, est tiraillé entre son caractère et sa nature profonde, est l’un des meilleurs vampires que l’on ait eu l’occasion de voir à l’écran ces dernières années.

In God We Trust, Inc.

Garth Ennis est connu dans l’univers des comics pour son côté punk irrévérencieux. Après les flics serial killers de Red Team et la péripatéticienne de rue devenue super-héroïne dans La Pro, il s’attaque à la religion sans demi-mesure avec Preacher. Et comme le montre la saison 2, il ne prend pas de gants. Chez lui, l’âme peut s’acheter comme tout bien et la religion chrétienne est incarnée par Grail, une sorte de World Company aux méthodes digne de la CIA et dont l’objet est la protection de la descendance du Christ. À la tête de ce groupe, Starr dénote en étant la personne la plus immorale, impitoyable, retorse et perverse. Un parti-pris qui montre la considération d’Ennis pour les religions et ses institutions. Star, qui est campé par l’excellent Pip Torrens (Poldark, The Crown). Un acteur pas vraiment expressif, qui dégage un énorme charisme et balance des punchlines à la pelle. Il y a fort à parier qu’il sera déterminant dans la saison 3.

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Leper Messiah

Une saison 3 qui devra gommer le plus gros point noir de cette cuvée 2017, à savoir le budget. AMC a serré la vis et c’est dommage pour un show si ambitieux. Cela se voit surtout dans la partie se déroulant en Enfer où Eugene « Arseface » Root essaie de survivre tout en cherchant une issue. Ici, le royaume de Satan est une prison où on est condamné à revivre notre pire souvenir et qui fut autrefois gardée par Hitler (personnage non présent dans le comics mais qui fait partie des nouveautés emmenées par Rogen/Goldberg). Un choix original et pertinent qui souffre malheureusement du manque de budget. Ainsi, si la saison 3 veut exploiter cette théorie fort probable, AMC devra revoir les dépenses à la hausse pour offrir le rendu que Preacher mérite. D’autant plus que la pression exercée par des associations religieuses, ulcérées du traitement réservé au Christ et sa descendance, a donné un coup de projecteur supplémentaire synonyme de meilleures audiences.

En Bref…
Il fallait des couilles de la taille de la planète Jupiter pour se lancer dans une aventure comme Preacher et cette nouvelle saison le prouve à nouveau. Une série audacieuse, qui a pris le parti de tout balayer pour recommencer sur une nouvelle base. Complètement barrée et portée par des acteurs et des showrunners convaincus du bien-fondé de leur entreprise, Preacher ose tout, sans tabous et sans compromis. Après une saison 1 presque sage, cette nouvelle cuvée hausse encore le ton et se montre tellement irrévérencieuse qu’elle fait passer Dogma pour un film de boy-scout. C’est violent, gore,trash, l’humour noir est poussé à son paroxysme et une certaine dramaturgie transparaît. On en redemande.

@ Nicolas Cambon

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 Crédits photos : AMC


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