Magazine Culture

Fai Baba : « On ne court pas après un objectif marketing »

Publié le 15 octobre 2017 par Swann
INTERVIEW - Ils ont sorti un album dingue, Sad & Horny, il y a un presqu'un an. Au milieu d'une tournée européenne marathon, on a fait le point avec Fai Baba.

Fai Baba et Rocknfool, c'est une histoire en décalé. On reçoit l'album, on l'adore, mais on le chronique beaucoup plus tard. On n'arrive pas à caser une interview à Paris. On n'est pas là quand ils y jouent en début d'année. Bref, on court après le temps. On s'est enfin rencontré à Strasbourg, à quelques heures de leur concert du soir. Ils parcourent toutes les routes d'Europe, du Royaume-Uni à la Bulgarie en passant par l'Espagne, l'Islande bientôt et la France. L'occasion de voir comment Fabian Sigmund et ses compères Domi, Oliver et Rodrigo, évoluent après un 5e album qui fait beaucoup, beaucoup parler de lui.

Fai Baba : « On ne court pas après un objectif marketing »

Ça fait presqu'un an que Sad & Horny est sorti et que vous tournez ensemble, tous les quatre. Fai Baba, c'est donc vous quatre maintenant ?
Fabian Sigmund - Avant que je commence à jouer avec ces mecs, je tournais avec d'autres musiciens et c'était aussi Fai Baba, tu vois. Mais ce groupe a vraiment grandi, et on continue à grandir ensemble. On fait beaucoup d'ajustements, surtout depuis qu'on tourne tous les soirs. Après, tu as quelques jours off, chacun part de son côté, on se retrouve sur scène et hop, les choses changent encore. Dans cette constellation, chacun a la même place, la même importance. Ce n'est pas moi sous les spotlights, on est un groupe, même plutôt un gang !

" C'était tellement évident avec Fai Baba "

À la base de Sad & Horny, il y a la rencontre entre vous et Domi. Comment ça s'est passé ?
Fabian Sigmund - On vit tous les deux à Zurich, on s'est rencontré là-bas. Domi jouait dans différents projets.
Domi Chansorn - Je les ai tous quittés. Enfin j'ai arrêté beaucoup de choses, ça n'aurait plus été possible de toute façon. C'était tellement évident avec Fai Baba. Le moment était venu que je commence à me concentrer et que je construise quelque chose. C'est ce qu'on fait maintenant, et c'est vraiment cool.

" On s'est rencontré au bon moment. "

Pas tant que ça pour The Savage Dreamer, le 4e album !
Fabian Sigmund - Oui, pas faux.
Domi Chansorn - Oui, la production était bonne aussi.
Fabian Sigmund - Mais je crois que Sad & Horny est vraiment un bon disque, super bien produit grâce à Domi !

Donc Domi est la raison du succès de Fai Baba ?
Domi Chansorn - (rires) On s'est rencontré au bon moment je crois. Fabian avait besoin de changements, on a commencé à jouer ensemble et tout marchait de façon si naturelle ! C'était une combinaison magique en quelque sorte ! Même vision, même avis sur l'esthétique... C'était génial, naturel, fluide.
Fabian Sigmund - Il y avait une bonne énergie qui en découlait, et c'est aussi la partie " horny " de l'album.

Fai Baba : « On ne court pas après un objectif marketing »

Fai Baba, une question de feeling

Fai Baba : « On ne court pas après un objectif marketing »

" On n'a pas vraiment de stratégie "

Pourtant vous avez sorti 5 albums en 7 ans...
Fabian Sigmund - Oui mais tu sais, c'était à chaque fois un processus très naturel. Tu peux aller en studio et enregistrer un album en un jour, ça dépend juste de ce que tu veux faire. Les gens avec qui on travaille n'ont pas la capacité de sortir un album tous les ans, et ce n'est pas non plus mon intention. Je pense qu'après cette tournée, on va voyager un peu et y allez doucement. Mon rêve, c'est de m'éloigner quelque part et d'enregistrer ensemble. Disparaître un peu de la surface et commencer à créer. On a une liberté totale de faire ce qu'on veut, personne ne nous presse.
Domi Chansorn - Et puis on verra aussi ce qu'il va se passer pour nous après la tournée. On aura sûrement de nouveaux projets. Comme tu l'as dit, il y a le Iceland Airwaves Festival et tellement d'autres dates, on va rencontrer des gens, des marchés vont peut-être s'ouvrir. On n'a pas vraiment de stratégie.

Les deux vidéos que vous avez faites sont assez drôles, surtout celle avec les chats et les arcs-en-ciel.
Domi Chansorn - C'est le même réalisateur pour " Can't Stop Loving You " et " Nobody But You ". C'est un ami, il est aussi musicien.
Fabian Sigmund - Il a filmé avec sa go-pro. Il a édité la vidéo, il était libre de faire ce qu'il voulait. Ce n'était pas notre plan de mettre des chats tu sais. (rire des autres).

Éclectisme et liberté

On est dans une période où l'image des groupes compte beaucoup (trop, malheureusement), où beaucoup construisent des visuels spécifiques... Donc je me demandais si ça faisait un peu partie de l'idée, de dire " nous, on s'en fout " à coup de tête de chatons.
Oliver Zukirchen - Le truc à propos de nous, c'est qu'on fait ce qui nous vient sur le moment, sur scène comme ailleurs. On ne court pas après un objectif marketing, ou une image particulière. Chacun d'entre nous est si différent.
Rodrigo Aravena - Tu vois, par exemple, on ne parle jamais de ce qu'on va porter sur scène.
Domi Chansorn - Si, on le fait ! Mais c'est plus dans le sens " Hey mec, regarde ce que je vais porter ce soir ! "
Oliver Zukirchen - Il y a juste eu cette fois où quelqu'un de proche du groupe a dit " Tu es sûr que tu veux porter ça ? "
Fabian Sigmund - " Tu ne veux donc pas faire bonne impression ? "
Oliver Zukirchen - Oui, c'était exactement ça ! C'est quand Domi a joué en slip ! (rires)

Pour finir, on peut se faire une petite playlist de 5 chansons que vous écoutez ?
Fabian Sigmund - J'en ai une bonne, le groupe s'appelle Trio Ternura et la chanson " A Gira ". C'est du funk disco latin des années 1970.
Oliver Zukirchen - Je vais donner la chanson turque ! Özdemir Erdoğan - " Gurbet ". De la musique turque psychédélique des années 1970 aussi, c'est complètement dingue ! (fredonne)
Domi Chansorn - Ma chanson, ce sera " Rain from the sky " de Delroy Wilson.
Fabian Sigmund - " Tears Of Rage ", par The Band aussi.
Rodrigo Aravena - Puisqu'on est en France, ma compositrice française préférée, Lili Boulanger. Et la chanson c'est " Vieille prière bouddhique ".

Un grand merci à Fai Baba, à Molko et Marie Britsch pour cette rencontre.
Interview réalisée à La Laiterie (Strasbourg) par Morgane Milesi.

► En tournée partout en Europe, dont le 17 novembre au Point Éphémère, et sur Canal + le 11 novembre dans l'Album de La Semaine


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Swann 74925 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte