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[Critique] THE MEYEROWITZ STORIES (NEW AND SELECTED)

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] THE MEYEROWITZ STORIES (NEW AND SELECTED)

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Titre original : The Meyerowitz Stories (New and Selected)

Note:

★
★
★
★
½

Origine : États-Unis
Réalisateur : Noah Baumbach
Distribution : Adam Sandler, Dustin Hoffman, Emma Thompson, Elizabeth Marvel, Ben Stiller, Grace Van Patten, Candice Bergen, Adam Driver, Rebecca Miller, Judd Hirsch…
Genre : Drame/Comédie
Date de sortie : 13 octobre 2017

Le Pitch :
Danny, Jean et Matthew se retrouvent autour de leur père, un artiste new-yorkais grincheux et un peu fantasque. Ensemble, ils vont tenter de resserrer les liens familiaux…

La Critique de The Meyerowitz Stories (New and Selected) :

Fer de lance du cinéma indépendant américain, héritier tout désigné de Woody Allen, avec lequel il partage notamment des origines new-yorkaises ainsi qu’un attachement certain à la grosse pomme, observateur des sentiments humains et fin dialoguiste, Noah Baumbach a créé la surprise en signant un deal avec Netflix et en faisant partie de la Sélection Officielle de l’édition 2017 du Festival de Cannes, alimentant ainsi, à l’instar de Okja, de Bong Joon-ho, la polémique concernant la légitimité du network américain dans un tel cadre jusqu’alors exclusivement réservé aux films promis aux salles obscures (très longue phrase n’est-ce pas ?).
Noah Baumbach qui nous propose cette fois-ci de suivre une famille plutôt dysfonctionnelle, dont la dynamique s’articule autour d’un père un peu farfelu incarné par Dustin Hoffman, dont la présence au générique justifie bien évidemment à elle seule le visionnage du film…

The-Meyerovitz-Stories-Emma-Thompson-Dustin-Hoffman

Family values

Disons-le tout de suite : si vous n’avez pas aimé les précédents films du réalisateur, que ce soit Les Berkman se séparent, Greenberg ou While We’re Young, pas la peine d’insister. The Meyerowitz Stories se situe exactement dans la même veine. Si ce n’est que cette fois-ci, Baumbach se rapproche encore un peu plus du cinéma de Woody Allen. Sans pour autant le singer ou le copier, mais tout simplement pour venir se placer dans une dynamique bien précise, quelque part entre le drame et la comédie, dans un élan super réaliste mais qui sait aussi prendre des airs de contes moral. Amateur de Woody, mais aussi de Louis CK ou de Larry David, le nouveau long-métrage de Baumbach est pour vous.
Ceci étant dit, nous voici donc en face d’une famille bien dysfonctionnelle où chaque enfant semble se disputer plus ou moins inconsciemment l’admiration et l’affection d’un père qui n’a pas conscience de ses propres erreurs et de la portée de celles-ci. Il est question d’erreurs qui peuvent se transmettre de génération en génération et de ce risque de s’enfermer dans des situations qui, à long terme, peuvent mener à une certaine forme d’aliénation. Quelque chose que Baumbach, bien entendu auteur du scénario, entend illustrer via le personnage de Dustin Hoffman mais pas seulement, tant les traits de caractère de ce dernier se retrouvent sous des formes plus ou moins directes chez ses enfants, incarnés à l’écran par Adam Sandler, Elizabeth Marvel et Ben Stiller.

New York stories

Ce qui nous amène au casting. Comme dit plus haut, The Meyerowitz Stories se démarque par la seule présence à son générique d’une escouade d’acteurs prestigieux. Des comédiens parmi lesquels un en particulier, Adam Sandler, était attendu au tournant, lui qui livre à intervalles réguliers des comédies qui encouragent ses détracteurs à ne plus le considérer comme un acteur mais davantage comme un comique qui se réfugie derrière des mécanismes qui ont à la fois permis son ascension dans les hautes sphères hollywoodiennes dans les années 90 et qui, aujourd’hui, entretiennent une réputation d’amuseur qui ne sied guère avec une vraie reconnaissance de la part d’une certaine intelligentsia. Intelligentsia qui passe perpétuellement à côté de son talent mais qui, dans le cas du film de Baumbach, dut bien se rendre à l’évidence de l’incroyable maestria de sa performance. Car si le réalisateur a joué la sécurité en embauchant des valeurs sûres comme Dustin Hoffman, qui est bien entendu formidable, Emma Thompson, elle aussi excellente, Elizabeth Marvel, parfaite de bout en bout et Ben Stiller, qui a gagné ses gallons d’acteur dramatique grâce à Baumbach (dans Greenberg notamment), il a aussi pris le risque de parier sur Adam Sandler, et donc de s’aliéner une partie de ses détracteurs, pour lesquels Sandler est toujours Little Nicky et Waterboy. Un pari qui s’avère bien entendu gagnant tant Sandler saisit ici l’occasion pour livrer ce qui s’impose à ce jour comme sa plus grande performance d’acteur dramatique. Une performance à ranger aux côtés de celle de Punch, Drunk, Love par exemple, en forme de preuve ultime de la clairvoyance du comédien. Presque logiquement, porté par des dialogues magnifiquement écrits et par une émulation indéniable, Adam Sandler se démarque et se montre excellent. Dès l’introduction, où il donne le change à la géniale Grace Van Patten, au fil de scénettes tragi-comiques, capables de déclencher les rires et les larmes, à l’instar de cette chanson au piano interprétée à quatre mains, qui reste gravée dans les mémoires et s’impose comme l’une des meilleures du long-métrage. Dans The Meyerowitz Stories, Adam Sandler est incroyable. Il convient de bien insister là-dessus tant son travail est d’une justesse absolue et d’une retenue remarquable. Qu’il soit face à Ben Stiller ou à Dustin Hoffman, Sandler reste en place. Le fait que le prix d’interprétation cannois lui ait échappé est un véritable scandale.
Avec ses camarades, Sandler contribue à faire de The Meyerowitz Stories une tranche de vie touchante, génialement construite, rythmée et souvent savoureuse. Le genre qui pose les bonnes questions, qui sonne avec une vraie universalité et qui prend le temps. Le temps de donner du corps à ses personnages et à une histoire aux multiples ramifications qui dit beaucoup sans avoir trop l’air de le faire.
Presque miraculeusement, malgré tout le talent qu’on lui connaît, Baumbach évite les clichés, ne cherche pas forcément à s’affranchir de l’influence de ses aînés (Allen en tête donc) et livre une œuvre douce-amère plus complexe qu’il n’y paraît et infiniment sensible.

En Bref…
Chronique familiale tragi-comique, jamais plombante, toujours tendre, impertinente, souvent drôle et plus originale qu’il n’y paraît, The Meyerowitz Stories évolue sous influence mais parvient néanmoins à trouver sa propre voie (voix). Grâce à une écriture des plus fines et à des acteurs au firmament, dont un Adam Sandler sensationnel, ce beau film s’impose sans problème comme l’un des meilleurs de son réalisateur.

@ Gilles Rolland

The-Meyerovitz-Stories-Stiller-Sandler
  Crédits photos : Netflix


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