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Exposition Valérie Belin | Institut Culturel Bernard Magrez – Bordeaux

Publié le 21 octobre 2017 par Philippe Cadu @ContempodeLArt

Du 27 octobre 2017 au 25 mars 2018 - Vernissage jeudi 26 octobre à partir de 17h

http://www.institut-bernard-magrez.com

Considérée comme l'une des artistes photographes françaises les plus importantes de sa génération, Valérie Belin a remporté le prestigieux Prix Pictet en 2015.

L'Institut culturel Bernard Magrez présente, dans les salles du Château Labottière, une vaste sélection d'oeuvres issues des séries les plus emblématiques de l'artiste. Les photographies présentées dans cette exposition dialoguent entre elles et mettent en lumière la diversité du
travail de Valérie Belin.

Par le traitement de la lumière, des contrastes, les proportions des tirages et autres paramètres savamment orchestrés, Valérie Belin joue de l'incertitude. Devant ses images, il est souvent difficile de dire si ce que l'on regarde est doué de vie ou inanimé, réel ou virtuel, naturel ou artificiel.

SUPERS MODELS ET MANNEQUINS

Les trois oeuvres issues de la série des Super Models ont été réalisées en 2015. Les titres des oeuvres, renvoyant au nom de chaque modèle, ont été empruntés à diverses divinités féminines de la mythologie grecque et de la télévision. Ces divinités sont représentées par des photographies de mannequins de vitrine en fibres de verre, choisis par l'artiste sur catalogue.

Les oeuvres ont été réalisées selon une technique de " sublimation ", en l'occurrence ici par superposition de l'image du mannequin et d'un motif géométrique réalisé au moyen de composants vectoriels. Les oeuvres se présentent sous la forme de photographies en couleur
et en grand format. Le thème de l'archétype ou du " modèle " est un thème récurrent dans le travail de Valérie Belin.

En 2003, elle réalise des portraits de mannequins de vitrine dans un style très réaliste où les objets photographiés apparaissant " plus vrais que nature ", produisent un effet de " surréalité " saisissant.
L'oeuvre de Valérie Belin met en exergue la question de la réalité et celle de l'illusion. S'agit-il de photographies de mannequins, de femmes ou d'objets ?

ALL STAR

Dans le Salon Ovale du Château Labottière, nous retrouvons les All Star, des super-héroïnes photographiées dans un style évoquant la bande dessinée. L'artiste explore dans cette série l'univers des comics, qu'elle utilise comme matériau graphique et expressif pour créer une rencontre avec des personnages qu'elle a elle-même fabriqués.

La rencontre s'effectue par le biais d'une composition sophistiquée où le mouvement, les lignes, les motifs et les rapports d'échelle contribuent à la création de chocs visuels (on y voit par exemple des personnages dessinés de la taille d'une bouche ou d'un cou, ou bien des titres surdimensionnés qui traversent le personnage à des endroits précis comme le front et la gorge...).

Cette série s'inscrit dans une thématique propre de l'artiste. Elle est l'expression d'un chaos déjà exploré dans la série Still Life (2014), dont une oeuvre est également présentée dans l'exposition, à voir le désordre de notre société de consommation. Dans cette dernière
série All Star, Valérie Belin explore la toxicité d'un monde mental chaotique, agité, saturé et obsessionnel.

LES CORBEILLES DE FRUITS

La série des Corbeilles de fruits a été réalisée à l'occasion de l'exposition " Correspondances: Belin / Manet " au musée d'Orsay. Comme l'artiste s'en explique, l'intérêt porté à l'art de Manet réside en partie dans l'attitude que ce dernier avait à l'égard du réel : une attention soutenue à cette présence muette des choses, sans idéalisme, sans prosaïsme exagéré, et que l'on retrouve de manière particulièrement explicite et brute dans ses natures mortes.

Elle joue ici pour la première fois avec autant de liberté et de baroque. L'exubérance des couleurs, la cacophonie visuelle qu'elles introduisent, renforcent l'artificialité du contenu et brouillent même la nature photographique de l'image.

Le tissu des fruits, leurs surfaces et leurs matières, l'empreinte lumineuse même des objets, s'en trouvent relégués au second plan, au profit de plages de couleurs vives, actant du passage d'un régime photographique à un régime de l'image. L'ancrage dans la matière qui signalait l'enregistrement argentique s'éloigne au profit d'un traitement plus pictural.

Institut Culturel Bernard Magrez 16 rue de Tivoli, 33000 Bordeaux Tél 05 56 81 72 77

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