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OrelSan gagné par le syndrome de Peter Pan ?

Publié le 24 octobre 2017 par Storiagiovanna @StoriaGiovanna

Il y a bientôt 6 ans, je m’étais enthousiasmée pour Le chant des sirènes d’OrelSan, tant les thématiques évoquées autour de la crise d’identité qui accompagnait celle de la trentaine me parlaient à l’époque. Curieusement, je m’étais beaucoup moins intéressée au projet Casseurs Flowters (j’ai du mal à trouver un flow intéressant à Gringe, nonobstant un physique avantageux, mais là n’est pas la question).

J’étais donc dans l’attente de La fête est finie, qui est sorti ce vendredi 20 octobre 2017. Je l’ai donc écouté ce matin, et je reste perplexe quant à la construction des chansons qui composent cet album. En effet, beaucoup de chansons du nouvel album sont pourtant construites sur le même système que les chansons de l’album précédent (Suicide social/Défaite de famille ou Basique pour le côté « je crache ma haine à tout vent », RaelSan/San pour le côté égo-trip un peu con, Mauvaise idée/Bonnes meufs, Des trous dans la tête/La lumière…).

A titre personnel, si je trouvais le mal-être d’OrelSan charmant à 30 ans, je le trouve au mieux répétitif, au pire angoissant à 35 ans. C’est pour cette raison que je me demande si Aurélien Cotentin a décidé de rester un ado toute sa vie. Alors certes, les adolescents, c’est le cœur de cible du rap et il faut bien écrire des thématiques qui accrochent à ce cœur de cible. Sauf qu’à force de l’entendre dire qu’il se prend des caisses et se tape des délires de gosses, qu’il a traîné dans un coin pourri durant son enfance, qu’il a envie de s’autodétruire et qu’il crache sur la société, j’ai l’impression d’entendre certaines personnes de mon entourage qui ne brillent pas par leur maturité.

Je rajouterais deux autres gros reproches, mais qui sont une question de goût personnel et pas une question qualitative générale.

  1. Je sais que Maître Gims et Jul règnent en maîtres sur le rap game en 2017, mais ce n’est pas une raison pour céder aux sirènes de l’autotune. Je sais bien que la plupart des détracteurs du rap lui reprochent un manque de musicalité, mais trop de musicalité dans le rap aboutit au R’n’B mal produit.
  1. Un jour, fut rapporté cette anecdote à propos de David Bowie. Chris Martin, leader de Coldplay, lui avait demandé de collaborer à un titre de Mylo Xyloto. Réponse de David Bowie : Il est tellement pourri, votre titre ? C’est ce qu’auraient dû se dire Nekfeu, Stromae, Maître Gims et Dizzee Rascal avant de collaborer sur l’album. Car oui, j’ai un souci avec les collaborations sus-citées. Soit la chanson devient une chanson de Stromae (Tout va bien) ou de Maître Gims (Christophe), soit la collaboration ne sert strictement à rien, comme dans le cas de Zone.

Malgré tout, deux titres ont attiré mon attention pour leur qualité intrinsèque : Notes pour trop tard (sublime morceau de bout en bout des 7 minutes)

et Paradis (même si putain d’autotune)

Bizarrement, ce sont les deux titres qui finissent l’album, comme si OrelSan avait finalement entrevu une possibilité d’évolution vers le monde des adultes et de la relativité. C’est en ce sens où ce que je lui reprochais en début d’article – à savoir le maintien dans une forme d’immaturité et de cynisme propre à l’état adolescent – se retrouve atténué. Comme si, dans sa vie, après des années de colocation avec Gringe, il était en train de se chercher un appartement pour s’installer avec sa compagne.

Autrement dit, La fête est finie est un disque crépusculaire d’un homme au bord de l’engagement et de la vie d’adulte, mais qui livre ses dernières angoisses de jeunesse. Pour être passée par ce stade il y a plusieurs années, en faisant ce genre de choses, on saoûle beaucoup de monde, et OrelSan n’en est pour l’instant pas exempt.



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