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Intérieur nuit, de Marisha Pessl

Par Carolune

J'arrive après la bataille, mais quelle découverte que cet Intérieur nuit de Marisha Pessl !

Intérieur nuit, de Marisha Pessl

La présentation de l'éditeur : 

Par une froide nuit d’octobre, la jeune Ashley Cordova est retrouvée morte dans un entrepôt abandonné de Chinatown. Même si l’enquête conclut à un suicide, le journaliste d’investigation Scott McGrath ne voit pas les choses du même œil. Alors qu’il enquête sur les étranges circonstances qui entourent le décès, McGrath se retrouve confronté à l’héritage du père de la jeune femme : le légendaire réalisateur de films d’horreur Stanislas Cordova - qui n’est pas apparu en public depuis trente ans. Même si l’on a beaucoup commenté l'œuvre angoissante et hypnotique de Cordova, on en sait très peu sur l’homme lui-même. La dernière fois qu’il avait failli démasquer le réalisateur, McGrath y avait laissé son mariage et sa carrière. Cette fois, en cherchant à découvrir la vérité sur la vie et la mort d’Ashley, il risque de perdre bien plus encore… Jouant avec les codes du thriller, incluant dans son récit des documents, photographies, coupures de journaux ou pages web, Pessl nous entraîne dans une enquête vertigineuse autour de Stanislas Cordova et de sa fille, deux êtres insaisissables attirés par l’horreur et le mal. L’inventivité de l’auteure et son goût indéniable pour les pouvoirs de la fiction font penser tour à tour à Paul Auster, Georges Perec, ou Jorge Luis Borges. Avec son style maîtrisé et ses dialogues incisifs, ce roman, sous l’apparence classique d’un récit à suspense, explore la part d’ombre et d’étrangeté tapie au cœur de l’humain.

C'est un livre dont j'ai entendu parler par une adoratrice de Borges, notamment, ce qui a suffi à me donner une grande envie de le lire. Cette envie a été décuplée lorsque je suis allée l'emprunter à la bibliothèque, et que ma bibliothécaire me l'a tendu en me disant "Oui...alors ce livre-là, il m'a marquée, mais je ne sais pas pourquoi...C'est un livre bizarre...". Il ne m'en fallait pas plus pour m'y atteler jour et nuit...

Sans rien dévoiler ni ajouter sur ce qui a déjà été beaucoup écrit sur ce livre lors de sa sortie en 2015, il s'agit d'un livre qui joue avec les frontières, les limites, celles de la réalité objective par rapport à la fiction, mais aussi, et surtout, celles de notre esprit, en le piégeant allègrement d'un bout à l'autre, par des rebondissements malins et troublants. L'ensemble demeure cependant assez simple et ne demande pas un effort de lecture considérable...contrairement à un livre qu'il m'a évoqué, un grand classique de la littérature tordue : j'ai nommé la mythique Maison des Feuilles. La seule limite, justement, que j'aie trouvée à ce jeu avec les frontières est l'inclusion de documents "quotidiens" comme des pages webs, rapports de police, coupures de journaux, dont je crains qu'ils n'empêchent le livre de fonctionner hors de son contexte historique, sub specie aeternitatis, alors qu'il a par ailleurs des qualités qui lui permettraient d'y prétendre. 

Bref, Borgesiens en quête d'une lecture assez légère mais dans l'ombre du Maître, amateurs de thrillers intellos, tordus et troublants, passez vite en Intérieur nuit !  


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