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Cigarettes After Sex : « l’acoustique dès 3h00 du matin est incroyable »

Publié le 05 novembre 2017 par Efflorescenceculturelle
Quelques verres après leur set intimiste sur la scène du Pitchfork Music Festival, nous avons rencontré Cigarettes After Sex. Le groupe le plus nocturne de notre génération nous raconte son pèlerinage.

Ce premier album semble être le résultat d'un travail mûri pendant de nombreuses années. N'êtes-vous pas un peu " possédés " par ces morceaux, depuis le temps ?

Comment vous êtes-vous donnés le feu vert pour un album ?

R.M : Indéniablement. Affection a été la ligne directrice des notre session d'enregistrement.

Vous êtes plutôt à composer le jour ou la nuit ? Je crois que la réponse est évidente...

R.M : En plus de nos relations amoureuses, l'album a été notre partenaire nocturne. A partir de minuit, on a commencé à se prendre au sérieux et à écrire.

G.G : L'acoustique dès 3h00 du matin est incroyable. La nuit, tout est calme, tout se métamorphose. Cela laisse suffisamment de place à la musique, alors elle prend forme et peut " sonner ".

Nous avons écouté un " album perdu " de Cigs sur YouTube, intitulé Roman 13:9... Il est très rock, comparé à vos sonorités actuelles. Cette période est-elle révolue ?

Romans 13:9 aborde des vibes très " californiennes ", avec ces grosses guitares saturées... c'est l'exact contraire de ce qu'est devenu votre groupe aujourd'hui. On parle de Cigarettes After Sex comme le parfait représentant du " slow-core "... vous en pensez-quoi ?

R.M : Quand on y réfléchi, c 'est un peu comme le slow-motion au cinéma, mais en musique. Un parti pris intéressant. Pourquoi pas ?

J'y pense beaucoup en écoutant votre titre " Opera House ". Cette batterie, incroyable en retenue par rapport aux autres instruments. Y a t-il un message émotionnel qui est transmis à travers vos arrangements ?
" Il existe une romance entre les artistes
et la drogue "
Maintenant que votre groupe est exposé à la célébrité et se produit dans les plus grands festivals, n'avez vous pas peur de la page blanche ? Devoir écrire et composer, alors que vous ne vous sentez pas de le faire, pour répondre à une demande forte ?

Avec qui avez vous grandi en musique ?

R.M : Le bassiste James Jamerson, qui vient du fameux label Motown. Étant petit, j'étais fasciné par ses sons, ses notes de basses si simples mais qui vont droit au but. Aujourd'hui, je m'en inspire énormément. Aucune note n'est gâchée.

G.G : Mes inspirations brassent large, ça peut aller de Flamingos à Cocteau Twins, en passant par du free jazz totalement déstructuré et de l'expérimentation à la Miles Davis.

Le jazz, c'est important pour vous, non ?

G.G : Pour tout vous dire, j'ai été un jazz-man fut un temps, je composais des ballades sans grande envergure, c'est une époque qui appartient au passé.

" Cigarettes After Sex ", ça ne l'entend pas tout les jours...

Je trouve ça catchy, ça attire l'attention mine de rien !

R.M : C'est très connecté à nos vies personnelles.

G.G : Ce sont des mots qui caractérisent la relation humaine. La cigarette et le sexe, deux choses qui ponctuent la vie de beaucoup d'entre nous, non ? Le nom m'est venu comme une évidence. C'était le petit matin, ma partenaire et moi avions eu de beaux ébats et elle me regardait dans la pénombre, allumant une cigarette. " Cigarettes Atfer Sex "... ça m'a frappé, ça s'est affiché devant moi comme un titre de film... oui, c'est très mêlo-dramatique, mais c'est arrivé.

Les relations, un thème central notamment dans Affection, où vous parlez d'un homme sous l'emprise de l'alcool, qui est empreint de l'amour....

La musique est une drogue douce pour vous ?

G.G : Totalement. Quand on arrive sur scène, on est pris par l'adrénaline.

Vous consommez de la drogue avant, et après un concert ?

R.M : On a jamais essayé. On veut être pro. Faire un bon concert, quoi . Il faut réussir à transmettre notre musique. En voyant flou, on y arriverait pas ! C'est du respect pour le public. Je pense qu'il existe une sorte de " romance " entre les artistes et la drogue, une sorte de fascination. Pas avec nous, du moins, pas pour le moment.

Pourquoi ne pas avoir nommé plus précisément votre album ?

*une table tombe au loin et provoque un vacarme*

Vous êtes heureux en tournée ?

R.M : On respire. On vit beaucoup de choses incroyables.

Que vous inspire cette ville lumière ?

Si vous deviez composer la bande-originale d'un film, dites-nous en plus ?

G.G : Les films de science fiction intimiste, sans trop d'effets spéciaux. Ils possèdent une ambiance toute en retenue, fournie en en non-dit et ils cultivent un mystère qui nous touche. Je pense à ces longs travellings, contemplatifs. C'est un peu ce que nous souhaitons transmettre, au fond, avec notre musique.

Votre musique est cinématique, c'est volontaire ?

R.M : La vie est comme un long film, non ?

Cigarettes After Sex, l'album éponyme, disponible chez Partisan Records.

Merci à l'organisation du Pitchfork Music Festival d'avoir permis cette rencontre.


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