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Même s’il est difficile de voir quelque chose, cela ne nous empêche pas de découvrir l’horreur que cache le recueil Brume (Tome 1) de Stephen King ;)

Publié le 05 novembre 2017 par Desmondagreen @DesmondGreen6

Un peu de lecture cette semaine avec un recueil de nouvelles d'horreur (eh oui, encore 😉 ) de Stephen King, le tome 1 : .

Brume est un recueil de nouvelles d'horreur de Stephen King publié en 1985 et qui a reçu le prix Locus du meilleur recueil de nouvelles de 1986.
Brume se divise en deux tomes, Paranoïa et La Faucheuse, car l'ensemble de l'œuvre contient 22 nouvelles !
La plupart de ces histoires ont été publiées dans divers magazines ou anthologies au début des années 1980 mais certaine sont plus anciennes comme En ce lieu des tigres et La révolte de Caïn publiées alors que Stephen King était encore étudiant à l'université du Maine.

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Plusieurs dizaines de personnes se retrouvent enfermées dans un supermarché pour échapper à des créatures inconnues apparues avec une brume étrange qui a recouvert la petite ville de Bridgton.
Significativement plus longue que les autres nouvelles du recueil (environs 150 pages), elle met la barre très haute ! Le protagoniste principal David Drayton - qui est aussi le narrateur - se retrouve avec son fils à aller au supermarché après qu'un orage très violent ait fait d'énormes dégâts dans sa propriété. C'est là que le cauchemar commence. Après l'orage, une brume épaisse et étrange apparait jusqu'à englober toute la ville. Ainsi Brume se transforme rapidement en huit clos où les gens piégés dans le supermarché par la brume n'osent pas sortir car certains leurs rapportent des faits étranges qui se passent dans la brume.
King parvient à créer un climat oppressant, on voit les tempéraments de chaque personnage se manifester. Après la panique et les altercations, les gens dans le supermarché finissent par s'organiser comme s'ils étaient des survivants. Les uniques survivants. Mais de quoi ? On se pose rapidement la question sur ce qui rode dans la brume, et la réponse arrive tout aussi vite.
King va présenter tout un tas de monstre particulièrement horrifiques et cauchemardesques - qui semblent sorti de l'univers de Lovecraft - pour tourmenter les habitants du supermarché. Au fur et à mesure que l'histoire avance les monstres se révèlent et on commence à se demander d'où ils sortent ? Qu'est ce qui les a amenés ici ? Et surtout jusqu'où s'étend cette brume ?
Stephen King aborde des thèmes récurrents à ses travaux, notamment sa méfiance envers le gouvernement, et on retrouve aussi le thème " placer des gens ordinaires dans une situation extraordinaire " révélant ainsi les personnalités des gens qui se sont retranchés dans le supermarché. Certains se montrent héroïques et d'autres particulièrement sombres.
Cette nouvelle est passionnante du début à la fin, mélangeant suspense et horreur avec brio. Bien qu'un peu longue, cette nouvelle offre un récit qui fait froid dans le dos et qui est maitrisé du début à la fin !

" En ce lieu, des tigres "
Charles, un jeune garçon, se rend dans les toilettes de l'école et tombe nez-à-nez avec un tigre. Kenny, un de ses camarades envoyé par la maîtresse, vient le chercher mais ne croit pas son histoire et se fait dévorer. La maîtresse arrive à son tour et Charles retourne en classe pendant qu'elle entre dans les toilettes.
Nouvelle totalement étrange. Très courtes, uniquement quelques pages, on ne comprend pas vraiment où King veut en venir. Ce n'est pas horrifique et niveau moral on se sent perdu. Il y a peut-être le principe " A force de crier au loup on ne vous croit plus lorsque c'est vraiment le cas ". C'est tout ce que je peux sortir de cette nouvelle :p
Pas passionnante du tout, on se demande vraiment ce qu'elle fait là...

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Quand Hal et Bill étaient enfants, ils avaient l'habitude d'aller explorer le grenier de leur tante Ida car ils trouvaient à chaque fois quelque chose à leur goût. Un jour, Hal trouva un singe tenant des cymbales. Au début, il le trouvait amusant mais très vite, il se rendit compte que ce singe était maléfique. A chaque fois qu'il se mettait à percuter ses cymbales un accident fatal se produisait. Hal chercha à s'en débarrasser. Il le jeta dans le vieux puits de sa tante. Mais il était loin de se douter que vingt ans après, il allait de nouveau être confronté à ce singe.
Sympa mais sans plus. J'ai aimé le principe de prendre quelque chose de " banale " et d'en faire quelque chose d' horrifique ! Un singe mécanique peut facilement devenir comme un clown, relativement effrayant, et King parvient à le rendre effrayant sans problèmes. A chaque fois que le singe se déclenche - bien entendu tout seul - quelqu'un meurt. Et rien ne permet de s'en débarrasser, on a beau le jeter au fond d'un puits il réapparait comme par magie à côté de vous. Totalement effrayant comme principe ! Hal est troublé et choqué face à un tel objet démoniaque, et nous aussi 🙂
Là où cette nouvelle a du mal, c'est au niveau du récit qui fait de nombreux flashback. King veut jouer sur le passé et le présent en même temps, mais je trouve que cela casse la dynamique de l'histoire et on décroche facilement bien que l'horreur soit là.

" La révolte de Caïn "
Un étudiant dépressif prend son fusil et tire au hasard sur des gens depuis la fenêtre de sa chambre de dortoir.
Une nouvelle courte, et horrible d'un point de vue naturel et non surnaturel, ce qui rend la chose dans un sens bien plus horrible. On sent que King veut nous parler de la pression que peuvent ressentir certains étudiants. Tout le monde n'a pas le même mental et pour certain il suffit d'un rien pour craquer. D'après ce que j'ai pu lire, King se serait aussi inspiré de l'histoire de Charles Whitman pour cette nouvelle.
A lire, mais ne restera pas dans les mémoires non plus.

" Le raccourci de Mme Todd "
Mme Todd est obsédée par l'idée de trouver des raccourcis en voiture. Elle soutient à Homer, un ami du narrateur, qu'elle en a même trouvé certains qui sont plus courts qu'une ligne droite entre deux points. Incrédule, Homer accepte de l'accompagner dans l'un de ses voyages alors que Mme Todd paraît de plus en plus jeune.
Une nouvelle très bonne que j'ai adoré lire ! Bien que le début soit trouble, on ne sait pas trop où King veut en venir. Homer raconte son histoire au narrateur mais la finalité n'est pas claire, toutefois, arrivé au milieu de la nouvel on commence à comprendre ce qu'il en est et c'est un vrai plaisir !
Le principe des voyages de Mme Todd fait rêver et nous plonge dans une horreur légère et intrigante. On veut tout de suite en savoir plus sur les routes que parvient à prendre Mme Todd. La faune qu'elle y croise ferait presque penser à des origines Lovecraftienne 🙂
A lire sans hésiter !
Il est marrant de voir que King s'est inspiré de sa femme pour créer le personnage de Mme Todd, car elle cherche toujours à trouver des raccourcis :p

" L'excursion "
Au XXIVéme siècle, la téléportation est un moyen de transport courant entre les planètes. Mais les scientifiques ont découvert après des tests qu'il est nécessaire d'être inconscient pour pouvoir être téléporté sans risques et qu'il ne faut surtout pas tenter d'aller à l'encontre de cette règle de sécurité primordiale !
Ici King s'essaie à un style qui n'est pas le sien, la science-fiction. Bien qu'il y ait une touche d'horreur, nous sommes clairement dans le cas d'un récit SF. Il ne s'en sort pas trop mal. L'histoire traine, traine énormément. On se doute plus ou moins où il veut en venir, mais il se perd dans beaucoup de détails et d'éléments pour expliquer la téléportation. On se retrouve autant perdu que lui, mais la fin vaut vraiment l'attente.
C'est en définitif un récit bien trouvé qui vaut le détour !

" Le Gala de noces "
Un musicien de jazz raconte comment, pendant la prohibition, un petit escroc s'est fait abattre par un rival durant la réception suivant le mariage de sa sœur et comment son imposante sœur a entrepris alors de se venger, transformant le petit business de son frère en vaste empire criminel.
Cette nouvelle ne touche pas à l'horreur. Pour moi elle est ancrée dans la réalité pour nous offrir u n récit fort sympathique de truands. Mais des truands auxquels on ne s'attend pas. Bien trouvé, bien écrite, et la fin est de qualité. Rien à redire sur ce Gala de Noces, j'ai adoré ! 😉

" Paranoia : une mélopée "
C'est un poème écrit à la première personne dans lequel le narrateur est un paranoïaque qui se croit surveillé et persécuté.
Très franchement, ce n'est pas pour être méchant, mais je trouve que c'est sans intérêt. Heureusement cela ne dure que quelques pages. Ouf 😉

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Quatre étudiants, deux filles et deux garçons, ont entrepris d'aller se baigner au milieu d'un lac en empruntant un radeau. L'un d'eux remarque une forme semblable à une nappe de pétrole qui semble les suivre. Cette chose s'empare successivement de deux des jeunes gens et les dissout comme dans de l'acide. Les deux survivants sont piégés sur le radeau.
Alors que l'on ne s'y attend pas, Le Radeau se transforme plus ou moins en huit clos. Dès les premières pages ont à peur pour eux, on se sent oppresser et on se demande comment ils vont réussir à s'en sortir. King nous met dans une très bonne ambiance stressante, tout en ajoutant ce qu'il faut d'horreur avec une nappe gloutonne qui aime bien manger de l'humain 😉
Très bon récit pour terminer ce tome 1 de Brume !

Le premier tome de Brume, bien qu'inégal, vaut à mes yeux un beau 16/20 rien que pour la première nouvelle.
Bien que le poème, ou encore que En Ce Lieux, Des Tigres et La Révolte de Caïn ne soient pas super passionnantes, le reste est de qualité. King reste dans son style la plupart du temps avec des récits horrifiques très agréables à lire, mais tente aussi des incursions dans la science-fiction et dans le style histoire de truands. A chaque fois il réussit son coup et parvient à nous garder connecté au récit, et surtout nous surprendre sur la fin.
Brume Tome 1 : Paranoïa est un très bon recueil de nouvelles que j'ai adoré lire comme bon nombres d'oeuvres de King. Toutefois ce recueil n'atteint tout de même pas le niveau de Danse Macabre, mais permet de s'évader dans l'horreur que King sait si bien nous raconte r 😉

Enjoy !
A bientôt,

D.A. Green


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