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Le sacrifice de Tarkovski

Par Etcetera

Le sacrifice de Tarkovski
Le début de l’histoire :
On est dans la campagne suédoise. Le personnage principal, professeur d’université d’un âge déjà respectable, plante un arbre mort et parle à son petit garçon qui joue un peu plus loin et qui est muet : il a un bandage autour de la gorge car il a été opéré récemment. Dans son long monologue, le professeur dit qu’on peut ressusciter un arbre mort à condition de l’arroser tous les jours invariablement, à heure fixe, pendant des années. Il fait l’éloge des systèmes ordonnés et immuables. Bientôt, le facteur sur son vélo rejoint les deux personnages et donne au professeur une carte d’anniversaire. Le facteur se met à lui parler de Nietzsche et de l’Eternel Retour. Il s’ensuit un dialogue entre les deux hommes sur le fait que la vie n’est souvent qu’une attente de la vraie vie. (…)

Mon avis :
La première heure du film est extrêmement bavarde mais, pour autant, les scènes ne sont pas statiques, les personnages sont sans arrêt en mouvement, tournoyants, et les thèmes philosophiques abordés ne sont pas difficiles à suivre.
Le scénario est riche en rebondissements inattendus, très surprenants, qui échappent à la logique ordinaire mais semblent avoir leur propre forme de logique et donnent à l’histoire plusieurs niveaux de lecture : est-ce l’histoire d’un homme qui délire ou l’aventure surnaturelle d’un homme qui a fait un pacte avec le Ciel ?
Tout le long du film, des images très fortes, très belles, et plus ou moins inexplicables surgissent inopinément, comme cette jeune fille nue courant derrière des poules dans un couloir, ou cette séquence en noir et blanc d’une foule en pleine bousculade, vue du dessus, dans une rue, et qui donnent une impression fortement onirique.
Pour autant, Le Sacrifice est un film relativement clair, avec des événements qui se suivent de manière cohérente et des dialogues compréhensibles, et je l’ai trouvé beaucoup plus facile à suivre que, par exemple, Le Miroir, auquel je n’avais pas compris grand chose.
Je n’ai pas pu m’empêcher de voir des symboles et des sens cachés dans ce film, comme j’en avais également vu dans Le Miroir, mais je crois savoir que Tarkovski n’aimait pas qu’on fasse ce genre de lectures de ses films, et qu’il était favorable à une approche plus simple et directe.
En tout cas, je ne me risquerais certainement pas à vous expliquer ce film ni les liens sous-jacents entre Nietzsche, la guerre nucléaire, un enfant muet qu’il faut préserver des dangers, un arbre mort qu’il faut faire refleurir, et le tableau L’adoration des Mages de Léonard de Vinci.
Un film d’une esthétique superbe, aux dialogues brillants, et à la logique étrange.



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