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Le bizutage, c’est mal ?

Publié le 10 novembre 2017 par Tiavina Kleber @ktiav_

La saison des WEI s’est conclue dans la joie et l’allégresse à quelques décès près et il est désormais temps d’agrémenter nos archives sur un point essentiel de la vie étudiante : le bizutage. Dans cette optique, nous vous avons récemment demandé votre avis sur la question de manière à savoir quelle est la mentalité à ce propos.


Le bizutage, c’est mal ?

Scène d'intégration typique de notre terroir, issue d'un film American Pie

Pour commencer, présentons les chiffres qui nous intéressent guère : parité exacte entre hommes et femmes parmi les réponses, des âges compris de 17 à 30 avec un bon pic autour de 21 ans et dominance des filières de droit – éco G dans les réponses suivies de très près par les filières de santé. OK, et après ? Nous avons mélangé 3 séries de questions à base d’expérience personnelle, d’avis et de culture (sans prétention, hein?).

Quel est votre vécu par rapport au bizutage ?

Premièrement, pour ce qui est de l’expérience, les chiffres sont simples : une petite moitié des sondés ont répondu avoir déjà été témoin de bizutage, un tiers a déjà fait l’objet de bizutage et, enfin, un quart a déjà bizuté quelqu’un. Sans surprise, ce sont les étudiants de médecine, pharma et droit – éco G qui ont été le plus témoin de bizutage et qui en ont fait l’objet et ce dans les mêmes proportions, cependant les étudiants de droit – éco G ont bien moins pratiqué le bizutage alors que les filières de médecine et pharma restent constante à ce sujet (le bizutage, ça se transmet). On notera quand-même la participation dans ce groupe d’étudiants isolés en SHS, maths-info et psychologie.

Contrainte, motivation, incitation : c’est la même ?

Deuxièmement, nous avons voulu savoir ce que vous pensiez de différentes propositions : pouvaient-elles être du bizutage ou non ? En réalité, ces questions servaient à étudier l’impact des termes sur la perception car, globalement les 3 questions réutilisaient les mêmes idées de fond mais en parlant alternativement d’incitation, de motivation et de contrainte et en usant de mots plus ou moins vagues. Constat ? Sans surprise encore la contrainte et largement associée au bizutage. Mais ce à quoi on ne s’attendait pas concerne les mots inciter et motiver. Il semble en fait que la motivation à faire quelque chose soit plus associée au bizutage que l’incitation (que nous trouvions pourtant plus forte dans l’idée). Et les résultats sont sans appel : alors qu’il y a un écart de 10 % entre les réponses concernant la motivation et la contrainte, il peut y avoir des écarts allant jusqu’à 40 % concernant l’incitation et la motivation !
A titre d'exemple, nous demandions si la motivation consommer de l'alcool, l'incitation à subir une modification corporelle ou la contrainte à un acte sexuel pouvaient être considérées comme du bizutage.

Acceptation du bizutage

Enfin, tout cela ne nous disait pas si le bizutage est perçu en mal ou non. En effet, si telle ou telle pratique plus ou moins barbare est considérée comme du bizutage, ça ne signifie pas qu’elle est mise en pratique par ses adeptes ! Premièrement, pratiquement tous les sondés ont répondu que le bizutage est illégal. C’est très juste puisque la loi du 18 juin 1998 définitle délit debizutage comme « le fait pour une personne d’amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations ou de réunions liées aux milieux scolaire et socio-éducatif ». Malgré tout, un sondé sur quatre est pour le bizutage et seulement un tiers se dit prêt à dénoncer un acte de bizutage de manière absolue alors que la moitié se dit prête à le faire selon la gravité. L’interdiction du bizutage est donc bien connue, pourtant elle reste un phénomène social largement accepté. De fait, le bizutage fait partie de la tradition étudiante et les actes graves restent isolés. Même s’il faut rappeler que le consentement n’enlève rien à l’illégalité de la chose, il faut quand-même en déduire que c’est un frein certain à la répression.

Des regrets ?

Oui, déjà on aurait dû demander qui était dans une association étudiante, même si on pense que ça représente la majorité des sondés. Ensuite, nous n’avons pas été assez explicite : il existe bien deux types de bizutage. Il y a celui des média et des films, celui qu’on dénonce, celui qui fait des victimes et puis il y a le bizutage soft, les blagues qui flirtentde très près avec la limite du harcèlement moral, sexuel ou physique mais qui ne la franchissent pas. Malheureusement, cette distinction n’existe pas pour la loi qui,ne l’oublions pas, a été portée par la même personne qui fustigeait les mangas pour leur violence et où les femmes étaient torturées… 

N'oubliez pas de répondre à notre questionnaire suivant !


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