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[Critique] Borg/McEnroe

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] Borg/McEnroe

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Titre original : Borg vs. McEnroe

Note:

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Origine : Suède/Finlande/Danemark
Réalisateur : Janus Metz Pedersen
Distribution : Sverrir Gudnason, Shia LaBeouf, Stellan Skarsgård, Tuva Novotny, Ian Blackman, Scott Arthur, Tom Datnow, David Bamber, Jane Perry….
Genre : Biopic/Drame
Date de sortie : 8 novembre 2017

Le Pitch :
1980. Björn Borg est le meilleur tennisman du monde. Alors qu’il s’apprête à battre le record de victoires consécutives au tournoi de Wimbledon, il voit débarquer un challenger de taille. Numéro 2 mondial et précédé d’une sulfureuse réputation, l’imprévisible John McEnroe compte bien gagner. La rencontre entre les deux donnera lieu à l’un des plus légendaires affrontements de l’histoire de la balle jaune. Histoire vraie…

La Critique de Borg/McEnroe :

Les rivalités sportives ont souvent donné lieu à des confrontations légendaires, mais aussi à de très bons films. On a notamment en tête Les Chariots de Feu, Le Prodige ou plus récemment Rush. C’est d’ailleurs à ce dernier que Borg/McEnroe fait penser le plus. Venu d’Europe du Nord, doté d’un budget promo moins élevé que le blockbuster de Ron Howard, le film de Janus Pedersen n’en demeure pas moins digne sur bien des points…

borgmcenroe

A Song of Ice and Fire ?

Dans la tradition des films de ce registre, Borg/McEnroe met face à face deux antagonistes dont la rivalité transcende le cercle des amateurs de sport. Des différences de style, de tempérament, de personnalité, de popularité et même de rang social. Difficile de ne pas voir en Borg le Lauda joué par Daniel Brühl dans Rush. Selon les commentateurs en manque d’adjectifs, l’affrontement des deux stars était celui entre la glace et le feu. Surnommé Iceberg, Borg était peu communicatif, toujours concentré, il paraissait sans émotions et ne laissait pas éclater sa joie. En face, McEnroe était l’archétype de l’Américain arrogant, fort en gueule. Un joueur connu pour ses éclats de colère d’anthologie sur les courts, autant détesté que son adversaire était adulé.
Mais ce que le film nous dévoile, c’est justement des personnalités bien plus complexes que ce que les spécialistes du sport ont bien voulu nous faire croire.
Le scénario souligne par exemple les nombreuses fêlures de l’Iceberg qui au fond, ressemble un peu à McEnroe . De son côté, l’impulsif américain nous est montré à l’aune de sa sensibilité à fleur de peau. Bien loin des démonstrations de testostérone que peut évoquer le choc de telles personnalités, le film préfère tabler sur une tension permanente où la psychologie a autant d’importance que le physique. Si la recette a déjà été vue à l’écran, cela reste toujours efficace.

Jeu décisif

On peut néanmoins regretter une chose : les deux protagonistes de Borg/McEnroe ne sont pas exposés à l’écran de manière égalitaire. On est moins dans un biopic de deux tennismen (avec en point d’orgue leur affrontement final) que dans le récit du déclin surprise de l’une des plus grandes stars du tennis. Cette vision qui peut déboussoler est le seul bémol du film. Autant dire que ce n’est pas grand-chose à côté des grandes qualités dont il sait faire preuve.
La réalisation, par exemple, est sobre, prenant le parti du réalisme (Janus Metz Pedersen est surtout connu pour son documentaire Armadillo) avec un énorme travail sur la photographie. Le tour de force résidant ici à rendre cinégénique un sport qui ne l’est pas forcément vu qu’il entraîne l’obligation de multiplier les champs-contrechamps. La tension est entretenue et quand on ne connaît pas le tennis, on se surprend à suivre la finale comme si on était devant un thriller. On assiste à un affrontement homérique digne d’un match de boxe où les deux joueurs vont se rendre coup pour coup, dépassant à chaque fois leur point de rupture tandis que l’atmosphère devient presque irrespirable et ce, grâce à des acteurs qui livrent leur meilleur.
En cela, la révélation de Borg/McEnroe est Sverrir Gunadson, qui donne corps à toute la complexité de la personnalité de Borg. Inconnu sous nos latitudes, il est bluffant de justesse et livre une palette d’émotions large en dépit de l’obligation d’être le moins expressif possible durant une longue partie du film. Il réussit à voler la vedette de Shia Labeouf. De son côté, ce dernier montre néanmoins que son choix par Pedersen est justifié. Il y a d’ailleurs un peu de McEnroe dans LaBeouf : c’est un très bon acteur mais en revanche, sa personnalisé divise. Des choix risqués, des performances artistico-politiques trop conceptuelles et des déclarations à l’emporte-pièce lui ont valu bien des détracteurs. Quand McEnroe éructe des insultes et des doigts d’honneur aux spectateurs qui le huent copieusement, on peut y voir une revanche de LaBeouf sur ceux qui le conspuent. Et niveau jeu, il livre là probablement l’une des prestations les plus belles et les plus investies de sa carrière.

En Bref…
Borg/McEnroe est une réussite indéniable. Sa réalisation toute en sobriété met en avant la psychologie de sportifs soumis à un énorme stress physique et psychologique. À l’écran, cet affrontement entré dans la légende du sport se transforme quasiment en thriller. Gudnason et Labeouf livrent des prestations exceptionnelles et rendent justice aux grands champions qu’ils incarnent. Sans conteste l’un des temps forts de l’année cinéma.

@ Nicolas Cambon

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  Crédits photos : Pretty Pictures


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