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[Critique] PEARL JAM : LET’S PLAY TWO

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] PEARL JAM : LET’S PLAY TWO

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Titre original : Pearl Jam : Let’s Play Two

Note:

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Origine : États-Unis
Réalisateur : Danny Clinch
Distribution : Eddie Vedder, Mike McCready, Jeff Ament, Stone Gossard, Matt Cameron, Boom Gaspar…
Genre : Documentaire/Concert
Date de sortie : 13 novembre 2017

Le Pitch :
Août 2016. Pearl Jam revient à Chicago, au légendaire stade de Wrigley Field pour deux dates événement, alors que les Cubs, l’équipe de base-ball locale, sont parvenus pour la première fois en 108 ans, à se hisser jusqu’aux World Series. L’occasion pour Danny Clinch de dresser un parallèle entre la montée en puissance de l’équipe et la carrière de Pearl Jam. De revenir sur la passion d’Eddie Vedder pour ce sport si fédérateur, lui qui est d’ailleurs natif de Chicago. Le tout entrecoupé de morceaux joués sur scène devant une foule en liesse…

La Critique de Pearl Jam : Let’s Play Two :

Let’s Play Two raconte l’histoire d’un petit garçon passionné de base-ball. D’un gamin de Chicago qui est devenu l’une des plus grandes rock stars du monde. Le leader de Pearl Jam, l’un des plus dignes et flamboyants représentants de la scène grunge de Seattle. Un gamin qui n’a jamais cessé de vibrer devant les exploits de son équipe, pourtant plus habituée aux défaites qu’aux victoires, et qui, en 2016, est revenu remplir le stade de Wrigley Field à l’occasion de deux shows d’anthologie, juste après l’extraordinaire saison de ces chers Cubs, revenus au sommet après des décennies de disgrâce…

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Homerun

Le pari était plutôt risqué et pour le coup très ambitieux et original. Mettre en parallèle l’histoire d’un groupe, le filmer en live, et raconter en même temps la saison d’une équipe de base-ball. Ok, Pearl Jam et le base-ball sont intimement liés. Ne serait-ce que parce qu’Eddie Vedder, le chanteur, est un fan absolu de ce sport. Mais pour autant… La sauce pouvait-elle prendre ? Surtout pour nous Français, qui ne pigeons pas grand chose au base-ball, un sport qui n’a jamais réussi à véritablement prendre en dehors des frontières des États-Unis. Devant le rockumentaire, la réponse à ces craintes coule de source, car non seulement Let’s Play Two présente Pearl Jam au meilleur de sa forme, la rage au ventre, sur scène, mais il parvient aussi à mettre en exergue des liens viscéraux et à dessiner en filigrane un récit passionnant, dont l’un des effets est de coller une banane monumentale. Peu importe qu’on aime ou non le base-ball, qu’on connaisse ou pas les Cubs ou encore qu’on connaisse les règles de ce sport. Ici, ce qui compte, ce sont des sentiments fédérateurs. Ceux qui sont à la base de la relation qu’entretient un groupe avec ses fans et qu’un amateur éprouve envers son équipe favorite. Let’s Play Two n’est donc pas seulement un concert filmé, mais aussi une vraie métaphore exaltante et exaltée qui puise sa force dans un concept remarquablement exploité et dans la puissance évocatrice de chansons dont les thématiques et donc les paroles, trouvent souvent un bel écho dans ce qui nous est montré à l’écran.

Alive

Danny Clinch a de nouveau bénéficié de toute la confiance du groupe, 10 ans après son précédent concert filmé, pour le DVD Immagine in Cornice (tout à fait recommandable). Clinch dont l’exploit fut de rendre universel quelque chose qui, sur le papier, aurait pu ne pas l’être. Let’s Play Two n’est donc pas une œuvre trop américaine. Pas du tout. On le croit au début, on commence à être happé très rapidement, alors qu’Eddie Vedder, Mike McCready, Jeff Ament et les autres enfilent les tubes avec l’énergie qui a façonné leur légende, et on se rend compte avant même de l’admettre qu’on est à fond dedans. La chair de poule s’invite régulièrement à la fête et on se prend à vibrer pour les Cubs, comme dans un film de cinéma. À l’instar des longs-métrages qui ont su rendre des sports assez clivants intéressants, en cela qu’ils permettaient d’illustrer des points de vue et autres thématiques fortes, Let’s Play Two parvient à passionner sur la longueur. Il se montre de plus étonnamment immersif et s’impose comme un vrai tour de force et non simplement comme un live filmé. Ce qui aurait déjà été énorme vu qu’on parle tout de même ici de Pearl Jam, soit l’un des meilleurs groupes de scène encore en activité. Pearl Jam dont la setlist est d’ailleurs aux petits oignons. Tandis qu’Eddie Vedder accueille sur scène quelques invités, il enquille les tubes en compagnie de ses compagnons de fortune. Ceux des débuts, plus rageurs, et les plus récents. Des reprises aussi comme cette superbe version du I’ve Got A Feeling des Beatles ou le I Believe In Miracles des Ramones, que Pearl Jam avait gravée en 2003 pour la compilation We’re A Happy Familly (Vedder qui était un proche de Johnny Ramone). Généreux, Pearl Jam prouve une nouvelle fois que la meute impétueuse et vindicative du grunge s’est peu à peu mue en phénomène rock and roll au sens plus large. N’y voyez pas une critique, bien au contraire. L’évolution est nécessaire pour continuer à alimenter une machine qui doit composer avec le poids des années. Pour faire avec l’âge… Pearl Jam s’est alors presque « Springsteenisé » mais pour le meilleur. Pour toucher à quelque chose d’encore plus universel. Ce qu’il prouve chaque fois qu’il monte sur les planches et ce qu’il démontre brillamment dans Let’s Play Two, ce film sur la passion d’un gamin et de tout un peuple pour le base-ball et pour le rock and roll. Sur la magie de la musique et ses effets sur les vies de tout un chacun. Sur le pouvoir du sport, sur l’entraide et la puissance de la ferveur collective.
Deux heures durant, jusqu’à la dernière minute (surprise après le générique de fin), Let’s Play Two nous prend par la main et nous fait décoller. Très vite et très haut.

En Bref…
Il fallait oser mettre en parallèle rock and roll et base-ball. Ici, l’histoire d’Eddie Vedder et de Pearl Jam se télescope avec celle des Cubs et des fans de base-ball. Porté par des tubes galvanisants au possible, magnifiquement capturé par un réalisateur lui-même porté par la puissance du show, ce rockumentaire absolument indispensable qui se montre aussi généreux en images d’archives, saisit l’insaisissable et se fait le déclencheur d’émotions diverses face auxquelles il est bon de s’abandonner. En musique. Toujours en musique…

@ Gilles Rolland

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