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Citizens’ views 1 : L’éditorial, deuxième ère du web - Marie Chevalier (Stylogeek)

Publié le 01 juillet 2008 par Lilzeon

Marie Chevalier nous fait le plaisir d’ouvrir la nouvelle catégorie de ce blog, Citizen’s Views. Citizens’ Views, c’est un mélange de parcours personnels, d’opinions sur le monde qui nous entoure, de pensées et de rebonds.
Marie, c’est la pro de l’éditorial. Même qu’elle forme nombre de journalistes aux nouveaux médias…

  • Citoyenne ! C’est quoi l’éditorial ? c’est un truc qui se mange ou bien ?

L’éditorial, pour résumer c’est tout le contenu à partir du moment où il y a une intervention classique de hiérarchisation de l’information. Ca peut être du contenu généré par les utilisateurs, à partir du moment où il y a une intervention du média qui va valoriser la donnée.

Il doit aussi y avoir une stimulation du contenu, dans le sens où les médias peuvent animer cette communauté et pousser celle-ci à intervenir.
Il y a un recueil et un traitement de l’information. Et donc une stimulation.

  • Une stimulation ? WTF ?

D’abord quand tu stimules une communauté, tu ne peux le faire que quand toi même tu es crédible en tant qu’éditeur. Tu peux proposer un contenu original, un dispositif intéressant. Les 2 pans doivent se répondre. Par exemple, LePost va avoir tendance à stimuler sa communauté.

Ils ont une rédaction qui incite les gens à compléter tout ce qu’ils écrivent. Le problème a contrario avec agoravox c’est qu’il n’y a pas de proposition initiale, éditoriale. Imagine pour l’utilisateur. Il se dit “Tiens une page blanche ?” quand tu n’es pas guidé, tu n’as pas envie de le faire. C’est bien d’avoir une proposition propre, avant de pouvoir fidéliser une commuanuté et de recueillir du contenu.

C’est à ça qu’on reconnait l’éditeur, c’est le poids qu’il va donner à des contenus, qu’ils soient pros ou pas. L’éditorial, c’est un choix, c’est le rôle traditionnel de dire ce qu’on publie ou pas, quelles sont les limites qu’on impose, qu’est ce qu’on met en valeur ou pas, qu’est ce que je mets en une, qu’est ce que je fais apparaitre comme du contenu utilisateur, il y a toute une palette d’outils pour l’éditeur.
Finalement, on en revient à l‘essence du journalisme classique. Le principe de l’éthique reste le même. C’est le mode d’interaction qui change : avant, l’échange se passait seulement via le courrier des lecteurs, ou la personne interviewée. Aujourd’hui, potentiellement, tout le public peut interagir.

  • Mais alors, c’est ça le journalisme citoyen ?

C’est un débat dépassé. Carlos Revelli (Agoravox) disait il y a un an au CFJ : on s’attendait à voir des gens faire du journalisme de fait, alors qu’on a des gens qui font de l’opinion (…) on envisage d’embaucher des journalistes”.

La première ère c’était “on va tous pouvoir publier”. La deuxième c’est “on va créer une proposition éditoriale et un cadre”. Par exemple, chez Citizenside, un journaliste va regarder l’information, il va choisir si on prend ou pas, si on met en une, ou pas. Citizenside reçoit beaucoup de contenus “people” : citizenside peut décider de ne pas les publier, parce que ça ne correspond pas à leur ligne éditoriale. Du texte est rajouté, on va stimuler l’information, ce n’est pas du grand n’importe quoi.

Le journalisme reste bien un métier, avec des règles strictes. J’accompagne de nombreux journalistes, et ils sont un peu perdus car ils ont toujours eu l’habitude d’avoir affaire à une pureté du fait, à être extrêmement documenté. Demander à des journalistes de devenir blogueurs, c’est un vrai effort intellectuel. Blogueur et journaliste ont 2 rôles différents : on se retrouve dans des exemples où on a embauché des blogueurs dans les médias traditionnels, mais çapeut être un véritable problème car ils savent faire de l’opinion, pas forcément de l’information.

Un bon blogueur ne sera pas forcément un bon journaliste. Maintenant les médias doivent prendre en compte toute cette info de grande qualité qui vient du public. Les médias traditionnels doivent pouvoir vérifier, mettre en valeur, contacter les gens, c’est à dire faire le même métier que ce qu’ils font depuis des décennies. La blogosphère, c’est une source extraordinaire, à laquelle il faut appliquer les règles du journalisme pour créer de l’information. Il faut pas se leurrer: on ne va pas et on ne demande pas aux citoyens de faire du journalisme. Et on aurait tort de mélanger les genres.

  • Marie, pour moi, un des enjeux c’est l’agenda, c’est à dire le chemin d’accès à l’information, la “hiérarchisation”. Tu en penses quoi ?

Tu appelles ça l’agenda ?. Cette hiérarchisation des contenus, ça n’a pas vraiment de nom. Mais on va l’appeler agenda si tu préfères (lol).

Jusqu’à il n’y pas si longtemps, des sites comme ceux de France Télévisions ont tendance à ne pas faire de liens vers l’extérieur et demandent à leurs staffs web de ne pas le faire. Donc les médias sont un peu en retard là-dessus. En fait, c’est une question de culture et d’ergonomie : aujourd’hui encore, des médias voudraient que les gens restent captifs, et ont donc tendance à faire des liens vers des tags internes. C’est une solution un peu faible, car du coup on n’enrichit pas le contenu et on ne s’insère pas vraiment dans le réseau. Or en fait, les premières pages sont de moins en moins des pages d’accueil, on arrive par plein de nouveaux chemins. Les médias ne sont pas encore en phase avec l’usage. Ils font d’énormes efforts, et paradoxalement c’est chez eux qu’on voit les avancées les plus fortes, ils testent des choses : par exemple, Cap24 fait voyager ses contenus, et a mis un lecteur exportable sur leurs vidéos. Donc toi tu peux bloguer une vidéo qui appartient à Cap24. Ils font donc voyager leur marque.

  • Merci Marie !

@Richard Ying


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