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[Critique] BATTLE OF THE SEXES

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] BATTLE OF THE SEXES

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Titre original : Battle Of The Sexes

Note:

★
★
★
★
½

Origine : États-Unis/Grande-Bretagne
Réalisateurs : Valerie Faris, Jonathan Dayton
Distribution : Emma Stone, Steve Carell, Andrea Riseborough, Sarah Silverman, Alan Cumming, Bill Pullman, Elisabeth Shue, Austin Stowell, Natalie Morales…
Genre : Drame/Comédie
Date de sortie : 22 novembre 2017

Le Pitch :
1972. La championne de tennis Billie Jean King décide de s’engager pour réclamer l’égalité entre les hommes et les femmes sur les courts, notamment au niveau des primes versées aux joueurs. Les tennis woman touchant à l’époque huit fois moins que les tennis men. Parmi les hommes qui s’indignent de telles revendications, l’ancien numéro un mondial, Bobby Riggs, un personnage fantasque et macho, voit là une opportunité d’effectuer un flamboyant come-back. C’est alors qu’il défie Billie Jean de le battre lors d’un match simple. Histoire vraie…

La Critique de Battle Of The Sexes :

Battle Of The Sexes revient sur un affrontement qui, en 1973, a initié une somme de changements en faveur de l’égalité hommes/femmes. Un événement ultra médiatisé qui vit donc la championne de tennis Billie Jean King, 29 ans, affronter l’ex-gloire des courts Bobby Riggs, 55 ans. Un duel centré sur cette même question, qui devait mettre en avant une évidence, qui pourtant, dans les années 70, n’en était pas une et qui, pour certains encore aujourd’hui, sonne tragiquement comme une hérésie. Battle Of The Sexes, si il se déroule dans les 70’s fait bien sûr écho à ce qui se passe aujourd’hui dans la société. Grand film politique, il sait néanmoins aussi s’imposer comme une formidable comédie mais également comme une histoire d’amour touchante. Plus de 10 ans après l’acclamé Little Miss Sunshine, le duo de réalisateurs Jonathan Dayton/Valérie Farris a une nouvelle fois réussi à imposer un mélanger non seulement audacieux mais aussi parfaitement savoureux…

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Monter au filet

Battle Of The Sexes tourne principalement autour de deux fortes personnalités, à savoir Billie Jean King et Bobby Riggs. Il était donc crucial que les réalisateurs trouvent deux acteurs, non seulement pas trop éloignés physiquement de leurs modèles, mais aussi capables d’être crédibles sur les courts, pour les scènes de match, et en dehors. Un défi relevé haut la main tant Emma Stone et Steve Carell conviennent à merveille aux personnages. La première, qui décidément enchaîne les grandes performances, rend véritablement justice au combat pour l’égalité de Billie Jean, sans tomber dans l’excès, en faisant preuve d’une truculence certaine, de beaucoup d’intensité et d’une sensibilité, qui, notamment lors des scènes d’amour, ou en coulisses, quand la carapace se fend le temps d’une séquence pour laisser sortir une vive émotion, s’avère plus que pertinente. En face, Steve Carell s’en donne à cœur joie. Bobby Riggs, c’est l’homme dans ce qu’il peut avoir de plus macho. Néanmoins, Riggs n’est pas un « méchant ». C’est surtout un performer. Un embobineur. Le genre à sauver en permanence les apparences pour cacher les contradictions qui émaillent son existence. Porte-parole de la supériorité des hommes, il se fait entretenir financièrement par sa femme (magnifique Elisabeth Shue) et ne tombe jamais dans l’agressivité, lui préférant l’attitude d’un clown surtout intéressé par les profits que ses engagements aussi contestables soient-ils pourraient lui rapporter. Le vrai méchant du film, c’est finalement le personnage que campe Bill Pullman. Lui incarne ce qu’entend justement dénoncer Battle Of The Sexes. Cette entité confortablement installée dans les hautes sphères de la société qui ne cesse de se battre pour conserver ses privilèges.
De grands comédiens donc, que Valerie Faris et Jonathan Dayton « utilisent » parfaitement pour faire au final de leur long-métrage un formidable uppercut lancé à la face de cette partie de la société qui pense encore aujourd’hui, que les hommes sont supérieurs aux femmes. Ce qui fait donc de Battle Of The Sexes une œuvre nécessaire car humaniste. Le tout avant d’être féministe. Ce que Billie Jean King affirme par ailleurs quand elle souligne que jamais ne lui serait venu à l’idée de dire que les femmes valaient mieux que les hommes. Ici, c’est d’égalité dont il est question. De respect aussi. De choses qui coulent de sources mais qui, en fait, restent coincées en travers de la gorge de ceux que Battle Of The Sexes met en lumière. Sans clamer haut et fort que c’est le premier film à le faire mais en s’appliquant à le faire bien.

Duel au sommet

Visuellement, Battle Of The Sexes est aussi une réussite indéniable. Tout est fait ici pour imiter les années 70. La réalisation, les décors bien sûr, magnifiquement reconstitués, la musique, fameuse, les costumes et la photographie. Là encore, ce n’est pas une première (on pense au récent Barry Seal) mais la sincérité de la démarche fait sens, elle qui est dénuée du moindre cynisme. Petit à petit, tandis que se dessine le portrait de la formidable Billie Jean King, derrière laquelle Emma Stone s’efface avec la grâce et le talent inhérents aux plus grands, le film parle d’amour, aborde avec une pudeur inouïe les luttes pour faire évoluer la perception sociale des LGBT (du moins les prémices du mouvement, même si là aussi, l’écho avec les luttes d’aujourd’hui est puissant), parle d’ambition, de dévotion et bien sûr de sport. De tennis en l’occurrence, vous l’aurez compris, au fil de matchs parfaitement filmés, palpitants même, pour le dernier en tout cas, qui donne son nom au métrage. Et tant pis si le tennis n’est finalement pas le plus important dans le cas présent. Car là est aussi la grande réussite de Battle Of The Sexes : parvenir à jouer sur plein de tableaux simultanément. De faire preuve de gravité sans sombrer dans un marasme plombant, de verser dans une légèreté bienvenue, de laisser la place à des gags à double tranchant, d’y aller franco sans jamais se prendre le mur et au final de permettre à des thématiques fortes et actuelles de trouver une illustration vibrante et sincère.

En Bref…
Actuel et nécessaire, Battle Of The Sexes est aussi formidablement divertissant, capable tout autant de faire preuve de légèreté que de gravité. Magnifié par la présence d’acteurs au top de leur forme, ce film très attachant sait aussi laisser s’exprimer une poésie qui contribue largement à ce qu’on se souvienne longtemps de cet affrontement qui, un jour, al fait progresser les mentalités…

@ Gilles Rolland

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   Crédits photos : 20th Century Fox France


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