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[Critique] PIÈGE À GRANDE VITESSE

Par Onrembobine @OnRembobinefr

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Titre original : Under Siege 2 : Dark Territory

Note:

★
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Origine : États-Unis
Réalisateur : Geoff Murphy
Distribution : Steven Seagal, Katherine Heigl, Morris Chesnut, Eric Bogosian, Nick Mancuso, Jonathan Banks, Kurtwood Smith…
Genre : Action
Date de sortie : 20 septembre 1995

Le Pitch :
Alors qu’il voyage tranquillement en train avec sa nièce, Casey Ryback doit faire face à une prise d’otages. Des terroristes ont en effet choisi d’établir leurs quartiers dans l’un des wagons afin de piloter à distance un redoutable satellite capable d’anéantir des villes entières. Dernier espoir des passagers, mais aussi de l’humanité, Casey Ryback doit se résoudre à passer à l’action…

La Critique de Piège à Grande Vitesse :

La période faste de la carrière de Steven Seagal fut finalement assez courte. Arrivé à la fin des années 80, il s’imposa grâce à Nico, qui selon lui est quasi-autobiographique (on en doute), puis continua sur sa lancée, avec les très efficaces et brutaux Échec et Mort, Désigné pour mourir et Justice Sauvage. En 1992, Andrew Davis, une sommité de l’époque en matière d’action, le dirige dans son premier (seul ?) vrai blockbuster, permettant en plus à Steven Seagal d’incarner un personnage vraiment iconique, potentiellement capable de venir chatouiller les autres stars du genre et donner naissance à une franchise lucrative. Ce personnage, c’est Casey Rybak, un ancien des forces spéciales, des marines, des navy seals ou de n’importe quel autre truc hyper badass, devenu cuistot, qui casse des bras avec la même passion qu’il cuisine la bouillabaisse. Gros succès au box-office, Piège en Haute en Mer donne bel et bien lieu à une suite, qui arrivera 3 ans plus tard, juste après l’échec de Terrain Miné, que Seagal a par ailleurs réalisé tout seul avec ses gros doigts boudinés. Hélas trois fois hélas, Piège à Grande Vitesse, qui voit donc Casey Ryback embarquer dans un train, ne fera pas autant d’étincelles que son prédécesseur, dénotant d’une perte de vitesse dans la carrière du beau brun au flamboyant catogan. La suite sera à l’avenant et jamais Steven Seagal ne reviendra au niveau qui fut le sien à l’époque où il était considéré très sérieusement comme un poids lourd dans le paysage des films d’action décomplexés.
À ce sujet, et avant de causer de Piège à Grande Vitesse, il est amusant de constater que les distributeurs qui ont eu la lourde tâche de vendre au public français les films que Seagal a tourné à partir du moment où sa côte a salement baissé, ont multiplié les clins d’œil au diptyque Piège en Haute Mer/Piège à Grande Vitesse. Seagal a donc tourné dans 5 Piège dans quelque chose… Bref…

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Steven Seagal composte son billet où il veut et c’est souvent dans la gueule

Andrew Davis n’étant plus de la partie (il vient alors de réaliser Le Fugitif avec Harrison Ford), Steven Seagal doit se contenter de Geoff Murphy, un artisan honnête dont l’un des principaux faits de gloire est d’avoir tourné avec Mick Jagger (Freejack). La Warner pourtant, y croit à fond et double quasiment le budget du premier épisode. Basil Poledouris, le légendaire compositeur de Conan le Barbare, est à la musique et Seagal co-produit. Le scénario quant à lui, reprend exactement les mêmes ressorts que le premier volet, quand bien même ce genre de recette, directement inspirée du superbe Piège de Cristal, le saint patron de tous les films dont le titre débute par Piège dans quelque chose, ne ramène plus autant de peuple en salle. Du coup, fatalement, et sans que personne ne semble y trouver à redire, le film enchaîne les clichés à une vitesse il est vrai plutôt grande. Seagal, dont le bulbe a alors atteint des proportions impressionnantes, est glorifié comme jamais. Rien ni personne ne peut l’arrêter. À un moment, il se prend même une balle mais ne saigne pas vraiment, ignorant sans doute la douleur pour continuer à tuer les terroristes avec une belle régularité, sans sourciller, plus monolithique que n’importe lequel des menhirs de Stonehenge.
Malgré tout, Piège à Grande Vitesse marque le début d’une tendance qui deviendra par la suite de plus en marquée dans la filmographie de l’acteur. Peut-être devenu trop feignant, ce dernier se fait de plus en doubler et voit certaines de ses bastons passer en accéléré. Comme quand il bourre de coup la tronche en biais du gros balèze censé incarner l’antagonisme ultime. À l’écran, ce qui est peut-être passé inaperçu en 1995, à l’époque de la sortie du film en salle, apparaît aujourd’hui aussi gênant que ridicule. Tout comme les effets-spéciaux, dont certains effets numériques bien dégueulasses. Mais ceci est une autre histoire. Dans tous les cas, jamais Piège à Grande Vitesse ne semble exploiter son budget pourtant confortable et s’enfonce au fil des minutes dans une invraisemblance soulignée par l’investissement somme toute limité de sa star qui à elle seule, anéanti d’un coup de savate vite torché la tension inhérente aux enjeux.

Steven Seagal One Man Show

Seul maître à bord, les autres acteurs (Katherine Heigl, qui débute) étant condamnés à lui servir la soupe et à le brosser dans le sens du poil, Steven Seagal part méchamment en vrille. Quand Piège en Haute Mer parvenait à embrasser les codes chers à ce genre de production, tout en maintenant vivace une tension croissante, Piège à Grande Vitesse se montre surtout involontairement risible, avec ses punchlines déjà périmées et ce culte bâti autour d’un acteur qui n’a absolument aucun sens de l’auto-dérision.
Mais c’est drôle et divertissant. Si tant est que l’on accepte les énormités, le manque de recul et tous les défauts qui contribuent à conférer au métrage des airs de savoureux nanar, on rigole. Et pas qu’un peu. Vestige tremblotant d’une époque où les stars de l’action régnaient sur Hollywood, Piège à Grande Vitesse ne fait absolument aucun effort pour se démarquer ou renouveler des codes qu’il photocopie péniblement. Du coup, il s’impose vite comme un savoureux festival de grand n’importe quoi qui ne s’impose aucune limite si ce n’est celle de ses propres ambitions. Comme conscient, quelque part, qu’il participe à la fin d’une époque, ce nouveau Piège consent à accepter sa propre condition et sombre dans l’outrance comme pour cacher ses trop nombreuses tares. Et c’est précisément quand ça déborde que c’est le plus savoureux…

En Bref…
Poussif, centré sur un scénario feignant, et porté par une star monolithique qui ne fait rien pour ne serait-ce qu’entretenir son propre culte, Piège à Grande Vitesse est l’un des derniers représentants d’un format auquel il n’apporte strictement rien, si ce n’est cette propension à s’auto-parodier sans même le faire exprès.

@ Gilles Rolland

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  Crédits photos : Warner Bros. France


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