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Un Noël écolo est-il possible ?

Par Bouchondesbois @Bouchondesbois
Pour Noël, les écolos sont dans leurs petits souliers. “Il ne faut pas ignorer les réalités sociales. Mais nous n’allons pas pousser à la consommation, même verte et déculpabilisante”, explique Yannick Vicaire, responsable de campagne à Greenpeace. Pour n’avoir pas l’air d’un Père Noël triste, il vaut mieux rester coi. D’autant qu’à cristalliser la prise de conscience écologique sur des évèments ponctuels, on risque, selon lui, de verser dans la tendance et l’anecdotique.Pour certaines associations écologistes, Noël sert la bonne cause. Good Planet, l’association de Yann Arthus-Bertrand, recevra par exemple les bénéfices de la vente de son nouveau livre de photographies vues du ciel, 20 kilos et 1500 euros, un vrai cadeau de Noël.Côté gouvernement, on croit au potentiel environnemental de l’évènement. L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie) a ainsi été chargée de réaliser une étude sur l’impact environnemental des fêtes de fin d’année. Elle servira aux élus pour “perpétuer l’empreinte magique de Noël sur leurs villes tout en l’allégeant au regard de l’impact sur l’environnement”, selon le communiqué du Ministère de l’écologie.

 Noël écolo à Paris, Lille

Certains ne l’ont pas attendu, qui à Paris, ont remplacé toutes les ampoules sur les Champs-Elysées par des ampoules basses consommation. Sauf, qu’il y en a désormais près d’un million, huit fois plus que l’année dernière, précise la Mairie. A Lille, les ampoules ont aussi été remplacées et le temps d’illumination réduit. Tout sera enlevé une semaine plus tôt qu’avant, le 6 janvier.Et chez nous? Il y a quelques jours, une journaliste de Libération dressait un menu de réveillon “durable” ou les cartes de voeux écologiques à envoyer. Pas facile, si l’on veut tenir ensemble les exigences de protection des animaux, le bio, le bon, le coût environnemental de production et d’acheminement des produits. Pas de viandes, encore moins de foie gras… On s’en sort avec des huîtres, du gibier, du champagne, des produits de saison, du producteur du coin. Mais “c’est dur d’être durable”.

Le quotidien écologique


Il reste les fameux “petitsgestes”, relativement indolores, suggérés notamment par la Fondation Nicolas Hulot. Sachets en tissu réutilisables comme sac à chaussettes en guise de papier cadeaux, guirlande avec minuterie, invitation par mail, nappes et vaisselle jetables proscrites…Clou du spectacle, le sapin est au coeur du débat. Naturel, mais on le jette tous les ans, ou artificiel, qui dure plus longtemps mais importé de Chine et à base d’hydrocarbures. Aux Etats-Unis, la lutte fait rage à en juger par la rhétorique guerrière de la National Chrismas Tree Association, lobby du sapin des forêt, qui règle son compte à son concurrent. Un incendie de salon est même simulé pour prouver (?) que le sapin naturel résiste mieux.
En recoupant les avis néanmoins, on en conclut que l’idéal est un sapin naturel, en pot, cultivé dans les environs de préférence - l’espèce la plus courante en France est l’épicéa - sans engrais chimiques. Les sapins avec le label environnemental FSC (Forest Stewardship Council) seraient parfaits, mais on en trouve pas encore en France.
Si les sapins que vous replantez meurent systématiquement, c’est parce qu’il ne faut pas les habituer trop longtemps à la chaleur du foyer. Au bout d’une semaine, il faut les remettre en terre.
Si vous ne le replantez pas, direction la déchetterie. Enfin, si vous vivez aux Etats-Unis, certaines municipalités, comme San Francisco proposent un service de location de sapins, qui seront ensuite replantés dans les parcs publics, explique un article du site américain Slate consacré à l’épineux problème. Un beau geste, mais il faut s’attendre à un sapin de plates-bandes.

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