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[Critique] SANTA & CIE

Par Onrembobine @OnRembobinefr

[Critique] SANTA & CIE

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Note:

★
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½

Origine : France
Réalisateur : Alain Chabat
Distribution : Alain Chabat, Pio Marmai, Golshifteh Farahani, Johann Dionnet, Tara Lugassy, Simon Aouizerate, Audrey Tautou, Bruno Sanches, David Marsais, Grégoire Ludig, Louise Chabat, Eléna Plonka, Jean-Pierre Bacri, Thomas VDB, Véronica Novak…
Genre : Comédie
Date de sortie : 6 décembre 2017

Le Pitch :
À quelques jours de Noël dans les ateliers du Père Noël, en plein rush pour préparer les cadeaux, les 92000 lutins tombent tous malades en même temps. Devant l’urgence de la situation, Santa Claus (connu aussi sous le nom de Père Noël) doit se rendre sur Terre pour trouver des vitamines. Atterrissant à Paris et après un premier contact houleux avec les terriens, il fait la connaissance d’un avocat et de toute sa famille…

La Critique de Santa et Cie :

Cela faisait 5 ans qu’on n’avait pas vu Alain Chabat derrière la caméra. En temps qu’acteur, si on excepte le caméo sympa dans le lamentable Valérian et la Cité des Mille Planètes, son dernier rôle significatif remonte à l’OVNI Réalité de Quentin Dupieux. Autant dire qu’il a su prendre son temps après l’échec critique et public de Sur la Piste du Marsupilami. Spoiler alert : sa nouvelle création, Santa & Cie, est un retour gagnant. On retrouve LE Chabat, le Nul le plus prolifique et le plus créatif, celui qui, déjà à l’époque de Canal +, fourmillait d’idées loufoques, et celui qui a conféré son côté décalé et méta à La Cité de la Peur. Celui qui, pour son premier film, imaginait un chien changé en homme, qui a offert la meilleure adaptation des aventures d’Astérix avant d’enchaîner sur une comédie préhistorique aux dialogues cultes. Un artiste motivé par un amour sincère pour la culture américaine, les comédies de ZAZ (pas la chanteuse, le trio Zucker-Abrahams-Zucker) ou Mel Brooks. Et c’est ce Chabat-là qui s’attaque aujourd’hui aux films de Père Noël.

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Hail Santa

Rares sont les comédies de Noël réussies. C’est un genre que les anglo-saxons, en revanche, ont su s’approprier pour établir des codes afin de livrer parfois d’excellents films. Le film de Père Noël est une petite niche de ce registre. Hollywood, dans sa volonté de raconter de jolies histoires brodées autour d’une certaine morale largement saupoudrée valeurs s’articulant autour de la famille, a su s’accaparer la figure totémique du Père Noël. Depuis le culte (aux États-Unis) Miracle sur la 34ème Rue, Le Pôle Express, ou Elfe, se sont imposés comme de vrai classiques. C’est à ce genre là auquel Santa et Cie s’attelle en se montrant capable de rivaliser (un exploit difficilement imaginable) avec les canons américains, au point d’ailleurs de ressembler (si ce n’est du côté des acteurs) à un film américain.

Reprenant quelques idées de Miracle (le Père Noël arrêté par la police, qui incarne l’incrédulité des hommes face au merveilleux) et d’Elfe (le traîneau qui connaît des soucis techniques), Santa & Cie en profite également pour dépoussiérer le genre. Ici, le Père Noël (ou plutôt Santa Claus, à l’américaine) retrouve les habits verts du Saint Nicolas originel (avant que, selon la légende, Coca Cola impose la couleur rouge). On renoue avec l’humour méta du réalisateur et son goût pour les dialogues ciselés, riches en jeux de mots bien sentis et très efficaces. Le must réside dans l’élaboration d’un langage « pèrenoélique » où le temps est établi en portes et où plusieurs gros mots sont retraduits dans un champ lexical évoquant l’hiver. On imagine aisément que l’écriture a du être un moment aussi jouissif que casse-tête. Inventif, Chabat imagine un Santa décalé et naïf, qui parle le renne et qui pense connaître les enfants parce qu’il les voit une fois par an, mais qui finalement, est régulièrement à côté de ses pompes.

Hotte Shots

Pour mettre en image son fourmillement d’idées, Chabat s’est offert les services de Bryan Jones, qui a bossé notamment sur Seven Sisters, Everest, Le Hobbit, Harry Potter et la coupe de feu, Le Retour du Roi… Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’homme n’est pas un manche et offre une production design de très haute qualité. Sans atteindre les fulgurances du dernier Besson (dont c’était la seule qualité), le rendu a plutôt de la gueule, notamment durant les séquences avec le traîneau et l’attelage de Santa. Le plus beau morceau de bravoure résidant dans les scènes de l’atelier de Noël. Chabat y expose un nombre hallucinant d’idées et de trouvailles scénaristiques (aussi originales que dans Charlie et la Chocolaterie) et Jones les sublime.

Côté casting, Santa & Cie est riche en second rôle savoureux, avec en première ligne les deux enfants Tara Lugassy, Simon Aouizerate naturels et spontanés, véritables révélations du film. Audrey Tautou est impeccable en Mère Noël bougonne et véritable Pénélope attendant son Ulysse. Thomas VDB fait une courte et drôle apparition en dealer de bonne humeur. Pio Marmai change de registre et excelle, tandis que Golshifteh Farahani confirme les bonnes impressions du film Paterson. Alain Chabat, quant à lui, est parfait des deux côtés de la caméra. L’œil malicieux, le regard facétieux, il est cet éternel gamin rêveur et le rôle d’un Santa Claus décalé lui sied à merveille. Avec un son look, mélange entre le Père Noël et le chanteur du groupe de metal Slayer, il crève à nouveau l’écran.

Réussi sur tous les plans, Santa & Cie constitue une très belle surprise et s’impose comme d’un des meilleurs films de la carrière de son réalisateur/acteur principal.

En Bref…
L’attente fut longue entre les deux dernières réalisations de Chabat et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a su réparer l’affront que fut son précédent film, pour se hisser à la hauteur d’Astérix : Mission Cléopâtre et RRRrrr !!! Mieux, Santa & Cie se permet de s’aligner au rang des cadors du genre du film de Père Noël, aux côtés d’Elfe ou Miracle sur la 34ème Rue, ce qui est en soit un petit exploit. Avec ses trouvailles scénaristiques riches, sa gestion du rire comme du drame, ses dialogues ciselés, sa production design, sa totale sincérité, Santa et Cie a tout du film fédérateur. Assurément la meilleure comédie française de l’année et un des meilleurs films du genre.

@ Nicolas Cambon

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   Crédits photos : Gaumont Distribution


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