Magazine Culture

Play

Publié le 10 décembre 2017 par Popov
PLAY À L'Opéra Garnier
  C'est la révolution de Ballet de l'Opéra Garnier de cette fin d'année. Un spectacle au moins aussi original que les premières oeuvres de Pina Bausch à Avignon... La bombe s'appelle Alexander Ekman, un chorégraphe suédois de la famille de Mats Ek.Sur la musique originale de Mikael Karlsson son complice, musicien original qui mêle toutes sortes d'influences , les espaces infinis de Terdj  Rydpal, le blues contemporain, le jazz et la composition classique, il prend avec un plaisir d'enfant le soin de déjouer les codes et les clichés de la danse contemporaine et surtout d'introduire dans la lignée d'un Forsythe , le plaisir du jeu et le génie d'une enfance retrouvée à volonté. Le plaisir du plaisir.   Tombent les balles   Du haut des cintres des centaines de balles vertes en plastique viennent remplir la scène puis la fosse de Garnier.  A la fin du spectacle les danseurs viendront y plonger comme des enfants dans l'espace ludique d'un Macdo. Sur la scène blanche un petit ensemble musicale ( violon, violoncelle, contrebasse et quelques saxos...) surplombe des figures géométriques sur lesquels font des pointes des danseurs isolés et comme pris dans la reconduction permanente d'un mouvement perpétuel. Là,on croise tantôt Tati , tantôt Chaplin. Une forêt imaginaire laisse échapper des femmes-cerfs d'une beauté et d'une sensualité qui arpentent de leur marche lente , le monde comme des apparitions shakespeariennes. Vincent Chaillet, François Alu , Adrien Couvez ou Silvia Saint Germain jouent les garçons et les filles de leur âge ou "deviennent" autre. Le tableau se noircit avec la mécanique des hommes au travail : un mimodrame avec ses portes qui s'ouvrent et se ferment souvent . Des portes contre lesquelles on s'écrase parfois. Au milieu du décombre des conventions, un couple superbe danse encore un pas de deux lisible (Muriel Zusperreguy et Stéphane Bullion)Callie Day  chante ...La chanteuse de jazz  quitte l'orchestre pour se rapporcher des danseurs. Voix indescritpible, musique hors des sentiers battus du conformisme. D'une grand rigueur sur le plan chorégraphique, PLAY fait oublier le travail et la souffrance des corps . Pour Karlsson l'univers est "fondamentalement ludique" et il nous fait retrouver le sens du jeu , en envoyant dans la salle de gigantesques ballons-bulles que le public se prend à relancer .  Sur scène  les 37  brillants danseurs du corps de ballet  de l'Opéra de Paris sont hilares après l'exécution de cette oeuvre rigoureuse qui paraît jeu d'enfant.   Play est un spectacle exceptionnel.

Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Popov 46 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte