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Elisa Vix : Assassins d'avant

Par Stephanie Tranchant @plaisir_de_lire

Assassins d'avant  d'Elisa Vix  (01-12-2017)    5/5 (01-12-2017)

Assassins d'avant  (176 pages) est disponible depuis le 6 septembre 2017 aux Editions du Rouergue (collection Rouergue Noir).

 

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L’histoire (éditeur) :

 Manuel Ferreira est flic. Lorsqu'une jeune femme lui demande une interview au sujet des effectifs de la police, il est surtout sensible à son charme. Mais quand elle dégaine une photographie prise vingt-cinq ans plus tôt, ce sont ses pires souvenirs qui remontent à la surface. Adèle Lemeur n'est pas journaliste, mais chercheuse en médecine. Surtout, elle est la fille de Marie Moineau, l'institutrice tuée dans sa salle de classe de CM2, devant ses élèves, devant Manuel qui n'a jamais oublié cette scène terrible, qui est peut-être devenu flic pour l'exorciser. Adèle veut comprendre pourquoi sa mère est morte. Et Manuel est le seul à pouvoir l'aider, à retrouver ces copains d'avant qui furent témoins du crime. Il dit oui. Pour la revoir. Pour son malheur. Parce qu'il vient de tomber amoureux de la seule femme qu'il n'a pas le droit d'aimer.

Mon avis :

Ouille, claque noire et puissante ! Assassins d’avant aura été pour moi une révélation. Celle du talent d’Elisa Vix (dont Ubac, sorti l’année dernière avait remporté un vif succès et dont le premier titre La nuit de l’accident sortie en 2012 avait obtenu le prix Anguille sous Roche et Bad dog, le prix du meilleur polar francophone de Montignylès-Cormeilles) que je découvre ici et que je ne suis pas prête de lâcher.

Adèle Lemeur a perdu sa mère à l’âge de 5 ans. Cette dernière, institutrice en classe de CM2 a été abattue le 27 mars 1989 par un de ses élèves. Mais Adèle, dont le papa s’est très vite remariée et n’a jamais voulu aborder le sujet (lui cachant d’ailleurs la vérité jusqu’à ses 14 ans lorsqu’elle apprend par hasard les circonstances du drame), a aujourd’hui besoin d’éclaircir le mystère de cet absence, besoin de comprendre, besoin de savoir et d’avoir enfin des explications.

« Les premiers éléments de mon dossier, de ma quête de la vérité, au de-là, de ma liberté. J’en ai la certitude, les révélations sur la mort de ma mère seront pour moi comme une libération. Une deuxième naissance. »

Page 15

En se faisant passer pour une journaliste sur le point d’écrire un article sur les conditions de travail dans la police, elle tente alors, d’approcher un ancien élève de sa mère, devenu aujourd’hui flic à Paris. Manuel Fereira, sous le choc du souvenir en découvrant la veille photo de classe et sous le charme de la fragile Adèle, n’hésite pas longtemps à l’aider dans ses recherches, lui procurant certaines copies des procès-verbaux de l’époque, tout en dissimulant toutefois certains aspects (pour la protéger ? pour se protéger ?)

Comment un tel drame a pu se produire ? Pourquoi les quelques témoignages semblent si incertains, confus, voire même contradictoires ? C’est 25 ans de silences et de vérités cachés qui vont enfin peut-être être révélés.

L’intrigue se construit aussi doucement que violement à travers deux voix : celle d’Adèle, la fille de la victime, perdue mais qui n’a jamais été aussi sûre de ce qu’elle voulait (prête d’ailleurs à faire voler son couple en éclats, d’ailleurs depuis longtemps sans éclat…) et celle de Manuel, ancien élève de l’institutrice décédée, aujourd’hui flic, homme direct (mais pas pour autant sans secret) et manipulateur.  On n’en sait forcément plus qu’elle mais, croyez-moi, on est loin de savoir la vérité… Elisa Vix manie son suspens et son coup de théâtre avec brio grâce à un développement de la vérité lent et méthodique (qui va au rythme de l’investigation de la jeune chercheuse) et, avant tout, à une psychologie des personnages impeccable.

J’ai adoré ! Je suis restée en apnée du début à la fin et avançant avec fébrilité (craignant d’avoir découvert le pot aux roses trop rapidement), j’ai été scotchée par ce dénouement qui m’a soulevée le cœur.

Je vous conseille fortement de découvrir Elisa Vix dont on n’entend pas assez parler, je trouve. Assassins d’avant m’a totalement convaincue ! J’ai aimé le rythme soutenu de la narration, la progression lente et minutieuse de l’enquête, cette maîtrise du suspens et la psychologie des personnages fouillée, d’une grande crédibilité. Et tout ça en seulement 168 pages !!!!


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