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Tahar Ben Jelloun et le plaisir de l’écriture

Par Pmalgachie @pmalgachie
Tahar Jelloun plaisir l’écriture Après ce qui semblait être un petit coup de mou dans son écriture, Tahar Ben Jelloun a renoué avec la souplesse d’un style coulé dans l’art du conteur et qui, sans se confondre avec l’oralité, l’imite en y ajoutant les qualités de l’écrit. Le mariage de plaisir est une histoire, au sens le plus fort du mot, rapportée par Goha, un sage cultivé dont toute la ville de Fès attend la venue pour l’écouter et, parfois, tirer profit de ses réflexions très personnelles. Le personnage dont il parle s’appelle Amir, commerçant à Fès qui se rend chaque année au Sénégal. Parmi ses enfants, son plus jeune fils, Karim, est différent : son corps est pur mais son espérance de vie réduite en raison d’une aberration chromosomique qui fait de lui ce qu’on appelle, à l’époque du roman, dans les années 1950, un mongolien. Vif, intelligent, lumineux mais s’exprimant avec difficulté, Karim, treize ans, n’est pas loin d’être le préféré de son père qui a promis, cette année-là, de l’emmener au Sénégal. C’est là où Amir pratique, dans les règles de sa religion musulmane et malgré quelques scrupules, Le mariage de plaisir, validé pour une période donnée « dans les limites de la décence et du respect de la femme », afin de se mettre à l’abri du péché. L’élue, toujours la même, est Nabou, le lien qu’elle entretient avec Amir se renforce à chaque voyage et elle se convertit à la religion musulmane afin de devenir la deuxième femme du commerçant, chez lui, à Fès. C’est une toute autre situation, pour l’épouse d’Amir, que d’imaginer une relation lointaine et provisoire. Karim, qui aime Nabou et ne voit aucun mal à la décision de son père, convainc pas sa mère des bienfaits qu’apportera cette nouvelle femme dans la maison. D’autant que ces bienfaits prennent la forme de deux fils, l’un blanc, l’autre noir, ce qui a plutôt tendance à mettre la pagaille dans la famille. Le conte se prolonge au-delà de la mort d’Amir, sur les chemins divergents empruntés par les enfants qu’il a eus avec Nabou. La voix du narrateur s’efface presque devant la passion qui mène son récit et les nœuds complexes qui en ralentissent parfois le cours. Au passage, on a retrouvé Moha, peut-être celui d’un autre roman de Tahar Ben Jelloun (Moha le fou, Moha le sage) et qui l’aura encore, cette fois-ci, inspiré avec bonheur.

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