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Charles Bukowski – De la glace pour les aigles

Par Stéphane Chabrières @schabrieres

Charles Bukowski – De la glace pour les aiglesJe me souviens des chevaux
sous la lune
je me souviens que je leur donnais
du sucre
de blancs rectangles de sucre
qui ressemblaient à de la glace
et ils avaient des têtes qui ressemblaient à
des aigles
des têtes chauves qui auraient pu mordre mais qui
ne le faisaient pas.

Les chevaux étaient plus réels que
mon père
plus réels que Dieu
et ils auraient pu m’écraser les
pieds mais ils ne le faisaient pas
ils auraient pu faire toutes sortes d’horreurs
mais ils ne le faisaient pas.

J’avais presque cinq ans
mais je n’ai pas oublié ;
dieu qu’elles étaient fortes et douces
ces langues rouges baveuses
dégoulinant de leurs âmes

*

Ice for the eagles

I keep remembering the horses
under the moon
I keep remembering feeding the horses
sugar
white oblongs of sugar
more like ice,
and they had heads like
eagles
bald heads that could bite and
did not.

The horses were more real than
my father
more real than God
and they could have stepped on my
feet but they didn’t
they could have done all kinds of horrors
but they didn’t.

I was almost 5
but I have not forgotten yet;
o my god they were strong and good
those red tongues slobbering
out of their souls.

***

Charles Bukowski (1920-1994)The Days Run Away Like Wild Horses

(Ecco Press, 1969) – Avec les damnés
(Livre de poche, 2002)
– Traduit de l’américain par Robert Pépin, Gérard Guégan, Philippe Garnier, Brice Matthieussent et Michel Lederer.


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