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Reprise Bal Masqué à Bastille

Publié le 19 janvier 2018 par Popov

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Le BAL MASQUÉ À Bastille

Reprise du bal de Verdi dans la mise en scène de Gilbert Deflo, énième reprise avec Bertrand de Billy comme directeur musical et des solistes bien prestigieux comme Piero Pretti ou Vardhui Abrahamyan en Ulrica ou encore Nina Minasyan en Oscar.

La scène censée se passer à l’origine dans les couloirs du Palais du roi Gustave III de Suède fut maintes fois remaniée. Tantôt on s’étonne d’entendre le héros évoquer son Amérique natale. Pour des raisons de censure politique, on déplaça(comme en psychanalyse)on associa(il ne fallait pas pas rappeler la tentative d’assassinat de Napoléon III se rendant à l’Opéra par Rossini).

Résultat des courses : la mascarade a lieu à Boston au 17ème siècle dans le palais du Comte de Warwick, un souverain éclairé au prénom bien italien de Riccardo. Ajoutez à cela la transpositon personnelle du décorateur William Orlandi et vous vous retrouvez dans un sénat américain néo-romain revisité par des aigles géants et intimidants comme un pouvoir impérial même si votre personnage principal est le contraire d’un tyran. Comprenne qui pourra de ces fluctuations et de ces références accumulées comme dans un grenier. Le tout a des allures de vieux décor de peplum égaré dans Cinecitta et les chanteurs sont maquillés comme des fidèles de Lincoln. J’oubliais... Pour les besoins du scénario, le bal tragique est « filé » en noir et blanc.J’oubliais encore : la sorcière Ulrica organise des rites vaudous digne des meilleurs shabbat haïtiens.

Sans doute nombre de livrets d’Opéra sont à réactualiser mais trop de connotations et de références approximatives ne confinent-ils pas au fameux mélange des genres qui finit par vous ruiner le sens. Pour comprendre ou même simplement deviner les intentions d’un metteur en scène faudrait-il être doté des capacités mémorielles de Karl, l’ordinateur de 2001 ou de celles d’un critique de Libération -lequel semble évoluer à travers les plus absconses références avec la grâce d’une abeille( car il pique en plus). Pour les autres, fussent-ils amateur - le contresens guette. On dit beaucoup que l’Opéra n’est pas accessible Certaines mises en scène l’éloignent encore davantage voire , ce qui est pire , multiplient les extravagances même si le metteur en scène n’est pas de la première jeunesse de la révoultion scénique -plongent le spectateur dans un délire interprétatif somme toute, assez vain ...Reste l’œuvre, toujours belle, avec cette obstination de Verdi de passer au cœur du tragique à quelque déroulé pimpant et napolitain, à mêler la folklorique au moment le plus tragique.


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