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[Critique] THE CROWN – Saison 2

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] THE CROWN – Saison 2

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Titre original : The Crown

Note:

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Origine : Royaume-Uni/États-Unis
Créateur : Peter Morgan
Réalisateurs : Philip Martin, Benjamin Caron, Philippa Lowthorpe, Stephen Daldry.
Distribution : Claire Foy, Matt Smith, Vanessa Kirby, Victoria Hamilton, Matthew Goode, Paul Sparks, Michael C. Hall, Jodi Balfour, John Heffernan, Anton Lesser…
Genre : Biopic/Drame/Adaptation
Diffusion en France : Netflix
Nombre de d’épisodes : 10

Le Pitch :
1956. Alors que le Duc d’Edimbourg se prépare à effectuer une grande tournée dans le Commonwealth, la Reine découvre dans ses affaires la photo d’une mystérieuse danseuse. En plein désarroi, elle se pose des questions sur son couple alors que le pays est en proie à une grave crise après la dégradation de la situation en Égypte autour du Canal de Suez. Crise que le Premier Ministre ne gère pas comme elle l’entend. La Princesse Margaret de son côté, désespère d’un jour trouver l’amour, ayant sans cesse l’impression d’évoluer non seulement dans l’ombre de sa sœur, mais devant aussi obéir à un protocole qui jusqu’ici, semble l’avoir surtout éloignée de la perspective d’être heureuse…

La Critique de la saison 2 de The Crown :

Alors que la première (remarquable en tous points) saison de The Crown se focalisait sur l’arrivée d’Elisabeth II au pouvoir, mais aussi sur la fin de la carrière de Winston Churchill, la saison 2 entend resserrer l’étau sur la Famille Royale, en continuant malgré tout de raconter son histoire en prenant soin de narrer les événements importants de celle du Royaume-Uni. Churchill ne fait plus partie du tableau. Il est certes évoqué de temps à autre, pour notamment mettre en exergue l’incompétence de son remplaçant, mais à l’écran, il laisse la place à d’autres personnages qui jamais ne prennent la même importance au cours du récit. Ce deuxième acte reste près d’Elisabeth et de son mari. Il s’intéresse à la Princesse Margaret également et aussi un peu au Prince Charles, pour à nouveau questionner avec une pertinence renouvelée la notion d’héritage. Pour résumer, quand la saison 1 offrait tout de même une vue d’ensemble de l’Angleterre au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, avec comme point d’ancrage la Reine nouvellement couronnée et son entourage, la saison 2 entend véritablement démonter un à un les rouages de la famille royale, en prenant en cela plusieurs risques qui au bout du compte s’avèrent extrêmement payants…

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Sous la couronne…

Encore plus que précédemment, Peter Morgan, le showrunner, a tenu ici à conférer de l’humanité à celles et ceux qui bien souvent, quand on se fie aux tabloïds, ne sont que les pantins d’une machinerie ancestrale qui laisse peu de place à l’improvisation. De l’autre côté des portes pleines de dorures et derrière les puissants murs des châteaux demeurent des gens finalement comme les autres qui se posent des questions au sujet de leur place dans ce monde qui a fait d’eux les instruments du pouvoir. Morgan qui se concentre d’ailleurs toujours sur ce pouvoir en particulier. Celui de la Reine. Le tout en mettant en exergue le rôle de l’Exécutif, en orchestrant des duels entre Elisabeth et ses Premiers Ministres. Mais ici, Peter Morgan se permet d’approcher encore un peu plus près des personnages clés. De mettre en lumière leurs failles, à travers leurs problèmes de couple, leurs frustrations et leurs espérances, histoire, au bout du compte, de valoriser leur humanité. Comme si finalement, Elisabeth, son mari le Duc d’Edimbourg et les autres ne pouvaient trouver le salut au-delà de leur représentation publique, qu’au fil de leurs erreurs et des conflits qui exploitent les faiblesses de leur statut de simples mortels.

Confrontés au monde

The Crown articule donc ainsi sa saison 2 autour de l’évolution de la monarchie britannique, qui, si elle veut perdurer, doit changer. Plusieurs épisodes mettent en lumière le décalage qui existe entre la Reine et les siens et leurs sujets. Comme quand Elisabeth II se fait épingler par un journaliste suite à un discours plutôt malvenu ou lorsque elle se confronte à JFK et son épouse Jackie, lors d’un épisode particulièrement réussi. Un décalage qui est aussi brillamment illustré à travers les tribulations de Philip et celles de Margaret. D’un côté, le Duc d’Edimbourg qui ne semble pas avoir totalement fait le deuil de sa vie d’avant et de l’autre la princesse qui cherche l’amour et qui ne cesse de se rebeller contre la couronne et son protocole si exigeant. Des personnages au cœur même d’une dynamique qui passe aussi par la Reine elle-même, tant le scénario de ce second acte jongle entre les arcs narratifs avec une intelligence rare et une maestria incroyable.
Les histoires se succèdent, les ellipses sont toutes très pertinentes, tout comme le choix des intrigues abordées. The Crown est une grande série. De celles qui savent sublimer leur sujet en échappant du même coup aux pronostics. Qui a dit qu’une série sur la famille royale devait être poussiéreuse et ennuyeuse ? The Crown ne cesse encore une fois de le prouver et nous propose une nouvelle collection de 10 épisodes absolument passionnants, qui en plus, jouissent tous autant qu’ils sont, d’une mise en scène pleine de souffle et des interprétations impeccables d’acteurs touchés par la grâce.

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Une série qui met les formes

Plus grosse production Netflix en terme de budget, The Crown n’a pas décidé, pour cette deuxième saison, de faire des économies. Entre les couloirs et autres salons dorés de Windsor ou Buckingham Palace et la nature luxuriante de l’Écosse, sans oublier les paysages lointains des terres les plus reculées du Commonwealth, la série propose à nouveau un spectacle ahurissant dont l’exigence se lit à la fois dans les décors et les costumes, mais aussi bien sûr par le biais de cette reconstitution très fidèle et bien sûr totalement envoûtante. De plus, avec des réalisateurs comme Stephen Daldry derrière la caméra, le show peut vraiment prendre son envol et donner le change à l’ambition manifeste des scénarios qui lui permettent de raconter ce qu’elle a à raconter avec le faste nécessaire, sans non plus trop en faire.
Ce à quoi participent bien évidemment des acteurs toujours parfaits. Qu’il s’agisse de Claire Foy, dont la composition pleine de savantes subtilités, toute en force et en doutes refoulés, appelle un déferlement de superlatifs, de la troublante Vanessa Kirby, qui explore avec toujours plus de classe rock and roll son personnage de princesse frustrée ou bien sur Matt Smith, qui campe un Prince Philip certes parfois drôle mais surtout caractérisé par le combat qu’il livre intérieurement pour à la fois refouler ses désirs de liberté et faire honneur à ses engagements envers la couronne et son épouse. Grande série d’acteurs, The Crown s’apprête néanmoins à renouveler tout son casting pour son troisième chapitre. C’est donc logiquement la dernière fois qu’on voit Claire Foy, Matt Smith et les autres. Dommage mais au fond, ce n’est certainement pas plus mal, notamment pour ce qu’il est du réalisme (la saison 3 prendra pied une décennie après la fin des événements relatés ici). Des acteurs de grande classe qui pour leur dernier tour de piste, brillent de mille feux sur une scène franchement propice à l’expression de leur talent.

En Bref…
Passionnante, lyrique, la saison 2 de The Crown honore avec une prestance rare les engagements pris par la saison 1. Aux manettes, Peter Morgan raconte avec ferveur, sans avoir peur d’égratigner ses personnages, une histoire dense et complexe, sans avoir recours à de quelconques facilités. Au point de faire de The Crown l’une des meilleures séries du genre. Une réussite totale.

@ Gilles Rolland

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   Crédits photos : Netflix


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