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Saint-Martin : l’ABANDON

Publié le 02 février 2018 par Halleyjc

Saint-Martin : l’ABANDON Saint-Martin : l’ABANDONL’ABANDON
Les festivités sont passées et les présentations de voeux s’épuisent, le temps
de la communication s’étiole au bénéfice d’une dure réalité.

CA Y EST, NOUS Y SOMMES, COMME NOUS VOUS L’AVIONS DIT… MALHEUREUSEMENT
Le fleuron hôtelier de la partie française, la Samanna, licencie la quasi totalité de ses employés et ce n’est que le début d’une longue procession. Le président de la CCI tire sa révérence et la mission interministérielle s’interroge sur l’avenir de l’île. Cela n’a rien de surprenant, cela était prévisible, cela avait été écrit et annoncé en nos colonnes, ce n’était pourtant pas inexorable. Et nous restons spectateurs de notre sort… Les assureurs peinent à verser leurs indemnisations, à peine cinquante pour cent des sinistrés ont perçu un remboursement à la grande satisfaction du Préfet Gustin qui déclare même si cela est une “boutade” : “On va dire que le fait que les assureurs qui sont sur l’île retardent un petit peu leur paiement peut peut-être nous être utile.”

CE NAVIRE PREND L’EAU ET LES TEMPÊTES SONT DEVANT NOUS
Certes, nous avons une nouvelle carte de l’aléa submersion qui va déterminer nos droits à construire et les conditions d’une reconstruction sans envisager de mesures de protection du littoral ou en éludant d’autres risques majeurs, les eaux pluviales et le traitement des ravines par exemple.

A force de colorier le territoire en rouge et bleu foncé, il faudra construire l’arche de Noé au sommet du Pic Paradis…
Les experts, entreprises et autres prédateurs effectuent leur historique et récurrente ruée vers l’or. Mais l’horizon s’éloigne et se noie dans l’épaisse brume des projets et protocoles. Peut-être que le projet de protocole du mois de Mars déchirera la nappe de brouillard…
En attendant, la moindre rafale de vent met le réseau EDF en défaut. Certaines familles sont toujours en quête d’eau, la téléphonie et Internet sont remplacés par des signaux de fumée, les bâtiments scolaires restent ouverts à tout vent et les loyers et le coût de la vie explosent.
Cinq mois après le cyclone, il n’y a aucune action d’urgence, aucun programme de reconstruction validé, les rares consultations engagées ne concernent que l’ingénierie. Notre île est triste, les commerces sont vides et leur fréquentation est quasi nulle.

THÉORISER NOTRE AVENIR NE GARANTIT PAS NOTRE PRÉSENT

Certes, la gouvernance de la Collectivité et l’Etat théorisent et dissertent sur l’urbanisme, le développement durable, en dehors de toute réalité économique et sociale, celle qui impacte les mal logés, les sous logés, qui impacte les chômeurs, les entreprises qui licencient. La dignité des hommes et la vie des familles ne s’inscrivent pas dans une vision quadrillée et conceptuelle de la société future.
Et quand interviendra la fin du processus en 2020, serons nous dans le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley ? Vivant d’espoirs et de promesses, les mal logés vont attendre la prochaine saison cyclonique, dans cinq mois. Les élèves et enseignants seront en vacances.
Les commerçants peuvent fermer boutique et ceux qui veulent travailler peuvent s’expatrier, cela permettra de lisser les chiffres officiels du chômage. Evidemment, il y aura d’autres protocoles, d’autres visites protocolaires, Saint-Martin est devenue une destination du sinistre.

Le programme de reconstruction d’urgence et l’investissement public ne sont qu’une vision touristique, la mise en œuvre d’une équipe d’experts chargée de la reconstruction est une spéculation intellectuelle, la mobilisation des financements extérieurs un succédané du Loto… Dormez citoyens, L’Etat, la Collectivité veillent, surveillent la météo, sociale, économique… et se surveillent entre eux.
Citoyen, le vent se lève, levons l’ancre !


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