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[Critique] LA FILLE DE BREST

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] LA FILLE DE BREST

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Note:

★
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½

Origine : France
Réalisateur : Emmanuelle Bercot
Distribution : Sidse Babett Knudsen, Benoît Magimel, Charlotte Laemmel, Isabelle De Hertogh, Lara Neumann, Philippe Uchan, Patrick Ligardes, Olivier Pasquier…
Genre : Drame/Adaptation
Date de sortie : 23 novembre 2016

Le Pitch :
À Brest, une pneumologue découvre un lien direct entre des morts suspectes et le Mediator, un médicament commercialisé depuis une trentaine d’années. Dès lors, elle va tout faire pour que la vérité éclate…

La Critique de La Fille de Brest :

Emmanuelle Bercot semble s’attacher à des sujets très forts, à la limite du politiquement correct ou du moralement supportable. Ainsi, elle avait pris part au drôle de manège du duo Dujardin/Lellouche, avec Les Infidèles en 2012, qui traitait de la capacité apparemment restreinte des hommes à rester fidèles. En 2015, et sur un ton bien moins cynique, elle s’attaquait à un problème de plus en plus récurrent dans notre société avec le drame La Tête haute, à savoir la quête d’identité au moment du passage à l’adolescence…

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Du livre au film

En 2007, le Docteur Irène Frachon a décidé d’alerter les autorités sanitaires sur les dangers du Mediator, un médicament utilisé par plus de 300 000 personnes en France. Provoquant un scandale dans l’univers pharmaceutique, cette pneumologue du CHU de Brest est alors allée beaucoup plus loin en publiant son livre Mediator, 150 mg : combien de morts ?. Une histoire qui a donc fait couler beaucoup d’encre et qui a attiré l’attention de Caroline Benjo et Carole Scotta, deux productrices souhaitant transposer cette histoire sur grand écran. Une mission qui a donc été confiée à la réalisatrice Emmanuelle Bercot qui a, pour l’occasion, rencontré plusieurs personnes liées à cette histoire dont Irène Frachon elle-même.

En pleine immersion

Le choix d’Emmanuelle Bercot à la mise en scène apparaît, après visionnage, comme une évidence. Sa façon de livrer le récit plonge le spectateur au cœur de l’action et dans l’horreur de ce scandale qui a peiné à être révélé, sans cesse ralenti par des gens peu scrupuleux. En effet , à la façon d’un documentaire, la réalisatrice nous assommes de séquences atrocement réalistes servant un peu plus à démontrer l’abomination que représente le Mediator (on pense notamment à une autopsie plus vraie que nature)…

Une construction très singulière

L’autre point fort du film est indéniablement son scénario. À la façon d’une enquête policière, le spectateur est placé aux côtés d’Irène Frachon qui, tel un enquêteur, mène son investigation avec passion. Pour ce rôle haut en couleur, c’est l’actrice danoise Sidse Babett Knudsen qui a été choisie. Curieusement, ce choix est à la fois bon et mauvais. En effet, l’héroïne de la série Borgen apporte clairement un plus au film, grâce notamment à son style de jeu très engagé et à son charisme. Elle rend le personnage captivant car il s’agit aussi d’une grande aventure humaine. L’histoire du combat d’une femme face aux dysfonctionnements de l’industrie pharmaceutique. Malheureusement l’accent nordique très prononcé de Sidse Babett Knudsen fait aussi office de point noir. Pourquoi ? Car Emanuelle Bercot ne cesse de nous rappeler à quel point l’identité bretonne est présente dans cette histoire (ne serait-ce que par le titre déjà, mais aussi par la musique, les décors et la multitude de dialogues très ciblés). Pourtant, elle a confié le rôle principal à une actrice certes très talentueuse, mais pas vraiment en phase avec la situation géographique. On perd donc parfois pied devant les intonations de l’héroïne même si son franc-parler, notamment envers l’excellent Benoît Magimel permet souvent de faire descendre la tension d’une situation extrêmement critique.
Mais ce détail n’empêche toutefois pas le sujet de captiver. On progresse au fil des minutes vers un dénouement qui se fait attendre mais ce n’est en soi pas un problème. Le spectateur peut ainsi apprécier le fait de passer du drame très documenté au thriller paranoïaque, sans oublier les séquences familiales qui tranchent avec la dureté du sujet traité.

En Bref…
La Fille de Brest est un formidable film dénonciateur d’un véritable scandale mais qui ne se contente pas de jouer les lanceurs d’alerte. En effet, le film d’Emmanuelle Bercot dresse avant tout le portrait d’une femme de caractère, drôle, attachante et convaincue par sa mission. Une héroïne du quotidien…

@ Kevin Lefebvre

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   Crédits photos : Haut et Court


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